Quelles compétences développer chez les élèves pour le monde de demain ?

Notre société a connu une grande mutation : de société industrielle qu’elle était, elle est devenue société du savoir, et les compétences pour entrer dans le monde du travail s’en sont trouvées considérablement changées. De quoi aura besoin l’élève demain ? Quelles sont les compétences qui lui seront nécessaires ?

Notons tout d’abord qu’une des grandes mutations à venir sera la nécessité de changer de métier ou, tout au moins, d’évoluer dans celui-ci et de s’adapter aux changements de société. Cela requiert des élèves d’autres compétences que celles qui ont été construites jusqu’à présent. Il ne s’agira plus de refaire à l’identique, mais d’être capable d’évoluer et de faire face à l’inattendu.

Comme le souligne Andrea Schleicher, directeur de PISA, l’école doit former des élèves capables de faire face à des situations nouvelles, car telle est la vie en général, et l’avenir qui se dessine pour nos sociétés en particulier. Pour cela, l’élève aura besoin de compétences essentielles.

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Associations et égalité des chances

afevL’ambitieuse mission que s’assigne l’Éducation nationale – œuvrer pour la réussite scolaire de tous – est une tâche qu’elle a peu de chance de mener à bien par ses seuls moyens institutionnels : communauté éducative, organisation des études, programmes.

Les réformes, quelles qu’elles soient, l’actualité le démontre, ne progressent jamais qu’à petits pas et dans la contestation. Il y a pourtant, dans l’ombre de ce ministère et des débats que suscite chacune de ses initiatives, un formidable tissu d’associations qui, sur l’ensemble du territoire, viennent en aide aux élèves en difficulté, concentrent leurs activités sur le soutien scolaire, social et psychologique, l’aide à l’orientation, l’ouverture culturelle ou professionnelle, mais sont encore des partenaires trop marginalisés de l’Éducation nationale.

C’est bien vers une meilleure coordination des établissements scolaires et de ces associations qu’il faudrait travailler afin de transformer ce soutien en véritable support de l’enseignement.

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La réforme des programmes de l’école et du collège et les recommandations de l’OCDE

Les ministres changent, les réformes se suivent… Difficile d’éviter un phénomène de lassitude chez les enseignants, qui ont une impression de changement incessant. Et pourtant, si les réformes s’enchaînent et semblent modifier chaque fois l’enseignement, elles n’en restent pas moins très proches dans leur esprit.

Car toutes les dernières réformes, et tout particulièrement celle que Mme Najat Valaud-Belkacem vient d’annoncer, s’adossent aux prescriptions de l’OCDE en matière d’éducation et proviennent d’une analyse comparée des différents systèmes éducatifs, de leurs réussites et de leurs échecs.

Rappelons qu’en 2010 l’OCDE dresse un état des lieux des modalités d’apprentissage réussi. La nouvelle réforme est une mise en place de ces préconisations, et elle le fait de façon plus explicite encore que les précédentes.

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Trois remarques sur ce que peut faire le professeur de français

"Le Nom de la rose", de Jean-Jacques Annaud, d'après Umberto Ecco (1986)

« Le Nom de la rose », de Jean-Jacques Annaud, d’après Umberto Ecco (1986)

Les événements tragiques que traverse la France font couler beaucoup d’encre et on craint toujours de redire des évidences. Mais, en tant qu’enseignant de français, je souhaiterais revenir sur trois points.

• Le premier point est bien sûr l’occasion de travailler sur des textes, en donnant à la littérature une dimension dont elle est trop souvent privée dans les approches formalistes, technicistes ou purement patrimoniales. Bien sûr, Voltaire, Hugo, le combat de l’Encyclopédie, Zola (très probablement assassiné pour son combat d’intellectuel) seront sollicités… Mais ce sera aussi, par exemple, l’occasion de faire découvrir quelques extraits du Nom de la rose, d’Umberto Eco, ainsi que le film qui en a été tiré.

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De la vertu pédagogique des commémorations de la Première Guerre mondiale

"La guerre documentée", 1919Le rideau est tombé sur la première année du cycle de commémorations de la Première Guerre mondiale à Notre-Dame-de-Lorette, ce 11 novembre 2014. L’action pédagogique nationale menée à cette occasion s’est appuyé sur les initiatives locales portées par les équipes pédagogiques. Elle s’est inscrite dans une volonté clairement affichée d’un « travail de mémoire » et de réflexion appliquée à l’« objet » Première Guerre mondiale portant sur la pluridisciplinarité et la pédagogie par projet.

