La jeune fille au cinéma. Entretien avec Zeynep Jouvenaux, programmatrice au Forum des images

Zeynep Jouvenaux, Forum des images

Zeynep Jouvenaux

Le Forum des images, à Paris, consacre une partie de son été à programmer des films autour du thème de la jeune fille. Il ne s’agit pas de montrer l’intérêt narratif d’un personnage, mais surtout de questionner la place donnée à la jeune fille dans la société et de discuter la façon dont le cinéma s’en empare.

L’éventail est large, du film d’horreur au film naturaliste, du film d’auteur au film hollywoodien. Malgré ces différences, des questions récurrentes s’imposent, qui touchent à l’ordre social que la jeune fille assume ou remet en question, à l’identité féminine dont le cinéma montre comment elle peut être induite par les représentations sociales et révéler la fabrication des stéréotypes.

L’âge de la jeune fille renvoie alors à des questions d’affirmation, de reconnaissance du féminin et de transmission. Entre secret et sauvagerie, conscience et apprentissage, revendication et passage de relais, la figure de jeune fille est une figure de transformation et de création.

Zeynep Jouvenaux, la programmatrice de ce cycle, nous parle de ce qui l’a guidé dans ses choix et des questions auxquelles sa programmation ouvre.

Lire la suite

Programme de littérature de la classe terminale littéraire pour l’année scolaire 2015-2016

• "Œdipe roi", de Pier Paolo PasoliniPour l’année scolaire 2015-2016, la liste des œuvres obligatoires inscrites au programme de littérature de la classe terminale de la série littéraire est la suivante :

A. Domaine d’étude Littérature et langages de l’image :

– Œdipe roi, de Sophocle (édition au choix du professeur) ;

– Œdipe roi, de Pier Paolo Pasolini, film italien, 1967 (édition au choix du professeur).

B. Domaine d’étude Lire-écrire-publier :

– Madame Bovary, de Gustave Flaubert.

 

Lire la suite

Photographie : « Au doigt et à l’œil », de Françoise Huguier

"Au doigt et à l'œil. Autoportrait d'une photographe", de Françoise HuguierUn angle décalé

Du 4 juin au 31 août, la Maison européenne de la photographie propose une exposition des travaux réalisés par Françoise Huguier. Si l’image est son moyen d’expression favori, elle sait aussi raconter et on en jugera en lisant Au doigt et à l’œil, autoportrait qu’elle a écrit en échangeant avec Valérie Dereux.

Vivant parce que Françoise Huguier a mené et mène une existence passionnante, digne parfois d’un roman d’aventures. Tout commence dans la forêt indochinoise. Elle a huit ans, son père dirige une plantation au début de la guerre d’Indochine.

Elle et son frère se font enlever par le Viet-Minh et conduire au Cambodge. Ils seront otages huit mois, dans des conditions très difficiles. Puis libérée, l’enfant entre chez les Sœurs, à Brunoy. La chance veut que cette institution religieuse applique la pédagogie Montessori et enseigne à la jeune fille à apprendre, à s’organiser de façon autonome et à entretenir son esprit critique. Ce qu’elle ne manquera jamais de faire.

Lire la suite

« Souviens-moi », d’Yves Pagès

"Souviens-moi", d'Yves Pagès« Un petit rien bordé de rose »

« L’oubli, c’est un bruit de fond familier, le mien. » Telle est la première phrase de ce petit livre stimulant, qui figure en quatrième de couverture.

Yves Pagès dresse un autoportrait éclaté, bâti sous forme de fragments qui, sauf exception notable, ne comptent pas moins de quatre-vingt dix mots, chose qui exaspère le correcteur orthographique du traitement de texte.

Un seul de ces éclats ne compte que cent-quarante signes et pourrait être expédié via une célèbre messagerie.

Lire la suite

« Le Désordre azerty », d’Éric Chevillard. Autoportrait de l’écrivain devant son clavier

"Le Désordre azerty", d'Éric ChevillardOn ne sait si, à l’instar de Christian Gailly,  Éric Chevillard utilise la bonne vieille machine à écrire mais, comme l’écrivain récemment disparu, les lettres lui apparaissent sur un clavier dans ce désordre qui est peut-être l’ordre véritable des choses.

Et l’autoportrait qu’il propose dans ce Désordre azerty est sans doute la meilleure manière pour lui de se présenter.

À l’article Photographie, il explique sa réticence à paraître. Cette réticence, on l’apprend dès les premières pages, qui portent sur le mot ASPE ou ASPLE, dont il ne donne pas la définition (on la trouvera dans n’importe quel dictionnaire) mais aurait pu porter sur l’adjectif asocial, « incapable de s’adapter aux normes sociales ». Ce qui est sans doute excessif, mais fondé.

Lire la suite

Man Ray, « Autoportrait »

man-ray-autoportraitLe Bulletin officiel du 14 mars 2013, qui spécifiait l’entrée au programme de littérature de terminale des Mains Libres, le recueil de dessins de Man Ray illustrés par Éluard, suggérait à titre de piste bibliographique la lecture de l’Autoportrait du même Man Ray. L’ouvrage, publié un an après sa parution en anglais (Self Portrait, 1963) chez Robert Laffont, est désormais réédité chez Actes Sud et constitue de fait une excellente introduction à l’extraordinaire ébullition artistique de l’entre-deux-guerres.

Man Ray y retrace d’abord son parcours d’artiste éclectique dans le New York d’avant les années folles, puis de photographe dans le Paris avant-gardiste des années 20 et 30, il évoque enfin son retour à Paris (et à la peinture) après la deuxième guerre mondiale.

Lire la suite