Au sommaire de « l’École des lettres » numéro 3, 2017-2018

D'un genre à l'autre : littérature, histoire, bande dessinée, cinéma. L'École des lettes, 3, 2017-2018Découvrez le sommaire détaillé du numéro 3, 2017-2018

D’un genre à l’autre :
littérature, histoire, bande dessinée, cinéma

BANDE DESSINÉE

 

◆  « Arsène Lupin. Les origines », d’Abtey, Deschodt, Gaultier & Galopin.
Comment Arsène devient-il Lupin ?, par Olivier Dufaut et Ophélie Praly

Du succès des romans et nouvelles de Maurice Leblanc au début du XXe siècle à leurs multiples adaptations cinématographiques et télévisuelles, en passant par la célèbre chanson de Jacques Dutronc, l’engouement suscité par le plus illustre cambrioleur de la littérature française n’est plus à démontrer.

Bien que son personnage soit fictif, Maurice Leblanc s’est efforcé, dans certaines interviews comme dans ses œuvres, de donner à son héros une épaisseur psychologique, une identité et une histoire authentiques et profondes qui en ont presque fait un individu à part entière : brave, toujours bienséant, mais voleur invétéré et séducteur incorrigible. Paradoxalement, dans le même temps, le romancier est parvenu à maintenir mystère et suspense autour de son personnage, ce qui a renforcé l’admiration et la curiosité du public et a contribué à bâtir la légende. Mais comment est-il devenu cet être d’exception, fascinant au point que les journaux vantent à la une ses prouesses ? Quels sont les événements qui l’ont conduit à embrasser la carrière de hors-la-loi et à multiplier changements d’identité et d’apparence ?

Pour répondre à ces questions, étayer le mythe populaire et lever une part de l’énigme, deux scénaristes (Benoît Abtey et Pierre Deschodt), un dessinateur (Christophe Gaultier, dont le trait évoque parfois Baru, Fred, Loustal, Matthieu Bonhomme, voire Fernand Léger) et une coloriste (Marie Galopin) remontent aux origines du destin de Lupin. En toute liberté, les trois tomes d’« Arsène Lupin. Les origines1 » complètent la biographie de l’insaisissable gentleman cambrioleur.

On pourra aisément les étudier en quatrième dans le cadre des thèmes
« Individu et société : confrontation de valeurs ? » et « La ville, lieu de tous les possibles ? », en troisième pour illustrer l’entrée « Dénoncer les travers de la société », ou au cours d’un EPI associant lettres, histoire et arts plastiques.

ROMAN

 

◆ « Tous les héros s’appellent Phénix », de Nastasia Rugani.
De la séduction à la maltraitance, par Stéphane Labbe

Avec « Tous les héros s’appellent Phénix1 », roman couronné par plusieurs prix de collégiens, Nastasia Rugani accomplit une réussite littéraire. Elle campe des personnages attachants et construit une intrigue tendue dont le suspense captive les jeunes (et moins jeunes) lecteurs. Le roman fait d’ailleurs partie des ouvrages recommandés par le ministère de l’Éducation nationale en classe de cinquième dans le cadre de l’étude du thème « Avec autrui : famille, amis, réseaux ».

Le professeur de français pourra l’aborder sous l’angle d’une modernité bienvenue qui complètera de façon contrastée l’étude d’une pièce de Molière. La séquence qui suit s’attache à analyser l’évolution des rapports dans une famille mise en danger par la disparition du père et montre que, si moderne soit-elle, l’histoire repose sur des fondements mythologiques qui expliquent aussi son pouvoir d’attraction.

 

LITTÉRATURE CLASSIQUE

 

◆ Étudier des « Lettres familières » d’écrivains,
par Antony Soron

La lettre, instrument de la connaissance d’autrui… et de soi

Cette séquence autour du recueil de Lettres familières réunies par Marie Pérouse-Battello (« Classiques » de l’école des loisirs) s’adresse à des élèves de troisième et s’inscrit dans l’axe d’étude intitulé « Se raconter, se représenter », les Instructions officielles recommandant la lecture « d’extraits d’œuvres de différents siècles et genres, relevant de diverses formes du récit de soi et de l’autoportrait : essai, mémoires, autobiographie, roman autobiographique, journaux et correspondances intimes ».

Outre le développement de compétences orales et écrites, cette séquence vise à assurer une passerelle entre les classes de troisième et de seconde.

Elle fait alterner lectures analytiques en classe et lectures cursives afin d’asseoir des repères de culture littéraire utiles en vue de l’entrée au lycée. Elle peut prendre place au cours du dernier trimestre et offre aux élèves l’occasion de rencontrer certains auteurs qui seront au cœur des objets d’étude en seconde, parmi lesquels, pour ne citer que ceux du xixe siècle, Stendhal, Chateaubriand, Flaubert, Baudelaire ou encore Rimbaud.

 

HISTOIRE, ROMAN, BD, CINÉMA

 

« Au revoir là-haut », d’après Pierre Lemaitre. Mises en mots et en images de la Grande Guerre : du roman à son adaptation en bande dessinée et au cinéma,
par Alexandre Lafon

En 2013, à l’aube des commémorations de la Grande Guerre et de son centenaire, Pierre Lemaitre, alors surtout connu comme auteur de romans policiers, recevait le prix Goncourt pour Au revoir là-haut. L’histoire commence sur le champ de bataille de la fin de la Première Guerre mondiale et se poursuit avec la démobilisation douloureuse des combattants. Il est question des traumatismes, tant physiques que psychologiques des héros, victimes et bourreaux, et des arnaques qu’ils mettent en place pour profiter, à leur manière, du deuil massif que vit alors la société française.

