« Thérèse Raquin », d’Émile Zola

Émile Zola par André Gill, "L'Éclipse", 16 avril 1876

Émile Zola par André Gill, « L’Éclipse », 16 avril 1876

Petit joyau d’amour noir dans l’écrin monumental de l’œuvre zolienne, Thérèse Raquin a été reçu par la critique, selon les mots même de l’auteur, « d’une voix brutale et indignée« . Ce roman spectaculaire dans lequel Sainte-Beuve lisait « une sorte d’enfer retourné » est tout entier nourri des noirceurs du crime, des chairs vivantes de l’œuvre et se situe à mi-chemin d’une kyrielle de tentations littéraires, de traditions et de tendances esthétiques.

L’édition que propose François-Marie Mourad rend très bien compte des différentes strates de la rédaction et de la réception de Thérèse Raquin, des inspirations de « faits divers » à la destinée de l’œuvre, explorant l’entreprise esthétique et littéraire initiée par Zola, le scandale qu’occasionna sa parution et déchaîna une certaine critique ainsi que l’encrage d’une telle œuvre dans l’histoire artistique du XIXe siècle.

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Germaine de Staël / Maurice Blanchot

Germaine de Staël, par Gérard

Germaine de Staël (1766-1817)

Maurice Blanchot (1907-2003)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La grande opposition de la semaine dans la critique littéraire : une intellectuelle libérale et européenne convaincue – Germaine de Staël – contre un jeune auteur tenté par l’anticonformisme nationaliste – Maurice Blanchot.

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« Le Paris de Malraux », de Jean-René Bourrel

"Le Paris de Malraux", de Jean-René BourrelL’image de Malraux traditionnellement retenue est celle d’un aventurier, d’un voyageur du monde désireux, dans son jeune âge au moins, de s’imposer loin des limites de la vieille Europe, en allant chercher la gloire, et éventuellement la fortune, du côté de l’Orient, dans l’ancien empire colonial et ses périphéries où un jeune homme sans naissance et sans diplôme peut espérer se réaliser.

C’est oublier qu’aux deux extrêmes de sa vie, les premières et les dernières années, et pendant la plus grande partie de sa carrière, Malraux est indissolublement lié à Paris, la ville phare dont il s’éloigne parfois mais vers laquelle il revient toujours.

Le tropisme parisien justifie cet excellent essai que nous donne aujourd’hui, aux éditions Alexandrines dans la collection « Paris des écrivains », Jean-René Bourrel, fin spécialiste de l’écrivain.

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Balzac en questions, l’avant-propos de « La Comédie humaine »

Honoré de BalzacLes premières autorités dont se réclame Balzac sont littéraires et renvoient à ces grands classiques du XVIIe siècle, vénérés depuis le XVIIIe siècle, que sont les « grands auteurs » représentés par les majores Corneille et Molière.

Le titre général de La Comédie humaine est, tout autant qu’une référence à Dante, un hommage explicite à l’œuvre de Molière, considérée, au-delà du genre de la comédie, comme une vaste fresque anthropologique, sociologique et morale, et donc comme un précédent à une entreprise dont le « moyen d’exécution » nouveau (le roman) ne doit pas faire oublier qu’il se rattache à l’ancien projet de connaissance de l’homme.

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« Lire est le propre de l’homme. De l’enfant lecteur au libre électeur »

Dessin d'Alan Mets in "Lire est le propre de l'homme"

Dessin d’Alan Mets in « Lire est le propre de l’homme » © l’école des loisirs, 2012

L’école des loisirs a publié voici quelque temps un recueil de témoignages et réflexions de cinquante auteurs et illustrateurs pour l’enfance et la jeunesse.

Ce manifeste de 192 pages, disponible gratuitement, très largement diffusé, se propose de rappeler l’importance du livre dans le développement de l’enfant et de l’adolescent, ainsi que le lien vital qui existe entre lecture, éducation, liberté et, donc, démocratie.

Comme le souligne Marie-Aude Murail, « ce n’est pas la lecture qui est en danger, ce sont les illettrés ».

Car l’enjeu est bien là : c’est l’éducation du sens critique qui donne aux lecteurs la possibilité de choisir et leur assure d’être des femmes et des hommes libres demain.

l’École des lettres

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Rencontre avec Gerda Muller

Le samedi 29 avril, à partir de 11 h, la librairie Chantelivre accueillera Gerda Muller, auteure d’albums majeurs depuis plus de soixante ans – dont Boucle d’or et les trois ours, Les Quatre Musiciens de Brème...

Une œuvre essentielle qui vaut autant par ses qualités esthétiques et son optimisme que par la richesse de ses scenarii.

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Écriture poétique et quête du sens en première : « Le Spleen de Paris », de Baudelaire

Charles Baudelaire par Nadar

Charles Baudelaire par Nadar

Passer des Fleurs du mal au Spleen de Paris, c’était, pour Baudelaire, s’engager dans une voie esthétique nouvelle qui s’accompagnait d’une inflexion sur le plan idéologique ; le poète entamait ainsi un processus de mise à distance qui l’éloignait encore davantage du romantisme.

Dans la perspective de l’objet d’étude assigné aux classes de première, « Écriture poétique et quête du sens, du Moyen Âge à nos jours », Le Spleen de Paris offre un terrain d’investigation particulièrement fécond dans la mesure où il permet, comme le soulignent les Instructions officielles, de souligner le « rôle du poète, […] aux avant-postes de la littérature et de la culture », d’interroger une pratique particulière de cet « art du langage » qu’est la poésie qui, depuis ses origines, se voyait associée à la fabrique du vers et qui, désormais, s’oriente vers des voies nouvelles.

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