« Le Fils de Saül », de László Nemes. Immersion dans l’enfer concentrationnaire

Géza Röhrig dans "Le Fils de Saul", de László Nemes

Géza Röhrig dans « Le Fils de Saul », de László Nemes

La fiction a toujours posé problème pour la représentation de la Shoah. Les historiens s’en méfient. Claude Lanzmann la condamne. Mais le film du Hongrois László Nemes, qui a obtenu à Cannes le Grand Prix, a démontré brillamment qu’à condition d’être d’une rigueur absolue et sans complaisance aucune, elle est un choix judicieux pour créer chez un public cette empathie qui arrache à l’indifférence.

En octobre 1944, à Auschwitz-Birkenau. Saül Ausländer est membre du Sonderkommando, ce groupe de prisonniers juifs chargé de la manutention dans les crématoires. Nous connaissons cette extermination industrielle par les témoignages des Sonderkommandos cachés sous terre à Auschwitz en 1944 et réunis par le Mémorial de la Shoah.

Il en a été tiré un livre, Des voix sous la cendre (Le livre de poche, 2006). Ce document de première main qui fait partager au lecteur leur quotidien été la première source d’inspiration du cinéaste. « C’était, dit-il, comme être là, dans leurs vies, à l’intérieur. » Il avait aussi des raisons personnelles de faire ce film car des membres de sa famille avaient été exterminés à Auschwitz.

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Anatomie d’un mensonge : «L’Imposteur», de Javier Cercas

"L'Imposteur", de Javier CercasEn mai 2005, alors que le Premier ministre espagnol doit pour la première fois assister à la commémoration de la libération des camps, un scandale éclate. Enric Marco, président de l’Amicale de Mauthausen, révèle que, contrairement à ce qu’il avait affirmé, il n’a jamais été déporté à Flossenbürg.

Il a menti sur cet aspect essentiel de son passé, mais sur d’autres, aussi. L’effet est ravageur. C’est sur cet événement que Javier Cercas revient dans L’Imposteur.

Le romancier espagnol, auteur des Soldats de Salamine et de Anatomie d’un instant s’intéresse aux ambiguïtés de l’Histoire.

Il met en relief sa complexité, ses paradoxes, n’hésitant pas à heurter une certaine bonne conscience et à se confronter lui-même au danger de son entreprise.

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