Écriture poétique et quête du sens en première : « Le Spleen de Paris », de Baudelaire

Charles Baudelaire par Nadar

Charles Baudelaire par Nadar

Passer des Fleurs du mal au Spleen de Paris, c’était, pour Baudelaire, s’engager dans une voie esthétique nouvelle qui s’accompagnait d’une inflexion sur le plan idéologique ; le poète entamait ainsi un processus de mise à distance qui l’éloignait encore davantage du romantisme.

Dans la perspective de l’objet d’étude assigné aux classes de première, « Écriture poétique et quête du sens, du Moyen Âge à nos jours », Le Spleen de Paris offre un terrain d’investigation particulièrement fécond dans la mesure où il permet, comme le soulignent les Instructions officielles, de souligner le « rôle du poète, […] aux avant-postes de la littérature et de la culture », d’interroger une pratique particulière de cet « art du langage » qu’est la poésie qui, depuis ses origines, se voyait associée à la fabrique du vers et qui, désormais, s’oriente vers des voies nouvelles.

Lire la suite

Évoquer le 13 novembre 2015 avec les classes de collège ou de lycée

Paris, place de la République, 22 novembre 2015

Paris, place de la République, 22 novembre 2015

Mikhail Bakhtine caractérisait le genre poétique comme un art littéraire susceptible de protéger ses contemporains de l’« automatisation du langage ». Privilégiant l’évocation ou la suggestion sur la divulgation explicite d’un message, l’expression poétique touche le lecteur ou l’auditeur d’une façon autrement plus profonde et durable que la communication ordinaire.

En ce jour de commémoration des attentats du 13 novembre 2015, la poésie peut être mise au premier plan. En effet, parmi les différentes formes littéraires, elle demeure celle qui est la plus à même à faire penser du fait de la mission interprétative qu’elle attribue au lecteur.

Mais vers quel poète se tourner pour évoquer en cours de français ce vendredi sanglant durant les jours à venir ? Beaucoup, en toute légitimité, iront vers Victor Hugo et son poème « L’enfant » extrait des Orientales, croisant leur objectif mémoriel avec des références picturales comme Le Massacres des innocents de Rubens.

Lire la suite

Poète en temps de guerre. Leonard Cohen (1934-2016)

"Songs of Leonard Cohen, 1967« Tout ce qui se déplace est blanc
une mouette, une vague, une voile,
et trop purement se déplace pour être singé.
Pourfends la souffrance.
Ne simule jamais la paix. »

.Extrait de « Hydra 1960 »,  « Flowers for Hitler » (poèmes), 1966, Christian Bourgois éditeur, 1976.

 

Leonard Cohen est mort le jeudi 10 novembre 2016 – heure canadienne. La nouvelle nous est parvenue dans la nuit de notre 11-Novembre. L’homme, qui savait manier les symboles, s’avouait proche du trépas depuis quelque temps déjà et aurait apprécié sans doute qu’on apprît que le Commandant Cohen avait rendu les armes un jour d’armistice.

« Field Commander Cohen » est la chanson qui suit « Lover lover lover » dans l’album New Skin for the Old Ceremony de 1974. Quelques plages plus loin, juste avant « A Singer Must Die », Cohen entonne « There is a war » : « C’est la guerre entre les riches et les pauvres, c’est la guerre entre l’homme et la femme. C’est la guerre entre ceux qui disent “c’est la guerre” et ceux qui disent “ce n’est pas la guerre”. »

Lire la suite

Redécouvrir les « Fables » de Florian de l’école au lycée

fables-florianDans le cadre de l’étude de textes de satire ou de critique sociale du XVIIIe siècle au collège, les Fables de Florian offrent une alternative bienvenue aux œuvres des philosophes de ce siècle, dont la lecture se révèle parfois délicate. Ces fables s’inscrivent à la fois dans le prolongement des Lumières et dans la lignée des grands moralistes du XVIIe siècle, mais elles apportent également un témoignage indirect sur les jours sombres de la Révolution et sur les interrogations que celle-ci put susciter.

