Les étapes de la conquête de la liberté de la presse, par Jean-Noël Jeanneney et Patrick Eveno

"Le journalisme de l'avenir" : "Allez, vous êtes libre !", par André Gill, "L'Eclipse", 5 décembre 1875

« Le journalisme de l’avenir » : « Allez, vous êtes libre ! », par André Gill, « L’Eclipse »,                5 décembre 1875

Jean-Noël Jeanneney a consacré son émission « Concordance des temps » du 7 février 2015, sur France Culture, aux étapes qui ont conduit aux lois sur la liberté de la presse, du XVIIIe siècle à nos jours.

Pour retracer cette histoire mouvementée, qui coïncide avec l’instauration progressive de la démocratie, il s’est entretenu avec Patrick Eveno, professeur en histoire contemporaine  à l’université Paris I-Panthéon-Sorbonne, auteur, notamment, d’une Histoire de la presse française, de Théophraste Renaudot à la révolution numérique et d’une anthologie du journalisme français, « J’accuse » et autres grands articles.

Cette émission, que l’on peut réécouter (voir ci-dessous), sera suivie de plusieurs autres explorant les relations complexes des religions révélées avec les images au long des siècles.

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« La liberté d’expression, ça s’apprend. » Semaine de la presse et des médias dans l’École, 23-28 mars

La liberté d'expression, ça s'apprendAprès les attentats commis en ce début d’année, le ministère de l’Éducation nationale, sur proposition du Centre de liaison de l’enseignement et des médias d’information (Clemi-Réseau Canopé), a décidé de modifier le thème de cette nouvelle édition de la Semaine de la presse et des médias dans l’école pour La liberté d’expression, ça s’apprend.
Ce rendez-vous qui a pour mission d’accompagner plus de trois millions d’élèves à la lecture critique et distanciée de l’information et à la production médiatique (22% des inscrits ont réalisé un média scolaire en 2014 pendant la Semaine de la presse) revêt une importance particulière cette année, aussi bien à l’École que dans les médias partenaires.

Plus que jamais, l’éducation des élèves aux médias et à l’information s’impose comme un enseignement au pluralisme, à la liberté d’opinion, à la liberté d’expression et au respect du débat démocratique dans une République laïque. C’est un enjeu de citoyenneté majeur pour apprendre le vivre ensemble.

Intégrée de manière transversale dans les différentes disciplines, cette éducation doit permettre aux élèves d’aiguiser leur esprit critique et de se forger une opinion ; compétences essentielles pour exercer une citoyenneté éclairée et responsable en démocratie.

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Lire en hommage ? – Lire les images.

Dessin de Gustave Doré

Dessin de Gustave Doré

Apprendre à lire un dessin de presse, c’est s’initier à une forme d’expression à la croisée entre art et journalisme, une forme aussi simple que redoutable.

Le dessin de presse est d’abord spécifique en ce qu’il est immédiat ; trait sur le papier, presque « à main levée », il surgit comme un trait d’esprit immédiatement traduit par son auteur.

Lorsque Cabu entre à Hara Kiri, il est chargé par Cavana de dessiner des instantanés de concert de jazz ; la rubrique s’intitule « Coin de nappe ». Le dessinateur de presse saisit ce qui lui passe par la tête, sans cesse, pour son travail, mais il consigne aussi des observations qui lui sont plus personnelles. Un dessinateur peut avoir son jardin secret, comme François Olislaeger au journal Le Monde. C’est un curieux, un instinctif mais aussi quelqu’un qui, à l’instar du photographe d’actualité, développe sa manière, son regard propre. En ce sens, il n’est jamais neutre; même s’il cherche à se faire comprendre du plus grand nombre, il impose peu à peu sa vision. D’où cette identité particulière des dessinateurs, dont la signature est rapide comme le coup de patte du chat : Charb, Riss, Luz pour Charlie Hebdo, Kroll pour Le Soir ou Frap pour Presse Océan…

Analyser  le dessin de presse, c’est donc chercher à comprendre en quoi il constitue une forme particulière d’expression graphique, mais aussi en quoi il est révélateur d’une identité d’auteur, d’un talent singulier.

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« Madame Bovary », de Gustave Flaubert. Dictionnaire du domaine d’étude : lire, écrire, publier

Gustave Flaubert par Nadar, 1869

Gustave Flaubert par Nadar, 1869

Gustave Flaubert, et particulièrement Madame Bovary, semblent tout indiqués pour traiter de la question Lire, écrire, publier.

