« Pour un développement complet de l’enfant et de l’adolescent », rapport de François de Singly et Vanessa Wisnia-Weill

« Pour un développement complet de l’enfant et de l’adolescent », rapport de François de Singly et Vanessa Wisnia-WeillFrançois Hollande, lors de sa venue le 30 septembre 2015 au musée des Arts décoratifs, à Paris, dans le cadre de l’inauguration de l’exposition consacrant les 50 ans de l’école des loisirs, a rendu hommage au travail de la commission pour la stratégie nationale Enfance et adolescence présidée par François de Singly.

Commandé par l’ancien premier ministre, Jean-Marc Ayrault, le rapport loué par le chef de l’État s’articule autour d’un principe fort, à savoir que l’aide au développement de l’enfant jusqu’à l’adolescence se doit d’être foncièrement collaborative.

Trois grands champs permettent de structurer les enjeux du propos :

 Former un individu relié, « connecté » à autrui.

 Développer les capacités et talents variés pour se réaliser et s’intégrer dans la société.

 Renforcer la protection et accompagner l’autonomisation, et développer l’égalité d’accès aux ressources (de santé, de loisirs, d’éducation de logement).

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« Mustang », de Deniz Gamze Ergüven. Le manifeste de la jeune fille

 

"Mustang", de Deniz Gamze ErgüvenMustang,  réalisé en 2015, est le premier long-métrage de la réalisatrice franco-turque Deniz Gamze Ergüven. Le récit est assez simple, puisqu’il suit la vie d’une bande de cinq sœurs et la façon dont elles vont résister (ou non) à une oppression familiale, qui conduit à leur enfermement et à la répression de leurs désirs.

Le cheminement du film suit la courbe d’une descente aux enfers, avant de se terminer sur une note à la fois attendue et ouverte, mais résolument optimiste.

La mécanique scénaristique est plutôt estompée, mais elle n’est est pas moins implacable : elle prend la forme d’un compte à rebours ou d’un goulot d’étranglement.

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La jeune fille au cinéma. Entretien avec Zeynep Jouvenaux, programmatrice au Forum des images

Zeynep Jouvenaux, Forum des images

Zeynep Jouvenaux

Le Forum des images, à Paris, consacre une partie de son été à programmer des films autour du thème de la jeune fille. Il ne s’agit pas de montrer l’intérêt narratif d’un personnage, mais surtout de questionner la place donnée à la jeune fille dans la société et de discuter la façon dont le cinéma s’en empare.

L’éventail est large, du film d’horreur au film naturaliste, du film d’auteur au film hollywoodien. Malgré ces différences, des questions récurrentes s’imposent, qui touchent à l’ordre social que la jeune fille assume ou remet en question, à l’identité féminine dont le cinéma montre comment elle peut être induite par les représentations sociales et révéler la fabrication des stéréotypes.

L’âge de la jeune fille renvoie alors à des questions d’affirmation, de reconnaissance du féminin et de transmission. Entre secret et sauvagerie, conscience et apprentissage, revendication et passage de relais, la figure de jeune fille est une figure de transformation et de création.

Zeynep Jouvenaux, la programmatrice de ce cycle, nous parle de ce qui l’a guidé dans ses choix et des questions auxquelles sa programmation ouvre.

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« Le Monde de Nathan (X+Y) », de Morgan Matthews, une leçon de vie et de mise en scène

"Le Monde de Nathan (X+Y)", de Morgan MatthewsNathan n’est pas comme tout le monde. Dès son plus jeune âge, ses parents lui expliquent qu’il est unique. Peu communicatif, mais plus intelligent qu’eux et que son pédiatre, il est atteint du syndrome d’Asperger, dit autisme de haut niveau.

Réfugié dans un univers obsessionnel de formes, de couleurs et de chiffres, il se montre si brillant en mathématiques qu’on lui donne un professeur particulier.

Quand son père se tue dans un accident de voiture, il se renferme encore plus sur lui-même et devient complètement incapable de communiquer avec d’autres que son maître, même avec sa propre mère.

Le film raconte son cheminement jusqu’aux Olympiades de mathématiques à Cambridge.

