L’envers de la crise de recrutement

La rentrée a ramené son invariable lamento sur la crise du recrutement, le manque de profs, les postes non pourvus, la crise des vocations.

Un peu de rigueur ne fait parfois pas de mal et cette crise, à y regarder de près, est moins une crise de recrutement au sens quantitatif (le nombre de candidats) qu’une crise de qualification, au sens de niveau (la qualité des candidats).

C’est tout à l’honneur de l’institution, du ministère et des présidents de jury, de maintenir une barre d’admission décente au risque de ne pas pourvoir tous les postes, qui trouveraient preneurs si l’on était moins regardant sur le niveau.

C’est tout à l’honneur des concours publics de conserver tout leur sens aux notes, mêmes basses, au risque d’indigner les esprits malveillants.

Les postes ne sont donc pas pourvus non parce que l’on manque de candidats (toujours assez nombreux même si l’on en souhaiterait bien sûr davantage), mais parce que l’on maintient des exigences dans des concours qui évoluent, se chargent de nouvelles épreuves, lesquelles sont loin de brader le niveau.

On peut certes rêver de voir à la fois tous les postes pourvus et tous les candidats excellents, mais, soumis au principe de réalité, il faut bien composer et conserver une part de sélection dans les concours, dommageable pour les postes, indispensable pour le niveau.

La crise du recrutement, au demeurant, est à reconsidérer dans la question plus vaste de la formation. Améliorer la préparation des candidats, la formation des néo-titulaires, celle des vacataires est une action concrète et de longue haleine, dont chacun a conscience dans les universités, les ÉSPÉS, et les rectorats en charge des plans académiques de formation.

Le recrutement est peut-être une obsession, mais une obsession encadrée. L’envers de la crise reste, jusqu’à preuve du contraire, le maintien d’une qualité minimale.

Pascal Caglar

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