Quel est l’impact de l’école dans l’éducation à la citoyenneté ?

Platon et Aristote, par Raphaël, détail de "L'École d'Athènes", fresque réalisée entre 1508 et 1512, musée du Vatican

Platon et Aristote, par Raphaël, détail de « L’École d’Athènes », fresque réalisée entre 1508 et 1512, musée du Vatican

L’École des lettres nous propose de partager nos réflexions sur les attentats récents et sur la manière d’en parler en classe. De tels échanges ne peuvent qu’être utiles pour aborder ces événements avec les élèves avec la bonne distance.

Mais tout cela est effroyable et mes mots sont insuffisants pour exprimer des idées à la hauteur des faits.

Je souhaite donc plutôt faire part de mon inquiétude quant à ce qui se passe dans plusieurs établissements scolaires de la banlieue parisienne (dans les cités, mais pas exclusivement), et plus globalement dans l’esprit de nombreux jeunes qui y sont scolarisés.

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Racisme et terrorisme. Points de repères et données historiques

Hommage à "Charlie Hebdo", Paris, 12 janvier 2015L’attentat contre Charlie Hebdo suscite à juste titre un électrochoc dans la société française qui ne manquera pas d’avoir de nombreuses répercussions dans les classes, plongeant parfois les enseignants dans l’embarras pour ne pas dire davantage. Faut-il pour autant tenter d’éviter le problème ? Évidemment non, au contraire.

Quand j’ai commencé ma carrière d’enseignant en septembre 2001 dans un collège de « banlieue », à Chanteloup-les-Vignes, où des adolescents de plus de quarante nationalités se côtoyaient, la situation oscillait entre un soutien latent de quelques-uns à Oussama ben Laden et la crainte d’autres jeunes que l’un des nombreux avions qui passaient au-dessus de leur ville ne vienne s’écraser sur leur tour. Si je me permets de raconter cette anecdote personnelle, c’est pour montrer que, souvent, les plus touchés et les plus fragilisés ne sont pas ceux que l’on croit.

La précarité économique va évidemment de pair avec la fragilité sociale… et politique. L’acte barbare qui vient de se dérouler ne manquera pas – une fois encore – de stigmatiser celles et ceux qui se trouvent déjà dans une situation difficile. La stigmatisation, l’ostracisme, facilitent évidemment le repli sur soi communautariste, que recherchent précisément ceux qui ont commis cet attentat.

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« Quatre-vingt-treize », de Gilles Kepel

Les dramatiques événements qui se sont produits récemment à Montauban et à Toulouse jettent une lumière particulière  sur le dernier livre de Gilles Kepel, un de nos meilleurs spécialistes de l’islam.

L’ouvrage n’a rien de conjoncturel, ni de politique – encore moins de polémique – mais il apporte un éclairage saisissant sur les bouleversements liés à la présence de la population musulmane sur le territoire national. Même si le rodéo sanglant de Mohamed Merah relève plus du fanatisme ou de la démence que de problèmes d’intégration. Continuer la lecture