De la réforme du bac à la réforme des disciplines

De la réforme du bac à la réforme des disciplinesÀ n’en pas douter, la réforme de l’examen du baccalauréat n’est pas une fin, mais un commencement. Pour parler comme Aristote, cette réforme est la cause motrice d’une cause finale qui est  la réorganisation des études secondaires. Ou, pour parler comme Pierre  Mathiot, « la transformation du bac induit la transformation du lycée » (Rapport, Conclusion, p. 49).
Derrière un nouveau diplôme et de nouvelles épreuves se profile un nouveau lycée et une nouvelle organisation des  études, ce que le rapport explicite dans la formule « construire le lycée des possibles« .
Ainsi, si certains discutent de la question des épreuves, si d’autres s’interrogent sur les conséquences de la réforme pour les services des enseignants et l’organisation semestrielle de l’année, plus rares sont ceux qui relèvent l’impact des changements sur les disciplines et les programmes.
Pourtant à l’heure où la réforme est perçue comme une modernisation, où cette modernisation suscite un espoir  bienveillant, ne serait-il pas nécessaire de moderniser aussi les programmes ?

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Le « grand oral », nouvelle épreuve reine du baccalauréat ?

La publication du rapport Mathiot le 24 janvier 2017 permet de progressivement lever le voile sur le profil du baccalauréat voulu par Jean-Michel Blanquer. Parmi les nouveautés envisagées, l’instauration d’un grand oral portant sur un couple de disciplines « majeures » enseignées en classe de terminale retient l’attention.

D’après les premières indications données, il apparaît proche des Travaux Personnels Encadrés (TPE) auxquels les élèves de première sont soumis en fin d’année scolaire. Cependant, le grand oral semble d’une part en renforcer les enjeux chiffrés – l’évaluation comptant pour 15 % de la note finale – et symboliques – trente minutes d’audition, devant un jury de trois personnes comprenant un professeur du lycée d’origine, un autre issu d’un lycée extérieur et un examinateur non-enseignant.

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Vers un bac allégé et « à la carte »? Sondages et stratégies

l y a plus de quarante ans déjà Pierre Bourdieu expliquait que l’opinion publique n’existait pas, qu’elle était une création de toutes pièces des instituts de sondage, qu’elle lissait les véritables différences et qu’elle profitait avant tout au pouvoir politique qui était en fait derrière la commande.

Avec le sondage réalisé en novembre par BVA pour l’Association des parents de l’enseignement libre (APEL), intitulé, La réforme du bac : une attente forte des parents, on est typiquement dans cet engrenage d’opinions fabriquées pour la circonstance et destinées à mettre en marche la réforme du bac sur les bases mêmes voulues par le Ministère.

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Terminale : œuvres et thèmes de référence pour les épreuves de l’enseignement artistique en 2017-2018

La liste des œuvres et des thèmes inscrits au programme de terminale (enseignements de spécialité en série littéraire, options facultatives toutes séries) pour l’année scolaire 2017-2018 et pour la session 2018 du baccalauréat est la suivante :

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Programme de littérature en Terminale L pour l’année 2017-2018

Bertrand Tavernier et Mélanie Thierry lors du tournage de "La Princesse de Montpensier" © StudioCanal, 2010

Bertrand Tavernier et Mélanie Thierry lors du tournage de « La Princesse de Montpensier » © StudioCanal, 2010

Pour l’année scolaire 2017-2018, la liste des œuvres obligatoires inscrites au programme de littérature de la classe terminale de la série littéraire est la suivante :

A. Domaine d’étude « Littérature et langages de l’image »

• Madame de Lafayette, La Princesse de Montpensier, 1662.

• Bertrand Tavernier, La Princesse de Montpensier, film français, 2010.

B. Domaine d’étude « Lire-écrire-publier »

• André Gide, Journal des Faux-Monnayeurs.

• André Gide, Les Faux-Monnayeurs.

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Reprendre des études pour reprendre sa vie en main

Lycée d'adulte de la Ville de Paris« Je ne veux pas rester dans une case. »

« Les emplois auxquels je peux accéder sans diplôme ne m’intéressent pas. »

« La culture, c’est identitaire, ça m’aide à savoir qui je suis. »

« Je veux trouver une porte d’entrée. « 

« Je veux retourner à l’école pour apprendre à écrire et à compter, je ne sais pas où m’adresser. »

Propos recueillis au
Lycée d’adultes de la Ville de Paris.

.Depuis 1980, le Lycée d’adultes de la Ville de Paris, dans le XIVe arrondissement, offre aux adultes qui souhaitent reprendre des études la possibilité de préparer le baccalauréat général, séries L, ES ou S. Né de la volonté politique parisienne en faveur de l’égalité des chances, il s’inscrit dans une longue tradition de formation en cours du soir [1] destinée aux adultes [2].

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La bienveillance en question

Les candidats au bac, série S, signent depuis cette semaine une pétition contre les dernières épreuves de maths qu’ils jugent trop dures (slogan « Arrêtez le carnage »). Certains médias qui relaient cette information ne manquent pas d’ajouter ce commentaire: pourtant plus de  90 % d’entre eux obtiendront leur bac. Traduisez : les épreuves ne sont pas si difficiles puisqu’ils réussissent en masse.

Loin de suggérer la mauvaise foi ou l’inconséquence des candidats, cette protestation lycéenne révèle au contraire l’honnêteté des élèves aux yeux de qui la maîtrise réelle du programme importe plus que sa notation, la réussite personnelle plus que l’évaluation nationale. Leur réaction intègre semble insensible à cette mystérieuse alchimie qui pourtant, année après année, change la boue des épreuves en or des résultats.

Cette transmutation savante s’opère selon un procédé très simple nommé : bienveillance. C’est trop dur mais la note est douce : bienveillance. C’est pas bon mais ça passe : bienveillance. On n’y arrive pas, mais on s’en sort : bienveillance. Ce que nous dit cette fronde lycéenne c’est que trop de bienveillance tue l’estime de soi.

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