« La Trilogie de la villégiature », de Carlo Goldoni, à la Comédie-Française

© C. Raynaud de Lage

Parmi ses diverses acceptions, le mot « théâtre » en possède deux, bien différentes. Il désigne un lieu où, sur des tréteaux ou sur une scène et devant des spectateurs, des acteurs échangent des répliques. Mais le terme, employé de façon plus abstraite, recouvre aussi une pratique artistique, l’« art dramatique », c’est-à-dire cette façon particulière et codifiée de donner vie à un texte, que l’on fait souvent relever de la littérature.

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« L’École des femmes », de Molière, mise en scène par Jacques Lassalle à la Comédie-Française,

Molière vient d’atteindre la quarantaine quand, en 1662, il fait représenter, au Palais-Royal, L’École des femmes. Il est déjà, pour l’époque, un vieil homme, comme l’est, dans la comédie, le personnage principal, Arnolphe, qui avoue ses quarante-deux ans.

La pupille qu’il a recueillie – certains diraient achetée – treize ans plus tôt, est âgée, elle, d’à peine dix-sept ans. Cette différence d’âge autorise Jacques Lassalle, qui signe une superbe mise en scène, à parler, dans le programme du spectacle, d’ « amour monstre ».

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« Un fil à la patte », de Georges Feydeau

« Un fil à la patte », de Georges Feydeau © Christophe Raynaud de Lage

« Un fil à la patte », de Georges Feydeau © Christophe Raynaud de Lage

Et voilà ! On s’est encore laissé prendre. Le miracle Feydeau a une nouvelle fois opéré. Même si l’on connaît les ficelles, si l’on s’attend aux effets, si l’on voit venir le bon mot, la péripétie ou la catastrophe, on marche, comme un enfant naïf à Guignol (en supposant que les jeux vidéos n’aient pas définitivement altéré la naïveté des enfants d’aujourd’hui).

On a beau connaître les répliques par cœur, se souvenir de mises en scènes historiques (celle de Jacques Charon par exemple, avec une Micheline Boudet aussi minaudante que rusée, un Robert Hirsch étourdissant, un Jean Piat irrésistible et encore Denise Gence, Descrières, Roussillon, Cochet…), on a beau trouver les calembours fatigués ou peu raffiné le coup du personnage malodorant, on peut toujours juger l’intrigue mince et convenue, les situations invraisemblables, la morale douteuse, rien n’y fait : on se surprend à rire, à applaudir, à souhaiter que le spectacle dure, continue, recommence, bref à s’amuser, tout autant que semblent le faire les acteurs emportés par le rythme et l’allégresse de la farce.

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