La qualité du livre a conduit à son adaptation cinématographique par Albert Dupontel à l’automne 2017. Entre la publication du roman et la sortie du long-métrage, Au revoir là-haut est aussi devenu une bande dessinée scénarisée par Pierre Lemaitre, avec Christian De Metter aux crayons (Rue de Sèvres, 2017).

Ces supports narratifs attachés à une même intrigue permettent de suivre le parcours des mots aux images animées et de construire avec les élèves des passerelles entre le texte et l’image, entre la mémoire et l’Histoire, entre le présent et le passé…

 

◆ « Couleurs de l’incendie », de Pierre Lemaitre,
par Yves Stalloni

Dans Couleurs de l’incendie, son dernier roman, Pierre Lemaitre a tourné la page de la Grande Guerre et de ses lendemains immédiats, qui se trouvaient au cœur d’Au revoir là-haut, pour arriver à cette période d’insouciance et de troubles appelée « années folles ».

À l’heure de la reconstruction et de la revanche, la France, pour deux décennies, va tenter de gommer les souvenirs de la tragédie en inventant de nouvelles formes artistiques et de nouveaux divertissements, de nouvelles perspectives politiques et de nouveaux modes d’enrichissement. D’un côté la révolution surréaliste et le jazz, les robes de Poiret et les vacances à Biarritz, de l’autre la montée des mouvements nationalistes et xénophobes, les combines politiques, les promesses fragiles du socialisme et la spéculation financière. C’est dans ce tourbillon que nous plonge ce gros roman que l’on ne quitte plus, une fois ouvert…

 

CRITIQUE

 

◆ « Dictionnaire Flaubert », sous la direction de Gisèle Séginger,
par François-Marie Mourad

L’archive et la monumentalité siéent bien à Flaubert, même s’il y a quelque ironie à faire de lui et de son œuvre un « Dictionnaire » : « En rire – n’est fait que pour les ignorants », comme on peut lire à l’entrée correspondante du Dictionnaire des idées reçues !
À cet égard, l’opus dirigé par Gisèle Séginger et rédigé par une centaine de spécialistes de tous horizons (tant géographiques que culturels) manque un peu d’humour. Il ne se demande pas ce que Flaubert aurait pensé d’une entreprise aussi « énorme ». Sans doute s’en serait-il amusé, voire moqué…

 

HISTOIRE LITTÉRAIRE

 

◆ « Les Chiffonniers de Paris », d’Antoine Compagnon,
par Yves Stalloni

L’intérêt porté par un éminent professeur de littérature au Collège de France, spécialiste de théorie littéraire, auteur de nombreux essais critiques, à la corporation des chiffonniers de Paris pourrait avoir de quoi surprendre. Pas vraiment quand on sait qu’Antoine Compagnon (c’est de lui qu’il s’agit) est un fin connaisseur de Baudelaire auquel il a consacré au moins trois livres, dont Un été avec Baudelaire (Éditions des Équateurs, 2013).

Pistes pédagogiques à partir des « Chiffonniers de Paris »
par Antony Soron

Voir sur ce site.

 

CINÉMA ET HISTOIRE

 

« Continental Films. Cinéma français sous contrôle allemand », de Christine Leteux,
par Anne-Marie Baron

Il est passionnant d’apprendre l’Histoire à travers celle du cinéma. Voici un livre qui en offre une excellente occasion. Dans Laissez-passer (2002), son film sur le cinéma français sous l’Occupation, brillante reconstitution de la vie des studios à cette époque, Bertrand Tavernier présentait un personnage mystérieux, ami de Göring, Alfred Greven.

Ayant été dans les années 1930 producteur à la UFA (Universum Film AG, fondée à Berlin en décembre 1917), il fut mandaté par Goebbels pour créer en France, avec des capitaux allemands mais sous droit français, la société de production Continental Films, à laquelle Christine Leteux consacre un ouvrage remarquable.

 

◆ « Faute d’amour », d’Andreï Zviaguintsev.
Un miroir glaçant de la société russe,
par Philippe Leclercq

À l’heure de la sortie en DVD de
Faute d’amour, cinquième long-métrage du cinéaste russe Andreï Zviaguintsev, l’occasion nous est donnée de revenir sur une œuvre bouleversante, couronnée par le Prix du jury, à Cannes, en mai dernier.

 

UNE RECHERCHE AU CDI

 

◆ Les dieux du panthéon gréco-romain,
par Justine Galan

Cette activité a été menée en classe de sixième dans le cadre d’un travail sur Ulysse. En parallèle à la séance d’introduction sur Homère et L’Odyssée, elle a permis aux élèves de se familiariser avec les dieux évoqués par le texte.

Étant réalisée au CDI, cette activité a aussi été l’occasion de faire de l’initiation à la recherche documentaire. Formés au site « e-sidoc », les élèves ont en effet appris à trouver les livres et les revues qui répondaient le mieux à leurs questions.

Enfin, la création d’un jeu de Memory pour présenter les différents dieux étudiés a impliqué l’utilisation d’un traitement de texte. C’est en jouant avec les cartes conçues par leurs camarades qu’ils découvrent les dieux sur lesquels ceux-ci ont travaillé.

 

lLES ACTIONS DES PROFESSEURS DOCUMENTALISTES

 

◆ Le prix « Passerelle(s) », un prix 100 % limousin créé par des professeurs documentalistes,
par l’équipe du prix « Passerelle(s) »

Créé il y a six ans, le prix Pas-
serelle(s) est né de l’initiative d’un groupe de professeurs documentalistes. Toutes férues de littérature, nous avions pour ambition de partager cet enthousiasme avec nos élèves et nos collègues autour d’un projet fédérateur…

 

 

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