“L’Après-Charlie”. Vingt questions pour en débattre sans tabou

"L'Après-Charlie". Vingt questions pour en débattre sans tabou"Un petit livre utile à l’usage de ceux qui s’interrogent encore…

Quand viendra le temps du triste anniversaire, dans les frimas de la nouvelle année, sans doute « Charlie » redeviendra-t-il un sujet médiatique. Il n’empêche qu’entre-temps, du collège jusqu’au BTS, les questions posées par l’attentat et ses incidences collatérales conservent plus que jamais droit de cité.

Cela, Jean-Louis Bianco, président de l’Observatoire de la laïcité, Lylia Bouzar, présidente du Centre de prévention des dérives sectaires liées à l’islam (CPDSI), et Samuel Grzybowski, président-fondateur de l’association Coexister, l’ont bien compris. À ce titre, ils se proposent de répondre, pour citer le sous-titre de leur ouvrage, à « Vingt questions pour en débattre sans tabou ».

 

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“Catharsis”, de Luz, ou le recommencement par la fin

"Catharsis", de LuzDe Charlie Hebdo, le dessinateur Luz est l’un des piliers depuis 1992. Après les attentats, c’est d’ailleurs lui qui signe la fameuse Une sur fond vert intitulée « Tout est pardonné ».

Ce crayonneur hors pairs comme son camarade Charb, son semblable, son frère, avec lequel on l’a si souvent physiquement confondu, est un opiniâtre pratiquant de l’iconoclasme.

Le problème pour lui, c’est sa propension à arriver en retard en salle de rédaction le jour de son anniversaire.

Vingt-trois ans que cela dure. Tous les 7 janvier, en retard. Et, pour se faire pardonner, une galette à partager d’abord avec le plus gourmand d’entre deux : Cabu.

Ce retard, le 7 janvier 2015 lui a sauvé la vie. On se sentirait coupable pour moins que cela.

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« La liberté d’expression, ça s’apprend. » Semaine de la presse et des médias dans l’École, 23-28 mars

La liberté d'expression, ça s'apprendAprès les attentats commis en ce début d’année, le ministère de l’Éducation nationale, sur proposition du Centre de liaison de l’enseignement et des médias d’information (Clemi-Réseau Canopé), a décidé de modifier le thème de cette nouvelle édition de la Semaine de la presse et des médias dans l’école pour La liberté d’expression, ça s’apprend.
Ce rendez-vous qui a pour mission d’accompagner plus de trois millions d’élèves à la lecture critique et distanciée de l’information et à la production médiatique (22% des inscrits ont réalisé un média scolaire en 2014 pendant la Semaine de la presse) revêt une importance particulière cette année, aussi bien à l’École que dans les médias partenaires.

Plus que jamais, l’éducation des élèves aux médias et à l’information s’impose comme un enseignement au pluralisme, à la liberté d’opinion, à la liberté d’expression et au respect du débat démocratique dans une République laïque. C’est un enjeu de citoyenneté majeur pour apprendre le vivre ensemble.

Intégrée de manière transversale dans les différentes disciplines, cette éducation doit permettre aux élèves d’aiguiser leur esprit critique et de se forger une opinion ; compétences essentielles pour exercer une citoyenneté éclairée et responsable en démocratie.

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L’humour, valeur nationale : mallette théorique pour interventions pédagogiques

"Projet de costume pour MM. les journalistes", par André Gill, "L'Éclipse, janvier 1870

“Projet de costume pour MM. les journalistes”, par André Gill, “L’Éclipse, 23 janvier 1870

Quelles valeurs enseigner dans l’école de la République ? S’en tient-on à la devise républicaine ? Faut-il lui ajouter tout ce qui est à même de fonder une unité nationale ?

À ces questions qui taraudaient déjà bien des enseignants et qui deviennent l’incontournable de l’après 11 janvier, le rassemblement national a sans doute apporté une réponse inattendue, très visible aux yeux des enfants et des adolescents, en étalant sur tous les écrans un mélange détonant de drapeaux tricolores et de caricatures de Charlie Hebdo.

Dans la solennité du moment, l’effroi des horreurs perpétrées, la sidération de la conscience citoyenne blessée, l’humour a pointé régulièrement le bout de son nez, jusqu’à se faire reconnaître comme valeur nationale.

Que faut-il faire d’une telle évidence : l’« esprit » français réunit les foules et fait chanter la Marseillaise ?

