La rentrée littéraire serait-elle déjà terminée ?

La rentrée littéraire dans la presseAvec l’entretien accordé par Alice Zeniter au Monde des livres qui lui décerne son prix, c’est le premier temps de l’année littéraire qui se clôt cette semaine.

Il y a plusieurs manières de considérer celle-ci.

On peut y voir une course d’obstacles vers les prix, l’apparition et la réussite de figures d’écrivains, nouveaux talents et confirmés, ou bien encore les tendances, thèmes et sujets de la littérature d’aujourd’hui.

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Michel Tournier, « vagabond immobile »

À l’image de Giono qu’il admire, qu’il a lu au collège à l’âge de douze ans, qu’il a pris comme modèle, Michel Tournier n’aura pu connaître de son vivant la consécration représentée par l’entrée dans la « Bibliothèque de la Pléiade ». Comme l’écrivain de Manosque, il a participé à la naissance du projet, mais a disparu un an avant son achèvement, le 18 janvier 2016.

Il aurait pu se montrer satisfait de l’excellent travail fourni par Arlette Bouloumié et ses collaborateurs, Jacques Poirier et Jean-Bernard Vray. Il aurait sûrement aimé la magistrale introduction signée de celle qui consacra l’essentiel de sa carrière universitaire à celui que l’on nomma, un peu improprement,  l’« ermite de Choisel ».

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« Une mère », de Stéphane Audeguy. Un horizon de liberté

"Une mère", de Stéphane AudeguyL’élégie est, selon Stéphane Audeguy, « une affection émue ».

C’est le genre qu’il choisit pour évoquer sa mère, morte en juillet 2016. Il n’est pas ici question de sa mort, « mais de sa vie », écrit l’auteur.

Sabine Audeguy n’est pas enfermée dans un tombeau, autre genre littéraire que peut apprécier l’auteur de In mémoriam, paru au Promeneur. Elle trouve une sorte de liberté liée à la forme de ce court récit.

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Rencontre avec des « Voix vives » du Festival de Sète

Festival de poésie Voix vives, de Méditerranée en MéditerranéePlus de cent voix se sont croisées fin juillet à Sète, devenue une véritable Babel bruissant des accents multiples de la Méditerranée et au-delà, traduites par des lecteurs et souvent accompagnées de musiciens (dont le splendide accordéon de Carlos Lopes) ou de chanteurs, sans oublier les conteurs dont le magnifique Rachid Akbal donnant vie lui aussi, aux « mythes fondateurs » en y associant son auditoire…

Impossible donc d’en faire état de manière exhaustive mais tous ont nourri l’imaginaire et les lieux investis dans Sète.

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« Un loup pour l’homme », de Brigitte Giraud

Animal de guerre

« Antoine aurait préféré que Lila ne reste pas sur le quai de la gare. Il l’a dit mais elle n’a pas voulu entendre. Il est debout derrière la vitre, entouré d’autres gars, et il la voit qui reste figée. Il voudrait qu’elle s’en aille, qu’il n’ait pas sous les yeux le regard qui appelle. C’est violent d’aimer dans ces moments-là. »

Cela ressemble aux Parapluies de Cherbourg, lorsque les amants se quittent sur le quai de gare, que des années passent, et qu’il revient, blessé à jamais, porteur d’une cicatrice invisible.

À ceci près que les héros de Un loup pour l’homme ne sont pas longtemps séparés. Lila rejoint Antoine à Sidi Bel Abbès et elle met au monde Lucie, leur petite fille

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« L’Empereur à pied », de Charif Majdalani

"L'Empereur à pied", de Charif MajdalaniÉloge des vies dangereuses

On est au milieu du XIXe siècle, au Liban, et l’homme qui s’avance s’appelle Khanjar Jbeili. Les rares habitants qui le voient arriver le considèrent avec étonnement. Sa veste en peau de chèvre et ses bottes de cavalier le rendent à la fois misérable et superbe. Les amateurs de Cendrars apprécieront cette ouverture qui rappelle L’Or. Certaines figures sont universelles, on le verra ici.

Khanjar deviendra l’Empereur à pied, personnage légendaire et fondateur d’une dynastie dont nous entendrons l’histoire, d’alors jusqu’à nos jours. Le héros imaginé par Charif Majdalani, se situe dans la lignée de Chakib Khattar, chef de clan du Dernier Seigneur de Marsad (2013) et de Skandar Hayek, dans Villa des femmes (2015).

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Célébration du livre à la Documenta 14, à Kassel

Martha Minují "The Parthenon of Books" © Roman Maerz, Documenta 14, Kassel

Martha Minují « The Parthenon of Books » © Roman Maerz, Documenta 14, Kassel

Du monument consacrant le livre à la redécouverte du récit tissé

La Documenta, exposition quinquennale d’art contemporain dépasse cette année les limites de la seule Allemagne et de la ville de Kassel pour se jumeler temporairement avec la Grèce et celle d’Athènes.

De nombreuses présentations et mises en œuvre du livre dans son rapport avec la société et la mémoire y sont abordées.

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