L’orthographe, prétexte politique

"Les rectifications de l'orthographe", Conseil supérieur de la langue française, Journal officiel de la République française, 6 décembre 1990

« Les rectifications de l’orthographe », Conseil supérieur de la langue française, Journal officiel de la République française, 6 décembre 1990

Il est à nouveau question de rectifier la graphie de certains mots de la langue française et aussitôt, comme il y a vingt-six ans, on voit se déchainer contre cette idée des zélés indiscrets, qui, sans connaissance de cause, crient en public contre ses promoteurs, qui les accablent d’injures, et les condamnent hautement de leur autorité privée. J’invoque dans ce pastiche les mânes de Molière pour en appeler au bon sens et à la lucidité qui caractérisent le discours de ses porte-paroles et qui manquent cruellement aux détracteurs systématiques de ces rectifications.

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Penser l’interdit de penser avec des élèves

Les Eagles of Death Metal de retour sur scène le 7 décembre 2015

« Nous sommes tous des Parisiens ce soir » (Bono)

Le 7 décembre dernier, le groupe irlandais U2 a permis aux Eagles of Death Metal de ressortir leurs guitares saturées de rock and pop mises en berne depuis les atrocités du Bataclan. Avant de laisser la scène au groupe symbole le temps d’un morceau, la bande à Bono a repris avec eux l’hymne à la joie et à la révolte de Patty Smith, Power to the people.

N’en déplaise aux inévitables esprits chagrins, il n’est pas sûr que ce point d’orgue du concert des gens de Dublin puisse être assimilé à un moment superficiel. La reconquête des terrasses parisiennes comme de toutes les scènes de musique amplifiée de la capitale s’apparente à une réappropriation fondamentale d’une liberté considérée il y a encore à peine douze mois, et d’évidence à tort, comme définitivement gagnée.

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Après la cérémonie. Retour à l’anormal

Éditions spéciales des chaînes télévisées au moment des attentats du 13 novembre 2015« Les bêtes qui descendent des faubourgs en feu,
Les oiseaux qui secouent leurs plumes meurtrières,
Les terribles ciels jaunes, les nuages tout nus
Ont, en toute saison, fêté cette statue.

Elle est belle, statue vivante de l’amour »

Paul Eluard, « Paris pendant la guerre »,
Capitale de la douleur, Gallimard, 1926.

 

Dans la contribution qu’il a apportée sur ce site dans les jours qui ont suivi les attentats, Yves Stalloni qualifiait d’emblée de « criminels » les tueurs du 13 novembre.

Définir, préciser, et nous interroger sur les mots autant que sur les actes qui ont marqué ces deux dernières semaines : voilà ce qu’il nous faut faire, en effet. Qui n’a pas dans les premiers jours cédé à l’urgence de s’informer, à la tentation du bien mal nommé direct live ?

Cependant, voyant qu’une chaîne de service public s’attelait le dimanche à l’heure du repas, soit trente-six heures après le début de cette œuvre de mort, à une rétrospective des événements du week-end, j’ai éteint mon poste de télévision et me suis sérieusement inquiété de ce que je pourrais dire à mes élèves le lendemain matin – mais plus tard aussi.

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Même pas peur ? – Bref récit d’un mouvement de panique

"Même pas peur" © CR / l'École des lettres, 2015

Place de la République, 15 novembre 2015

Paris, place de la République, dimanche 15 novembre, 18 h 36, où je suis depuis quatre minutes à peine avec un ami que j’ai entraîné ici. Un groupe chante en chœur « Même pas peur », puis la Marseillaise.

Il me semble soudain urgent de partir, mon visage blêmit, mon compagnon s’en aperçoit et attribue cette pâleur à mon habituelle horreur des foules. Il veut faire le tour de la statue. Je préfère rester à l’écart. Il part – deux minutes, dit-il.

18 h 37, je suis assise sur un banc. Huit policiers, peut-être davantage, se réunissent brusquement, ils ont l’air affolé. Mon regard oscille entre ce groupe inquiet et mon téléphone portable.

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L’école au front : accompagner les élèves et leur rencontre avec la guerre…

Statue de la République, à Paris, le 15 novembre 2015 © CR

Place de la République, à Paris, le 15 novembre 2015 © CR

Les attentats qui viennent encore une fois, à dix mois d’intervalle, frapper et ensanglanter la capitale, rappellent le rôle essentiel que l’école joue dans le processus de compréhension et de repérage collectif des événements.

Ils placent les enseignants face aux questions, légitimes, de leurs élèves, qui ont dû, pour la majorité d’entre eux, prendre connaissance de l’horreur par le biais des heures d’informations et d’images en continu déversées par les médias audiovisuels depuis le 13 novembre au soir.

Au mieux, certains ont pu exprimer leurs sentiments et questions auprès de parents attentifs à expliquer et rendre compréhensible la situation à de jeunes enfants et adolescents.

Pourtant, c’est bien encore en classe que les élèves-individus se retrouveront ensemble, avec le maître, pour mettre des mots ensemble, compris par tous, qui soient capables tout à la fois d’exprimer l’émotion suscitée, de la circonscrire et de faire passer chacun dans la compréhension de ce qui s’est passé et qui pourra, peut-être et malheureusement, encore se passer.

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Reprendre le fil des apprentissages après le vendredi noir…

Unes des 15 et 16 janvier 2015

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Lundi 16 novembre, malgré l’état d’urgence décrété par le chef de l’État, les craintes et angoisses que le week-end post-traumatique n’aura pas manquer de générer, avec toutes ces images d’horreur et ces paroles d’effroi qui ne cessent de passer en boucle, vont totalement bouleverser le retour en classe.

Comment, dès lors, pour un professeur de français, notamment, aborder le sujet qui fâche sans se laisser déborder par un flux de paroles à vocation cathartique ?

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27e Semaine de la presse et des médias dans l’école

27e Semaine de la presse et des médias dans l’écoleLa Semaine de la presse et des médias dans l’école se déroulera sur 21 au 26 mars prochain.

Soutenue par près de 1 900 médias, cette opération de sensibilisation des élèves coordonnée par le Clemi s’inscrit dans les enseignements pratiques interdisciplinaires du cycle 4 (« Information, communication, citoyenneté ») et concerne tous les niveaux d’enseignement.

L’École des lettres, qui publie des articles sur l’éducation aux médias depuis des décennies, ouvrira ses pages aux créations et réflexions des élèves tout au long de l’année.

 

 

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Frédéric Pommier, « L’assassin court toujours, et autres expressions insoutenables »

10Frédéric Pommier, "L’assassin court toujours, et autres expressions insoutenables"Les malheureux qui font profession au quotidien d’écrire et/ou de parler (les journalistes, les écrivains, les professeurs et quelques autres…) savent qu’il leur faut se méfier d’une menace sourde et permanente : la facilité rédactionnelle, la paresse lexicale, le cliché, le lieu commun, l’expression toute faite ou – comme l’appelle Frédéric Pommier – insoutenable.

Celle qui sert de titre à cet hilarant recueil en est une : L’assassin court toujours. Pas la pire. Retoquer un texte n’est pas mal, Faire son deuil est triste mais efficace ; Rien n’a été laissé au hasard sert en de multiples occasions ; Une usine à gaz plaît beaucoup ; un désaveu est toujours cinglant et un échec cuisant.

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