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« Spartacus & Cassandra », de Ioanis Nuguet

"Spartacus & Cassandra", de Ioanis NuguetSpartacus et Cassandra sont frère et sœur. Ils sont scolarisés dans une école, vraisemblablement de Seine-Saint-Denis.

Leurs parents viennent de Roumanie, mais eux sont nés en France. Ils sont encore attachés à leurs parents, mais ceux-ci ne peuvent pas s’occuper d’eux : la mère mendie et est irresponsable, le père fait certainement des petits trafics, il est malin, n’est pas coupé d’une communauté Rom qui s’est installée comme elle peut en France.

Il culpabilise sans cesse ses enfants et leur dit qu’il ne peut concevoir vivre sans eux, même s’il ne peut pas s’occuper d’eux matériellement. Ils ont rencontré Camille, une jeune femme qui travaille dans un cirque, qui s’est attachée à eux et s’en occupe au quotidien.

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« Fairyland. Un poète homosexuel et sa fille à San Francisco dans les années 70 », d’Alysia Abbott, aux Éditions Globe

« Fairyland. Un poète homosexuel et sa fille à San Francisco dans les années 70 » d’Alysia Abbott, aux Éditions GlobeDans Fairyland, Alysia Abbott relate ses vingt premières années auprès de son père, le poète militant homosexuel Steve Abbott, mort du sida en 1993. Son livre, marqué par le deuil, s’ouvre sur celui de sa mère alors qu’elle est une petite enfant.

Fairyland est un témoignage sensible habité par l’amour, mais sans aucun pathos. C’est aussi une chronique des premières années du sida à San Francisco. Une « féerie » rose et noire.

Comment définir Fairyland ? Ce livre est à la croisée de tellement de chemins qu’on est immanquablement condamné à faire fausse route en le catégorisant. Certes il s’agit bien de la biographie du poète et journaliste homosexuel Steve Abbott par sa fille Alysia Abbott. Dis comme ça, c’est un peu sec. On peut tout aussi bien l’aborder comme la chronique documentée du San Francisco gay de l’après « summer of love » jusqu’aux ravages du sida. C’est insuffisant.

C’est surtout le récit, parfaitement traduit par Nicolas Richard, d’un amour profond entre un père et sa fille. Qualifier cet amour de filial est bien réducteur. Ne pas le nommer, ne pas le définir, ne pas le restreindre permet à Alysia de le garder bien vivant. Ce livre est vivant.

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« Les Héritiers », de Marie-Castille Mention-Schaar

"Les Héritiers", de Marie-Castille Mention-SchaarPorté à bout de bras par une grande comédienne, Ariane Ascaride, Les Héritiers, de Marie-Castille Mention-Schaar est un beau sinon un grand film. Son titre même est un acte de foi dans la transmission des valeurs dans l’École de la République, malgré toutes les différences culturelles, religieuses et sociales.

Le film commence pourtant bien mal dans ce lycée Léon-Blum de Créteil, où une jeune fille vient récupérer son attestation de réussite au bac. La conseillère d’éducation et le proviseur lui refusent l’entrée dans l’établissement parce qu’elle porte un foulard.

Ils appliquent le règlement certes, mais cette scène emblématique illustre la limite du dialogue autour de deux principes tout aussi forts l’un que l’autre : la liberté d’expression et le principe de laïcité.

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« En France », de Florence Aubenas

"En France", de Florence AubenasAvec pas mal d’humour – élégance du désespoir –, Florence Aubenas, dans son avant-propos suggère que son métier de journaliste-reporter ne consiste pas à « faire les chiens écrasés » mais à traquer les « humains écrasés ».

Elle nous en avait donné un aperçu en 2010 avec Le Quai de Ouistreham, récit d’une plongée dans le quotidien des travailleurs sans qualification.

Avec En France, elle prolonge l’expérience en proposant une série de courts textes centrés sur les laissés pour compte de la réussite, les obscurs représentants de la « France d’en bas » dont les portraits « finissent par dessiner, en pointillé, un territoire, ou plutôt un pays ».

Ce pays, le sien, le nôtre, est censé être connu alors que « c’est dans ce paysage familier que commence le mystère ».

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