D’abord pour ce qui concerne l’édition au XIXe siècle. Ce livre absolu qui contient toute la vie de Flaubert offre par son existence même, son écriture, sa publication une réflexion sur ce qui fait la littérature et, au-delà, la culture littéraire d’une époque.

Flaubert se livre sur ses désarrois d’écrivain à sa maîtresse qui archive soigneusement ses lettres, offrant par là un témoignage de première importance sur la gestation du roman. Ses manuscrits ont en outre été soigneusement conservés et leur amplitude ainsi que la variété des ratures et repentirs suffiraient à justifier l’existence de la génétique du texte. Un procès a accompagné sa publication engageant la question de la censure, de la parution.

Depuis, le livre est réédité sur tous les modes et avec toutes sortes de présentations, préfaces, avant-propos, paratextes qui permettent de maintenir le débat autour de la statue géante de Flaubert et il ne se passe guère d’années sans que quelqu’un, critique, historien, sociologue ne tente une redécouverte de cette œuvre et de la vie de son auteur.

Mais Lire, écrire, publier c’est aussi le lot des personnages. Emma lit, écrit, Charles est un mauvais lecteur, Homais s’institue journaliste critique, publicateur scientifique, la plupart des acteurs est concerné par cette invasion de l’écriture ou d’une culture dévoyée, selon Flaubert lui-même.

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“Black Coal”, de Diao Yinan

"Black Coal", de Diao YinanAvec A touch of sin, le cinéaste chinois Jia Zhangke avait signé l’an dernier une fresque politique saisissante sur la montée de la violence dans son pays, comédie humaine formée de séquences sans lien où la colère et l’exaspération du peuple étaient filmées comme dans les films de genre.

Cette année son compatriote Diao Yinan, après avoir réalisé Uniform (2003) et Train de nuit (2007), revient avec un film policier tout aussi ténébreux que son précédent.

Black Coal se réclame du film noir, mais en subvertit les codes pour dresser un sombre tableau de la Chine contemporaine.

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De quoi la « théorie des genres » est-elle le nom ?

"Résurrection de la censure", par Gavarni (1832)

« Résurrection de la censure », par Gavarni (1832)

Enseignant les Gender Studies et les Cultural Studies dans les universités françaises et américaines depuis une quinzaine d’années, un collaborateur de l’École des lettres, Martial Poirson, analyse en février 2014 les sous-bassements idéologiques d’une polémique dont l’école est le terrain de manœuvre, la société civile le champ d’expansion, et le pouvoir politique le coupable désigné.

Des associations extrémistes n’hésitent pas à appeler au boycott de l’école obligatoire de la République, et une partie de l’opposition nourrit de façon opportuniste un sentiment puritain et homophobe, au prix d’amalgames douteux et de raccourcis contestables

Le désarroi des enseignant est compréhensible face à la violence de telles accusations et à l’indécision apparente de ses tutelles. Le propos de cet article est ainsi de donner quelques points de repère pour mieux appréhender les enjeux du débat et ses possibles dérives.

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Pressions exercées sur les bibliothèques publiques : les professeurs documentalistes soutiennent les bibliothécaires

FADBENLa Fédération des enseignants documentalistes de l’Éducation nationale (FADBEN, fondée en 1972) se joint à l’Association des bibliothécaires de France (ABF) et à l’Interassociation Archives, Bibliothèques, Documentation (IABD) contre les pressions exercées sur les bibliothèques publiques.

La FADBEN a toujours défendu l’aspect pédagogique du métier de professeur documentaliste. La singularité de son positionnement au sein de l’Éducation nationale l’incite à approfondir une réflexion centrée sur l’élève lui-même, sa culture, ses connaissances et sa place au sein d’une société de l’information en constante évolution.

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L’Association des librairies spécialisées jeunesse appelle à s’engager contre les mises à l’index

Librairies SorcièresL’Association des librairies spécialisées jeunesse, regroupant les cinquante-quatre librairies Sorcières, publie  le 12 février 2014 un communiqué dénonçant les tentatives de mise à l’index de certains livres de jeunesse et lancent un « cri d’alarme ».

« Nous, libraires spécialisés jeunesse, nous nous sentons attaqués profession-nellement par la récente mise à l’index d’ouvrages pour la jeunesse et nous avons le devoir de défendre notre métier ainsi que toute la corporation professionnelle qui œuvre pour la qualité de la production du livre jeunesse. »

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