« Exodus : Gods and Kings », de Ridley Scott

« Exodus : Gods and Kings », de Ridley ScottRidley Scott s’est imposé comme l’un des plus grands réalisateurs en revisitant systématiquement tous les genres : il a renouvelé la science-fiction avec Alien (1979) et Blade runner (1982) par une réflexion philosophique et un travail très sophistiqué de l’image ; le polar avec Traquée (1987) et Black rain (1989); le road movie avec Thelma et Louise (1991), l’équipée de deux pétroleuses pathétiques ; le film historique avec Christophe Colomb (1992) et l’épopée marine avec Lame de fond (1996).

Son originalité consiste dans l’alliance d’un sens très sûr de l’impact médiatique, d’une parfaite maîtrise technique, d’une solide culture historique et cinématographique et d’une grande exigence esthétique.

Avec Gladiator, il a remis le péplum au goût du jour en 2000. Depuis, ce genre kitsch et mégalomaniaque des années 50 et 60 ne cesse de donner lieu à de nouveaux films très ambitieux, comme le Noé de Darren Aronofsky en 2013. Exodus : Gods and Kings s’inscrit donc dans une veine épique contemporaine, biblique cette fois, en retraçant les péripéties légendaires de l’Exode.

 

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« Noé », de Darren Aronofsky

« Noé », de Darren AronofskyDarren Aronofsky, l’immense réalisateur de Black Swan (2010), a obtenu le succès dès son premier film, π (1996), œuvre ambitieuse, à la fois sociologique et métaphysique, qui nous introduit à Wall Street et nous entraîne jusqu’aux mystères numérologiques de la Kabbale.

La Bible a été sa source d’inspiration privilégiée, en particulier dans The Fountain (2006), où il déploie les significations du verset 24 du chapitre 3 de la Genèse : « Ayant chassé l’homme, il posta en avant du jardin d’Eden des chérubins agitant une épée flamboyante, pour garder les abords de l’arbre de vie. »

L’histoire d’un médecin qui ne peut se résigner à voir mourir son épouse malade y présente l’homme comme un chercheur frénétique de connaissance et la femme comme le symbole de la vie sage et sereine, qui implique la mort.

Avec Noé, Darren Aronofsky s’attaque à la mise en scène d’un épisode biblique proprement dit, les fameux chapitres 6 à 9 de la Genèse sur le déluge, cataclysme primordial devenu la métaphore par excellence de toutes les catastrophes naturelles et historiques et la preuve de la malédiction divine.

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