« Les Mains libres », de Man Ray et Paul Eluard. De la lyrique amoureuse au libertinage érotique

"Les Mains libres", de Paul Eluard et Man RayLes Mains libres est un ouvrage hybride qui est parcouru par des contradictions: poésie/peinture, tradition/modernité; amour du couple/libertinage.

Nous étudierons à travers ces oppositions le rapport du poète au peintre et à la femme.

Des indices iconographiques, textuels et biographiques nous permettent de lire ce texte image comme l’écriture d’une utopie amoureuse reposant sur l’échange des identités et des objets du désir. Cela dans la perspective surréaliste de la révolution politique, morale et métaphysique.

Lire la suite

« Le Chemin des forçats », d’Alexandre Soljénitsyne

« Le Chemin des forçats », d'Alexandre SoljénitsyneEntre 1948 et 1952, Alexandre Soljénitsyne, suspecté de jugements séditieux contre Staline, est interné dans un camp de Sibérie. Pour aider à sa survie, pour rendre compte aussi, il décide d’écrire des poèmes qui, à mesure qu’il les compose, sont appris par cœur puis détruits.

Le résultat est un long texte poétique qui prend pour nom Vladimirka, parce que le convoi des bagnards passait par la ville de Vladimir, ou encore Dorojenka, qui en russe signifie « Le Chemin ».

C’est ce nom qui donne son titre au livre, Le Chemin des forçats, traduit de façon élégante par Hélène Henry pour les éditions Fayard qui le publient aujourd’hui.

Lire la suite

« La Poésie du Brésil. Anthologie du XVIe au XXe siècle », par Max de Carvalho

"La Poésie du Brésil. Anthologie du XVIe au XXe siècle", par Max de CarvalhoUn « Aladin bibliophile », Max de Carvalho, a éveillé des génies littéraires dans une anthologie de poésie du Brésil bilingue où crépitent et se répondent, du XVIe au XXe siècle, à travers les âges et les lieux, le chant du sabiá, le battement d’un cœur épris de saudade, des fleurs caressées par Zéphyr, un être-Musique sacrée, Ye’ pá, dessinée par le vent, ou encore une voix invitant à vivre de brise.

Évoquant l’expérience de la traduction, de la poésie et de la composition anthologique, Max de Carvalho nous souffle quelques bribes de ce « langage sans paroles » qu’il a patiemment tissé entre 2007 et 2012 avec l’aide constante de Magali de Carvalho puis, pour finir, de Françoise Beaucamp.

Lire la suite

Jean-Claude Pirotte, poète de l’indicible

Jean-Claude PirotteLe poète, romancier et peintre Jean-Claude Pirotte est mort le 24 mai 2014 des suites d’un cancer. Né le 20 octobre 1939 à Namur, il est décédé dans son pays natal, la Belgique, après avoir vécu une grande partie de sa vie en France.

Jean-Claude Pirotte, c’est une voix singulière dans la littérature. Dans son œuvre à la fois puissante et légère, insaisissable, mélancolique parfois, l’autobiographie, à la manière d’un Pierre Mac Orlan qu’il admirait, se mêle à la fiction. Lui qui se considérait comme un musicien raté disait : « Je ne suis pas un écrivain symphonique, je fais de la musique de chambre » (entretien avec Martine Delort, Brèves, n° 631).

Il a publié plus d’une cinquantaine de livres, aux éditions Le Temps qu’il fait, Le Cherche-midi et de La Table ronde principalement, et a obtenu de nombreux et prestigieux prix littéraires : Prix des Deux-Magots, Grand prix de poésie de l’Académie française, Prix Apollinaire, Prix Goncourt-Robert Sabatier de la poésie…

Lire la suite

René Daumal ou la poétique du salut

René Daumal en 1944

René Daumal en 1944

René Daumal, c’est une trace, un sillon creusés dans la littérature et la vie.

L’image est à la fois banale et paradoxale quand on sait que le poète est désormais surtout connu pour Le Mont Analogue, ce conte métaphysique inachevé, récit d’une ascension « analogique ».

Mais Daumal a bien creusé sa vie comme on creuse un sillon (versus), cherchant avant tout à être. André Dhôtel, dans un court article lumineux (1), établit ce qui, selon lui, unit la démarche de Daumal à celle de Rimbaud : « … comme lui [Rimbaud], il a acquis une conviction inébranlable : la véritable voie spirituelle est un secret à retrouver, c’est-à-dire un élan originel vers ce qui est autre, vers l’inconnu qui nous échappe et seul peut nous redonner la lumière et le salut ». Lire la suite

Photographie : l’homme à droite est-il Arthur Rimbaud ?

Rimbaud à AdenBrice Poreau, chercheur-enseignant associé au Laboratoire d’anthropologie anatomique et de paléopathologie de l’univer-sité Claude-Bernard-Lyon 1, a formellement identifié Arthur Rimbaud dans une photographie redécouverte en 2000.

La biométrique de similarité, initialement développée dans le domaine judiciaire par le Laboratoire d’anthropologie est également appliquée à la comparaison de visages dans le domaine de l’art (peintures, sculptures). L’objectif est de pouvoir « identifier » un personnage, voire de le comparer à un autre en déterminant le pourcentage de ressemblance (similarité) existant entre les deux.

Lire la suite

Printemps des poètes : « La Poésie au cœur des arts », par Christian Poslaniec et Bruno Doucey

Bruno Doucey et Christian Poslaniec, "La Poésie au cœur des arts"Le XVIe Printemps des poètes, qui se déroule du 8 au 23 mars, a pour thème cette année : Au cœur des arts.

Jean-Pierre Siméon, qui dirige cette manifestation, souligne que « la poésie a toujours eu un lien étroit et naturel avec les arts premiers que sont le chant, la danse et le théâtre, elle est aussi souvent l’arrière-pays, le moteur secret ou le point d’appui de la création dans les arts plastiques, la photographie, la composition musicale, le court-métrage cinématographique, la vidéo, voire le cirque… Ni au-dessus ni à côté, la poésie est au cœur de toute aventure artistique».

Ce Printemps favorise donc le dialogue entre  poètes et artistes.

Lire la suite

Paul de Roux, « Au jour le jour V. Carnets, 2000-2005 »

Paul de Roux

Paul de Roux

Baromètre de l’âme

« Le Sueur, ou la légèreté dans la couleur. – Mais qu’est-ce que la légèreté ? On l’éprouve, on ne la définit pas. Face aux définitions, la légèreté s’envole. »

Cette note écrite dans le cinquième carnet de Paul de Roux dit presque tout d’un poète secret et lumineux, simple et raffiné : la peinture classique vue et revue au Louvre, le goût de la couleur, la légèreté comme état d’esprit, comme on dirait des nuages qu’ils sont légers. À la fois de passage et présents pour donner sa teinte au ciel.

Lire la suite