Vers de nouveaux programmes de français des cycles 2, 3 et 4 pour la rentrée 2018

Projet d’ajustement et de clarification des programmes de français des cycles 2, 3 et 4Le Conseil supérieur des programmes vient de publier un Projet d’ajustement et de clarification des programmes de français des cycles 2, 3 et 4 d’une soixantaine de pages, voté le 14 juin, qui devrait être entériné le 12 juillet prochain et applicable dès la prochaine rentrée.

Des modifications ont également été apportées aux programmes de mathématiques et d’éducation morale et civique (ÉMC) dont on trouvera ici le détail.

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« Bouvard et Pécuchet », de Jérôme Deschamps, au Théâtre de la Ville

"Bouvard et Pécuchet", de Jérôme Deschamps, au Théâtre de la Ville

Micha Lescot (Bouvard) et Jérôme Deschamps (Pécuchet)

« Classiques : on est censé les connaître », écrit Flaubert dans son Dictionnaire des idées reçues. Et de fait on est censé connaître Bouvard et Pécuchet, mais on pardonnera désormais à celui qui n’ayant pas lu le roman aura vu l’adaptation qu’en donne Jérôme Deschamps au Théâtre de la Ville.

Cette adaptation est en effet fidèle sinon à la lettre du texte du moins à l’esprit du roman, et les libertés  de réduction, transposition ou invention que prend Jérôme Deschamps, loin de  choquer ou décevoir, ajoutent de la malice à l’œuvre pour rendre au centuple à Flaubert ce qu’il nommait sa « prétention à être comique ».

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« Le Musée imaginaire de Marcel Proust », d’Eric Karpeles

Vermeer, "Vue de Delft" (1661), Mauritshuis, La Haye

Vermeer, « Vue de Delft » (1661), Mauritshuis, La Haye

Proust, chacun le sait, entretient un rapport intime, profond, à l’art, et à la peinture en particulier, moyen de sublimer le réel. Une phrase du Temps retrouvé, citée en épigraphe, le rappelle : « Grâce à l’art, au lieu de voir un seul monde, le nôtre, nous le voyons se multiplier, et autant qu’il y a d’artistes originaux, autant nous avons de mondes à notre disposition. »

En s’autorisant d’un tel aveu, le peintre et critique américain Eric Karpeles, s’est lancé, dès 2009, dans une scrupuleuse recension commentée des œuvres citées dans la Recherche, travail repris en 2017 dans une édition somptueusement illustrée (plus de deux cents reproductions de plus de cent peintres), sous couverture cartonnée et avec un titre qui renvoie à Malraux, Le Musée imaginaire de Marcel Proust.

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Un testament interrompu, « La Forêt millénaire », de Jirô Taniguchi

Jirô Taniguchi, "La Forêt millénaire", Rue de Sèvres, 2017, p. 11

Jirô Taniguchi, « La Forêt millénaire », Rue de Sèvres, 2017, p. 11

« Dire que l’arbre est, de tous les objets que produit la terre, le plus grand et le plus beau n’est pas lui faire un éloge exagéré. » William Gilpin, Remarks on Forest Scenery and Other Woodland Views, relative chiefly to Picturesque Beauty, 1791.

« L’homme y passe à travers des forêts de symboles / Qui l’observent avec des regards familiers. » Charles Baudelaire, « Correspondances », Les Fleurs du Mal, 1857.

Plus d’un an déjà – c’était le 11 février 2017 – que Jirô Taniguchi nous a quittés. Avant que la maladie ne l’emporte dans sa soixante-dixième année, il aura juste pu achever le premier tome d’un ensemble qui devait en compter cinq et qu’il espéra un temps pouvoir livrer à ses lecteurs fidèles en France comme au Japon. Le premier et unique jalon d’une histoire au long cours qui prônait – comme souvent chez Taniguchi mais peut-être pas dans ses albums les plus connus – l’harmonie entre l’être humain et la Nature.

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Journée d’étude « Silence, on lit ! » à l’ÉSPÉ Paris Molitor

Silence on lit !L’ÉSPÉ de Paris-Sorbonne universités organise le mercredi 20 juin 2018, de 13 h 30 à 17 h 30, sur le site de l’ÉSPÉ Molitor, à Paris, XVIe, une journée d’étude portant sur le dispositif Silence, on lit ! imaginé pour le développement de l’élève lecteur.

Cette rencontre est en accès libre.

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Histoire d’un rêve : « Herzl, une histoire européenne »

Ilia Brodsky et Théodor Herzl se sont peut-être rencontrés à Londres, dans le quartier de l’East end, au début du XXe siècle. Le premier était encore un jeune homme pauvre et idéaliste, rêvant d’une société juste, égalitaire, ayant foi dans l’homme. Le second, nous le connaissons comme le fondateur d’un mouvement lié à un peuple et une terre : le sionisme. Ilia est un personnage de fiction « hanté » par Herzl, qui par de nombreux  aspects est un personnage de roman.

C’est ainsi que l’ont compris Camille de Toledo et Alexander Pavlenko, l’un romancier et essayiste, l’autre illustrateur né en Russie, pays qu’il a quitté pour les mêmes raisons qu’Ilia : son antisémitisme constant, insidieux (ou pas) qui humilie et détruit. Tous deux ont écrit ce roman graphique qui, selon la formule, se lit comme un roman, mais se dévore aussi planche après planche. On ne saurait dissocier le travail graphique de celui sur le texte, toujours dense, passionnant, qui permet de découvrir les origines d’un rêve et les prémisses d’une désillusion qu’il est devenu, confronté à la réalité.

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Aux alentours de la « montagne » : « Les Misérables », de Victor Hugo

"L‡-bas, dans l'île", par André Gill, "La Lune Rousse" 22 septembre 1878

« L‡-bas, dans l’île », par André Gill, « La Lune Rousse », 22 septembre 1878

« Histoire d’un saint / Histoire d’un homme / Histoire d’une femme / Histoire d’une poupée. »

Voilà ce que sont Les Misérables en 1845, dans un premier plan élaboré à la Chambre des pairs, où Hugo siège. Quand on relit l’œuvre, dans son intégralité, on ne trouve rien à redire.

De cette nouvelle édition établie dans la  » Bibliothèque de la Pléiade  » par Henri Scepi, avec la collaboration de Dominique Moncond’huy pour le dossier consacré aux images, on a beaucoup lu, et beaucoup de choses précises et justes. L’édition de 1951 datait ; de nombreux universitaires, dont on trouvera les références bibliographiques en fin de volume, avaient enrichi notre connaissance de l’œuvre, de son contexte, proposé des éditions Ici et là.

Cette « Pléiade » est une sorte de somme ou de bilan. Mais avec Hugo, rien n’est jamais achevé, ni tout à fait dit. Comme l’écrit des Misérables Bernard Leulliot, « Ce livre est une montagne ; on ne peut le mesurer, ni même le bien voir qu’à distance. C’est-à-dire complet. » Alors prenons quelques chemins de traverse qui mènent au sommet, sans trop nous hâter.

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