Le multilinguisme en Europe hier et aujourd’hui : un idéal devenu un défi

Le multilinguisme en Eutope

La devise «The more languages you know, the more of a person you are » (« Plus tu connais de langues, plus tu es humain ») a présidé à la première définition très idéaliste du mot « multilinguisme », qui apparaît dans la communication de la commission au Parlement européen du 22 novembre 2005 intitulée « Un nouveau cadre stratégique pour le multilinguisme ».

En 2008, une nouvelle communication, « Multilinguisme : un atout pour l’Europe et un engagement commun », a installé l’objectif du Conseil européen de Barcelone (l’acquisition de deux langues, en plus de la langue maternelle, dès le plus jeune âge) au cœur de la politique de la commission en faveur du multilinguisme.

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Évoquer le massacre des innocents avec une classe de collège et de lycée

Andrée Chédid

Andrée Chédid

Les voix du silence

Mikhail Bakhtine caractérisait le genre poétique comme un art littéraire susceptible de « protéger » ses contemporains « contre l’automatisation du langage ». Privilégiant l’évocation ou la suggestion sur la divulgation explicite d’un message, l’expression poétique touche le lecteur ou l’auditeur d’une façon autrement plus profonde et durable que la communication ordinaire.

Au lendemain des coups de couteaux de Marseille et des rafales mortelles de La Vegas, la poésie a tout lieu d’être remise au premier plan dans le cadre de l’enseignement du français. En effet, elle demeure sans doute, parmi les différentes formes littéraires, celle qui est la plus propice à la réflexion car elle laisse au lecteur une grande liberté d’interprétation.

Mais à quel poète se vouer en tant que professeur de lettres désireux d’évoquer ces jours sanglants ? Beaucoup, en toute légitimité, iront vers Victor Hugo et son poème « L’enfant » extrait des Orientales, croisant leur objectif mémoriel avec des références picturales comme Le Massacre des innocents de Rubens. Pour notre part, nous recommanderons la lecture de l’œuvre d’Andrée Chédid.

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Prévention de la radicalisation : que peut faire l’école ?

Prévention de la radicalisation : que peut faire l’école ?Après chaque attentat, l’École comme institution, mais aussi et surtout les personnes qui l’incarnent, sont soumises à une dissection clinique. Pour comprendre comment un être humain en vient à détruire les autres et à se détruire lui-même, des experts sont invités à
brosser des portraits, à éclairer les zones d’ombre et les points de rupture dans une vie. Les parcours éducatifs des terroristes sont analysés, expertisés et passés au crible.

Alors que le monde tremble, résiste et réplique aux impulsions de l’extrémisme violent, les attentes des États, mais aussi des organisations supranationales envers l’Éducation – et donc l’ensemble de la communauté éducative – se multiplient, se font écho, créent d’autres tensions, ouvrent des béances, révèlent les fragilités mais aussi les possibilités
créatrices, la force d’innovation, la soif de compréhension de chacun et chacune d’entre nous pour mieux affronter, faire face et répondre aux tempêtes futures.

Après avoir présenté les attentes et les contraintes qui pèsent sur le monde de l’éducation, ce dossier ouvre des pistes pour penser autrement la formation des enseignants, explore les champs de l’autoformation et de l’ingénierie pédagogique,
tout en exploitant les opportunités que peuvent offrir les nouvelles technologies pour tenter de répondre aux enjeux que pose la prévention de la radicalisation.

 

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« Le maître est l’enfant », d’Alexandre Mourot : le temps d’apprendre à vivre

Géraud se tait. Circonspect, placide, il promène dans la vaste pièce ses cheveux à l’as de pique, ses yeux noirs amusés et curieux, ses mains croisées dans le dos, sa blouse boutonnée avec soin, sa bouille irrésistible.

Il observe, les objets, les êtres et leurs gestes. Il expérimente, l’aimantation de la limaille de fer, le transport d’une cruche, la chaleur au toucher d’un linge fraîchement repassé, le transvasement de grains de riz dorés d’un récipient à un autre, le goût d’une carotte crue.

Il ramasse scrupuleusement le contenu d’un plateau tombé par terre, se fait repousser d’une main ferme par une fille qui veut lire tranquille, finit par se passionner pour le découpage minutieux de rectangles de papiers blancs.

Quelques mois plus tard, mis en confiance quant à ses propres forces, éclairé sur son propre désir, nourri de son propre mouvement et du spectacle de ceux des autres, Géraud entre dans sa « période sensible » d’intérêt pour les activités de langage. En huit semaines, il saura lire. Un mot simple, pour commencer, et qui éclate dans sa bouche comme un fruit mûr : sac !

Il en jubile, et nous avec lui.

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Journées européennes du patrimoine, jeunesse et formation professionnelle

Journées européennes du pattrimoineLes journées européennes du patrimoine, pour leur 34° édition, étaient placées sous le thème de la jeunesse.

Difficile de parler jeunesse sans parler formation, éducation, et, dans nombre de lieux, édifices ou institutions qui ont joué le jeu de la jeunesse, ces journées sont devenues un hommage à la formation professionnelle.

C’est ainsi que la Sorbonne avait décidé de consacrer dans le hall de son Grand Amphithéâtre l’exposition de quelques réalisations artistiques et techniques d’élèves de bac pro, donnant ainsi un éclairage et une place plus que symbolique à ceux qui participent à leur manière au rayonnement culturel français. Entrant en résonance avec ces productions, certains mots des conférenciers de la Sorbonne rappelaient opportunément que c’est en ces mêmes lieux que se déroule chaque année la remise des prix des meilleurs ouvriers de France.

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L’« École de la confiance », concrètement, quoi de neuf ?

Jean-Michel Blanquer a-t-il lu Pascal ?

« Qu’on ne dise pas que je n’ai rien dit de nouveau : la disposition des matières est nouvelle. Quand on joue à la paume c’est une même balle dont joue l’un et l’autre, mais l’un la place mieux. »

À la lecture de son projet, présenté lors de la conférence de presse du 29 août 2017, Pour l’école de la confiance, on pourrait bien penser, en effet, que la nouveauté est dans la manière plus que dans les matières. Car à quoi ressemblent ses objets d’attention sinon aux thèmes longuement déclinés pas le passé ?

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