L’œuvre de Florian constitue donc un parfait exemple de ces textes que les programmes invitent à mettre en relation avec le programme d’histoire. Elle nous permet, par ailleurs, de revenir sur le genre de la fable, que les élèves connaissent généralement par le biais de La Fontaine. Ils auront ainsi la surprise de découvrir, dans un langage plus accessible – Florian est plus proche de nous dans le temps et n’a pas recours, comme son illustre modèle, à ces archaïsmes, certes truculents, mais déroutants pour de jeunes lecteurs – l’univers pittoresque et extravagant de la fable.

Lire la suite

« En sortant de l’école : Guillaume Apollinaire »

En sortant de l'école. Saison 3 : Guillaume Apollinaire« On peut être poète dans tous les domaines :
Il suffit qu’on soit aventureux
Et qu’on aille à la découverte. »
Guillaume Apollinaire

En sortant de l’école est une série de films d’animation créée en 2013. Cette collection invite les enfants et les adultes à voyager en poésie et à redécouvrir de grands textes. Les deux premiers DVD ont rendu hommage à deux poètes surréalistes : Prévert et Desnos… L’opus 3 de cette collection est consacré à Guillaume Apollinaire.

Lire la suite

Henri Michaux : « Donc c’est non. »

Henri Michaux : "Donc c’est non"Contre la « vedettomanie »

Dans un envoi posthume, très amusant, Henri Michaux s’adresse à Jean-Luc Outers. Celui-ci vient de rassembler toutes les lettres du poète signifiant refus.

Et des refus, Michaux en exprime beaucoup : être publié en poche « pour vingt mille imbéciles au lieu des deux mille habituels », se trouver « enfermé » en « Pléiade », la si prestigieuse collection qui fait rêver plus d’un écrivain, recevoir des prix richement dotés, participer à des colloques sur la poésie et sa poésie en particulier, être pris en photo et voir un livre illustré par son visage, être dit par des comédiens dans des spectacles de théâtre ou de cabaret, figurer dans des anthologies, donner une interview à la radio… publier une correspondance.

Jean Luc Outers ne reçoit qu’une lettre imaginaire, en janvier 2015. L’auteur ne se mettra pas en colère et c’est tant mieux pour lui. Et pour nous.

Lire la suite

« Un automne à Paris », une chanson d’Amin Maalouf, interprétée par Louane, à étudier en classe

Louane interprétant "Automne à Paris" d'Amin Maalouf © Éduscol

Louane et Ibrahim Maalouf interprétant « Automne à Paris » d’Amin Maalouf © Éduscol

 

À l’initiative de Najat Vallaud-Belkacem, le trompettiste Ibrahim Maalouf a composé la musique de la chanson Un automne à Paris sur un poème de son oncle, l’écrivain et académicien Amin Maalouf. Cette chanson est un hommage aux victimes des attentats de janvier et novembre 2015, que le ministère de l’Éducation nationale a voulu « à destination des élèves ».

Le samedi 9 janvier 2016, accompagnés par l’Orchestre national de France et la Maîtrise de Radio France, Ibrahim Maalouf et Louane l’ont enregistrée à la maison de la Radio, ce qui a permis la diffusion d’un texte dont la valeur commémorative n’est pas l’unique mérite…

Lire la suite

Le Printemps des poètes en CM2

Le Printemps des poètes 2016Je n’ai pas rencontré un seul enfant jusqu’à présent, qui n’aime pas les mots et la poésie. Faire découvrir la diversité des poèmes et les interpréter joyeusement, les théâtraliser, les chanter, leur procure une certaine jubilation.

Il y a quelques années, j’avais proposé à mes 32 élèves de CM2 un défi amusant : celui d’écrire et d’ornementer 1 000 poèmes pour créer une manifestation du Printemps des poètes. Et cela présentait l’avantage d’apprivoiser le printemps avant Noël ! En arts plastiques, les élèves avaient fabriqué un murmureur de poaimes avec de simples tuyaux de PVC qu’ils avaient ensuite peints et décorés à leur guise. Pour les « poaimes », ce fut tout autre chose.

Lire la suite