Et si écouter lire était aussi le propre de l’homme ?

Jean-Michel Blanquer, alors tout récent ministre de l’Éducation nationale, s’est engagé au mois de juin 2017 à offrir à 150 000 élèves de CM2, dans le cadre de l’opération « Un livre pour les vacances », un recueil de fables choisies de Jean de La Fontaine. Il bénéficiait en cela de la bénédiction du fabuliste, qui, dans sa préface de 1668, recoupait l’avis de Platon concernant Ésope : « Il souhaite que les enfants sucent ces fables avec le lait ; il recommande aux nourrices de les leur apprendre. »

Cette initiative se doublait de vertus pratiques dans la mesure où une version « audio » de ces fables est téléchargeable sur le site Eduscol.

Il est ainsi possible pour l’élève non seulement de lire une partie d’une œuvre littéraire patrimoniale mais également de l’écouter interprêtée par le comédien Michel Elias. Or, c’est certainement la question de l’écoute du livre ou, si l’on préfère, de la reconquête du texte par l’oreille que la proposition ministérielle vient indirectement de relancer.

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Quelle place pour la littérature européenne à l’école ?

Quelle place pour la littérature européenne à l’école ?En avril 2008, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe a adopté à l’unanimité une recommandation visant à promouvoir l’enseignement de la littérature européenne dans les lycées et les collèges. Elle préconise l’introduction de programmes spécifiques adaptés à tous les niveaux visant à soutenir l’éducation à la citoyenneté européenne, la sensibilisation au pluralisme linguistique et à la diversité culturelle.

Le Parlement européen précise que cet enseignement ne doit pas se substituer à celui de la littérature de langue maternelle, mais se faire en parallèle, de manière à renforcer globalement les enseignements littéraires et artistiques dans les pays membres. Ce qui doit s’accompagner d’un encouragement aux traductions de textes anciens et contemporains, ainsi que d’un soutien aux anthologies ou autres manuels de littérature contemporaine.

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La rentrée littéraire serait-elle déjà terminée ?

La rentrée littéraire dans la presseAvec l’entretien accordé par Alice Zeniter au Monde des livres qui lui décerne son prix, c’est le premier temps de l’année littéraire qui se clôt cette semaine.

Il y a plusieurs manières de considérer celle-ci.

On peut y voir une course d’obstacles vers les prix, l’apparition et la réussite de figures d’écrivains, nouveaux talents et confirmés, ou bien encore les tendances, thèmes et sujets de la littérature d’aujourd’hui.

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Michel Tournier, « vagabond immobile »

À l’image de Giono qu’il admire, qu’il a lu au collège à l’âge de douze ans, qu’il a pris comme modèle, Michel Tournier n’aura pu connaître de son vivant la consécration représentée par l’entrée dans la « Bibliothèque de la Pléiade ». Comme l’écrivain de Manosque, il a participé à la naissance du projet, mais a disparu un an avant son achèvement, le 18 janvier 2016.

Il aurait pu se montrer satisfait de l’excellent travail fourni par Arlette Bouloumié et ses collaborateurs, Jacques Poirier et Jean-Bernard Vray. Il aurait sûrement aimé la magistrale introduction signée de celle qui consacra l’essentiel de sa carrière universitaire à celui que l’on nomma, un peu improprement,  l’« ermite de Choisel ».

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« Une mère », de Stéphane Audeguy. Un horizon de liberté

"Une mère", de Stéphane AudeguyL’élégie est, selon Stéphane Audeguy, « une affection émue ».

C’est le genre qu’il choisit pour évoquer sa mère, morte en juillet 2016. Il n’est pas ici question de sa mort, « mais de sa vie », écrit l’auteur.

Sabine Audeguy n’est pas enfermée dans un tombeau, autre genre littéraire que peut apprécier l’auteur de In mémoriam, paru au Promeneur. Elle trouve une sorte de liberté liée à la forme de ce court récit.

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Rencontre avec des « Voix vives » du Festival de Sète

Festival de poésie Voix vives, de Méditerranée en MéditerranéePlus de cent voix se sont croisées fin juillet à Sète, devenue une véritable Babel bruissant des accents multiples de la Méditerranée et au-delà, traduites par des lecteurs et souvent accompagnées de musiciens (dont le splendide accordéon de Carlos Lopes) ou de chanteurs, sans oublier les conteurs dont le magnifique Rachid Akbal donnant vie lui aussi, aux « mythes fondateurs » en y associant son auditoire…

Impossible donc d’en faire état de manière exhaustive mais tous ont nourri l’imaginaire et les lieux investis dans Sète.

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« Un loup pour l’homme », de Brigitte Giraud

Animal de guerre

« Antoine aurait préféré que Lila ne reste pas sur le quai de la gare. Il l’a dit mais elle n’a pas voulu entendre. Il est debout derrière la vitre, entouré d’autres gars, et il la voit qui reste figée. Il voudrait qu’elle s’en aille, qu’il n’ait pas sous les yeux le regard qui appelle. C’est violent d’aimer dans ces moments-là. »

Cela ressemble aux Parapluies de Cherbourg, lorsque les amants se quittent sur le quai de gare, que des années passent, et qu’il revient, blessé à jamais, porteur d’une cicatrice invisible.

À ceci près que les héros de Un loup pour l’homme ne sont pas longtemps séparés. Lila rejoint Antoine à Sidi Bel Abbès et elle met au monde Lucie, leur petite fille

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