Cogito « Charlie » ergo sum

Montesquieu, "De l'esprit des lois", 1748 © BNF

Montesquieu, « De l’esprit des lois », 1748 © BNF

La tragédie du « mercredi noir » a fait couler beaucoup d’encre dans les établissements scolaires. Les professeurs interrogés par les journalistes ont notamment fait état de la difficulté de sortir des débats manichéens entre les « Je suis Charlie » et les « Je ne suis pas Charlie ». En somme, ce serait comme si l’on assistait à une réduction identitaire sinon grégaire de la confrontation des « idées-slogans ».

En conséquence, on aura tout lieu de comprendre à première vue le choix d’une suspension du débat à l’intérieur de la classe et son corollaire : le retour au déroulé classique du cours, comme avant l’affaire Charlie. À première vue seulement, comme on s’en doute. Car, dans la réalité quotidienne, chacun continue de parler, les uns en salle des profs, les autres en cour de récréation. Autrement dit, pour ce qui concerne spécifiquement la population adolescente, l’opposition « étiquette » in the mood se déplace spatialement.

Impensable dans la classe du fait des risques qu’il induit potentiellement, il trouve naturellement ses lieux d’extension au travers de tous les espaces et réseaux sociaux des élèves et, de fait, réduit à sa portion argumentative congrue.

Continuer la lecture

L’accompagnement personnalisé au service de l’argumentation en classe de seconde

Rôle et place de l’argumentation au lycée

Héritiers de la méthodique et rationnelle tradition cartésienne, les exercices littéraires du baccalauréat mettent l’accent sur la capacité à dérouler, de façon logique, un raisonnement constructif.

Tous les acteurs éducatifs savent d’emblée que la dissertation relève de la pure démarche argumentative : c’est, d’ailleurs, ce qui la rend redoutable  aux yeux des  lycéens. Mais force est de constater que les autres épreuves de l’examen se fondent sur des exigences mentales et des qualités expressives tacitement équivalentes :

• les TPE doivent répondre de manière structurée à une problématique que le candidat aura préalablement définie ;

• l’oral de français (ÉAF) suppose l’élaboration d’une réponse construite, pertinente, synthétique, appuyée sur une analyse fouillée d’un document ;

• le commentaire de texte, dit « commentaire littéraire », proposé à l’écrit, cousin germain de l’oral, doit éviter toute paraphrase, s’attacher à justifier et prouver ce qu’il avance en enchaînant des remarques reposant sur une analyse rigoureuse des procédés d’écriture ;

• Seule l’écriture d’invention semble, a priori, échapper aux contraintes argumentatives ; cependant, les apparences sont trompeuses car il ne s’agit pas de créer en toute liberté.

Continuer la lecture