Il ne s’agissait point d’abandonner l’apprentissage des savoirs disciplinaires. Mais de se souvenir que leur organisation dans le cadre scolaire est un héritage pédagogique du XIXe siècle… Chaque discipline ou matière construit un vocabulaire et des outils techniques propres. Mais que sont-ils sans les compétences intellectuelles transversales qui les soutiennent?

Le Centenaire, posé dans ce cadre, a été pensé comme un laboratoire pédagogique. Il peut, nous le croyons, servir à imaginer différemment l’enseignement dispensé aux élèves et la formation des maîtres qui lui est liée, en s’appuyant sur les pratiques mises en œuvre au plus près des classes.

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Favoriser la maîtrise de la langue française et agir contre l’illettrisme à l’école et avec l’école

Dans le cadre du Plan national de formation et des Journées de professionnalisation des acteurs du ministère de l’Éducation nationale, un séminaire sera organisé à Paris le 26 septembre 2014 sur le thème : Favoriser la maîtrise de la langue française et agir contre l’illettrisme à l’école et avec l’école.

Il sera animé par la Direction générale de l’enseignement scolaire, l’Inspection générale de l’Éducation nationale et l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme et réunira des chercheurs, des correspondants académiques de la formation initiale et de la formation continue, et des représentants d’associations engagées dans la prévention et la lutte contre l’illettrisme .

L’École des lettres rendra compte ultérieurement de cette rencontre qui vise un triple objectif :

– éclairer l’articulation possible et nécessaire entre les différents acteurs de l’Éducation nationale et faire mieux connaître les outils élaborés dans les académies ;

– renforcer les relations partenariales de l’Éducation nationale au sein des territoires pour mieux prévenir l’illettrisme ;

– permettre aux acteurs d’engager une réflexion sur un programme d’actions commun pour l’année qui s’ouvre.

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OCDE : Regards sur l’éducation 2014

OCDE. Regards sur l'éducation 2014Regards sur la littératie

Comme toujours, les enquêtes de l’OCDE sur l’éducation fournissent une telle débauche de chiffres et d’informations que chacun peut y trouver son bonheur, son centre d’intérêt, ses raisons d’espérer ou de désespérer.

Il y a bien un commentaire officiel (celui d’Éric Charbonnier), mais il suffit de faire une revue de presse pour noter les divergences d’analyse :

L’Étudiant titre : « L’ascenseur social français à la peine » ;

Le Figaro : « L’OCDE pointe le manque de préparation pédagogique des enseignants français » ;

Le Point : « OCDE : l’éducation progresse en France ».

All is true ! comme dirait Balzac. Oui tous ces commentaires sont vrais, et je me recommanderais de cette liberté de lecture pour pointer à mon tour une vérité confirmée par l’enquête : l’importance des compétences « littéraires » dans la réussite sociale et professionnelle.

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Illettré, ça prend un ou deux « t » ?

garamontQu’est-ce que ce mot, Illettré ? Avec un « i » majuscule, on dirait presque qu’il possède trois « l ». Cependant tel l’oiseau, il a décidé de s’en tenir à deux.

De toute façon, un mot qui commence par trois consonnes identiques, en français, ça ne s’est jamais vu. Pas encore du moins.

Prêt à s’envoler de ses deux « l », les deux « t » d’illettré, à l’instar de deux pieds, le maintiennent fermement à terre. Entre ciel et terre, à sa tête se dresse le préfixe négatif il- qui présage un manque. Il-lettré: sans lettres. Un mot muni d’un semblant de tête qui exprime l’absence, avec deux ailes, deux pieds et qui n’a pas de lettres ?

Vous vous moquez, ce n’est pas un mot mais la Victoire de Samothrace ! Ou bien tout simplement une grande piperie ! Une personne adulte sans lettres, me souffle-t-on. Une personne sans lettres ? Illettré est à prendre au pied de la lettre, de la tête aux pieds ! Une personne qui n’est pas lettrée. Ayant été à l’école, et qui a dû pour des raisons diverses la quitter.

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