« Une bouteille à la mer », de Thierry Binisti, d’après le roman de Valérie Zenatti, sélectionné pour l’année 2013-2014 par Lycéens au cinéma

une_bouteille_a_la_merLe film « Une bouteille à la mer », de Thierry Binisti, d’après le roman de Valérie Zenatti, « Une bouteille dans la mer de Gaza », est sélectionné pour l’année 2013-2014 par Lycéens au cinéma, le dispositif scolaire de sensibilisation et d’éducation artistique du jeune public conduit par le Centre national du cinéma.

Ce dispositif s’adresse aux élèves des lycées d’enseignement général et professionnel, publics et privés, des lycées agricoles et des centres de formation des apprentis (CFA).

Les établissements scolaires qui veulent participer à l’opération peuvent s’adresser directement à la structure chargée de la coordination régionale du dispositif (voir la liste des coordinations régionales sur le site du CNC).

L’École des lettres a consacré un numéro et un dossier en ligne au film et au roman.

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« Le Monde “enchanté” de Jacques Demy » à la Cinémathèque française

jacques-demyRubans de rêves

De ses films, il parlait comme de « rubans de rêves », et pourtant, le réel était toujours là, qu’il s’agisse de la violence, de la guerre, de l’absence ou de la souffrance. Il aimait les couleurs pastel, vives, éclatantes au soleil, et la nuit, certaines teintes oppressantes rappelaient que la lumière n’est rien sans l’ombre.Il aimait les chansons, la danse, les jolies femmes, les rêveurs, la légèreté d’un jour, et le tragique traverse presque tous ses films. Le scandale affleure ou émerge, lié aux passions, comme dans Trois places pour le 26 qui évoque l’inceste, comme le faisait aussi Peau d’Âne.

Jacques Demy, à qui la Cinémathèque de Paris consacre une exposition jusqu’au 4 août 2013, est un cinéaste que l’on connaît mal, au fond. Seuls les passionnés, et ils ne sont pas rares, ont vu tous ses films et en particulier le superbe Une chambre en ville, qui rassemble tout ce qui a compté pour lui, son enfance et adolescence nantaises au premier chef. Mais cette tragédie filmée dans sa ville natale a été l’un de ses plus terribles échecs publics, objet de polémiques et de scandales qu’il n’avait pas souhaités. On ne trouve pas ce film en DVD, sinon dans le coffret complet qu’Arte a consacré au réalisateur. Continuer la lecture

« Pinocchio » à l’écran

enzo-d-alo-pinocchiojpgIl est frappant de constater à quel point le Pinocchio de Carlo Collodi est lu à contresens.

On y voit un innocent conte merveilleux dépourvu de réelle valeur littéraire et de toute signification politique ou philosophique, sans y déceler l’inspiration biblique, la profondeur dantesque, la fantaisie d’un Cervantès.

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« Les Misérables », de Tom Hooper

les-miserables-tom-hopper« J’ai aimé Les Misérables.

– Comment ? Hugo adapté par les Américains en comédie musicale ! Quelle horreur ! »

Que de préjugés dans la bulle du critiquement correct !

Essayons d’en sortir pour comprendre les millions de spectateurs qui, partout dans le monde, ont applaudi Les Misérables.….

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« Jours de pêche en Patagonie », de Carlos Sorin

Jours de pêche en Patagonie - affiche du filmCarlos Sorin a l’habitude de composer ce qu’il appelle des « historias minimas » (titre d’un film de 2002), des histoires minuscules, comme dans ses derniers films, La Ventana (La Fenêtre, 2009) ou Bombón El Perro (Le Chien Bonbon, 2004).

Jours de pêche en Patagonie raconte une histoire très simple de gens ordinaires, une aventure minimale sur un ton minimaliste. Marco Tucci, représentant en roulements à billes de Buenos Aires d’origine italienne, a décidé de prendre quelques jours de vacances en Patagonie pour s’essayer à la pêche au requin et revoir sa fille.

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« Tabou », de Miguel Gomes

Tabou - affiche du film Les tabous sont des prohibitions énigmatiques, fixées en vertu de nécessités internes à un groupe social. Ils créent des règles et des cérémoniaux très contraignants, susceptibles de s’étendre de proche en proche jusqu’à rendre la vie et le contact avec le monde extérieur impossible.

Le film de Miguel Gomes, Tabou, a été ainsi intitulé en référence à l’œuvre de Murnau, histoire d’un pêcheur de perles qui est séparé de celle qu’il aime, vouée aux dieux par le prêtre, véritable chef de la tribu. Ce n’est pourtant pas un interdit religieux qui domine le film portugais, mais une série d’interdits moraux et sociaux tacites. Continuer la lecture

« Anna Karénine », de Joe Wright

Anna KarenineDécidément, la mode des adaptations ne se dément pas ! Les œuvres les plus célèbres et les plus adaptées du patrimoine universel continuent à inspirer les cinéastes.

Anna Karénine en fait partie et ce roman emblématique de la littérature russe du XIXe siècle pose une fois de plus le problème de savoir comment aborder d’une façon neuve les classiques. Continuer la lecture

« Wuthering Heights » («Les Hauts de Hurle-Vent»), d’Andrea Arnold

Affiche Les Hauts de HurleventDe 1920 à 2011, le cinéma a beaucoup fait pour populariser l’unique roman d’Emily Brontë, immense succès de librairie dès sa sortie en 1847.

Mais beaucoup de ces adaptations ne traitent pas les quarante années de l’histoire, s’arrêtant à la première génération de personnages.

De plus, elles faussent la tonalité du roman, réduit aux amours contrariées des deux héros, sans traiter la vengeance impitoyable d’Heathcliff (c’est le cas notamment de celle, particulièrement édulcorée, de William Wyler en 1939, avec Merle Oberon et Laurence Olivier).

Seul Jacques Rivette, quoique transposant l’intrigue dans le midi de la France, donne, dans Hurlevent (1985) une idée des sanglantes rivalités familiales qui s’ensuivent. Continuer la lecture