Écriture poétique et quête du sens en première : « Le Spleen de Paris », de Baudelaire

Charles Baudelaire par Nadar

Charles Baudelaire par Nadar

Passer des Fleurs du mal au Spleen de Paris, c’était, pour Baudelaire, s’engager dans une voie esthétique nouvelle qui s’accompagnait d’une inflexion sur le plan idéologique ; le poète entamait ainsi un processus de mise à distance qui l’éloignait encore davantage du romantisme.

Dans la perspective de l’objet d’étude assigné aux classes de première, « Écriture poétique et quête du sens, du Moyen Âge à nos jours », Le Spleen de Paris offre un terrain d’investigation particulièrement fécond dans la mesure où il permet, comme le soulignent les Instructions officielles, de souligner le « rôle du poète, […] aux avant-postes de la littérature et de la culture », d’interroger une pratique particulière de cet « art du langage » qu’est la poésie qui, depuis ses origines, se voyait associée à la fabrique du vers et qui, désormais, s’oriente vers des voies nouvelles.

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Si, avec Les Fleurs du mal, Baudelaire semblait partager la conception romantique d’un poète médiateur, explorateur de l’invisible et susceptible d’éclairer les hommes sur la dimension spirituelle de l’univers, on peut légitimement se demander ce que devient la notion d’idéal dans Le Spleen de Paris.

Notons d’abord qu’elle disparaît du titre. Présente, dans Les Fleurs du mal sous la forme métaphorique de la « fleur », image de la femme, de la poésie et de la beauté, elle s’estompe dans Le Spleen de Paris, laissant le champ libre au concept antithétique de « spleen ».

Il faut le reconnaître, l’idéal est bien malmené dans ce nouveau recueil. Faut-il y voir le signe d’un désenchantement ou l’expression d’une modernité qui peine à admettre que l’esprit, l’âme, puisse se délivrer de la matière, d’un appauvrissement de l’être confronté à la déshumanisation qu’induit l’essor inéluctable de la ville ?

Telles sont quelques-unes des questions que soulève cette séquence que l’on pourra situer en fin de deuxième trimestre. On aura précédemment abordé la question du lyrisme en s’efforçant d’amener la classe à dépasser l’acception généralement retenue qui assimile le lyrisme à l’expression du sentiment personnel. Le point de vue de Jean-Michel Maulpoix rend à ce terme connoté d’une certaine mièvrerie une vigueur et une amplitude qui lui permettent de rencontrer la problématique du programme, la « quête du sens ».

[…]

Stéphane Labbe

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Plan de l’étude téléchargeable sur ecoledeslettres.fr

Séance 1. – Lecture analytique de « L’Étranger ».

Séance 2. – De « L’Invitation au voyage » en vers à « L’Invitation au voyage » en prose.

Séance 3. – « Les Veuves », de « Je ne puis jamais m’empêcher de jeter un regard... » à la fin du poème.

Séance 4. – « Perte d’auréole », lecture analytique.

Évaluation. – Sujet de dissertation.

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Pour lire l’intégralité de cette étude, s’abonner à « l’École des les lettres des lycées », 34 €.

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