Dans toutes ses déclinaisons, de Rivarol à Groland, il semble pouvoir nous unir, être à même de tracer un pont entre le passé et l’avenir, un avenir que l’on voudrait le plus radieux possible pour la génération des petits manifestants en patinette, qui est aussi celle de jeunes téléspectateurs tourmentés par la perplexité ou la colère des adultes, et qui ne savent pas comment comprendre ces dessins humoristiques qui n’étaient pas pour eux et qu’ils doivent dissocier des insultes.

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Lire en hommage ? – Lire les images.

Dessin de Gustave Doré

Dessin de Gustave Doré

Apprendre à lire un dessin de presse, c’est s’initier à une forme d’expression à la croisée entre art et journalisme, une forme aussi simple que redoutable.

Le dessin de presse est d’abord spécifique en ce qu’il est immédiat ; trait sur le papier, presque « à main levée », il surgit comme un trait d’esprit immédiatement traduit par son auteur.

Lorsque Cabu entre à Hara Kiri, il est chargé par Cavana de dessiner des instantanés de concert de jazz ; la rubrique s’intitule « Coin de nappe ». Le dessinateur de presse saisit ce qui lui passe par la tête, sans cesse, pour son travail, mais il consigne aussi des observations qui lui sont plus personnelles. Un dessinateur peut avoir son jardin secret, comme François Olislaeger au journal Le Monde. C’est un curieux, un instinctif mais aussi quelqu’un qui, à l’instar du photographe d’actualité, développe sa manière, son regard propre. En ce sens, il n’est jamais neutre; même s’il cherche à se faire comprendre du plus grand nombre, il impose peu à peu sa vision. D’où cette identité particulière des dessinateurs, dont la signature est rapide comme le coup de patte du chat : Charb, Riss, Luz pour Charlie Hebdo, Kroll pour Le Soir ou Frap pour Presse Océan…

Analyser  le dessin de presse, c’est donc chercher à comprendre en quoi il constitue une forme particulière d’expression graphique, mais aussi en quoi il est révélateur d’une identité d’auteur, d’un talent singulier.

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Paris, dimanche 11 janvier 2015, 15h 25, boulevard Voltaire

Manifestation du 11 janvier 2015, à Paris

Manifestation du 11 janvier 2015, à Paris

En 1945, à la Libération, tout le monde se découvrait résistant. Depuis ce mercredi 7 janvier 2015, tout le monde devient Charlie

Nous y voilà. Mais la presse papier se meurt depuis belle lurette et Charlie Hebdo était il y a deux semaines au bord du gouffre.

Avons-nous vu un politique de droite comme de gauche pour venir à son secours, à son chevet ? Rien. Niet. Charlie allait sombrer dans les abysses de l’inculture s’il ne s’était pas passé cette horreur, cette ignominie.

Et là, tout le monde se rappelle que la « presse », ce sont des hommes, des femmes, des plumes qui défendent bec et ongles le droit de caricaturer ou d’être pamphlétaires.

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Où est Charlie ? Au collège et au lycée, comment interroger l’actualité avec distance et raisonnement

Nous sommes Charlie, 11 janvier 2015Le massacre perpétré le mercredi 7 janvier au siège du journal satirique Charlie Hebdo continue à être largement médiatisé par l’ensemble des supports de communication qui irriguent et alimentent notre quotidienne représentation du monde : presse, télévision, Internet, réseaux sociaux.

L’onde de choc produite par l’événement hante ainsi le mur d’images dont sont nourris une majorité d’élèves aujourd’hui. La force symbolique de la vue des drapeaux en berne, de la minute de silence établie en l’honneur des douze victimes de l’attentat, comme des différents rassemblements républicains très médiatisés, contribue à inscrire l’événement dans l’espace public.

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“Présidents, poil aux dents ! 150 ans de caricatures présidentielles”, de Didier Porte et Guillaume Doizy

Le dessin satirique est une arme de démolition et le rire peut dénoncer et rabaisser les puissants. Or qui peut-on trouver de plus puissant – du moins symboliquement – que le président de  la République ?

Incarnant la Nation, les chefs d’État ont attiré sur eux de nombreuses charges satiriques. Les caricaturistes s’en donnent en effet  à cœur joie à travers la presse, et aujourd’hui aussi sur Internet, tandis que les autorités ont  parfois recours à la censure. Continuer la lecture