Accueillir un « emploi d’avenir professeur » dans sa classe à la rentrée

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Être tuteur d’un emploi d’avenir professeur, c’est accueillir dans sa classe deux stagiaires, encore étudiants, parfois très jeunes – deux ans, trois ans d’écart avec les élèves de lycée et encore étudiants. Cela sous-entend qu’ils n’ont pas d’expérience de l’enseigne-ment, hormis parfois le soutien scolaire et les cours particuliers. Ils sont plongés dans l’apprentissage de la discipline que nous nous enseignons.

Dans le domaine littéraire, ils se situent souvent dans la découverte des courants, des auteurs, mais aussi de la linguistique et de la grammaire par exemple. Leur premier objectif est d’acquérir les connaissances suffisantes pour réussir leurs examens et de maîtriser connaissances et réflexion critique dans le but d’obtenir un diplôme qui leur ouvrira une poursuite d’études universitaires et l’accès aux concours.

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La rencontre avec le tuteur

Qu’est qui leur a donné envie de se projeter vers ce métier ? Quelles représentations s’en font-ils ? Quelles sont leurs motivations ? En quoi cela fait-il écho à leur parcours scolaire ?

Ce sont les questions qui vont se poser pour qu’une rencontre véritable puisse se faire avec leur tuteur, dont la mission sera de leur donner des repères suffisants pour leur intégration dans l’école ou l’établissement et la classe, afin que la confrontation avec la réalité du métier d’enseignant – et du public scolaire – les encourage et les motive à persévérer dans la voie des concours.

 

Donner la confiance et l’espace nécessaire
pour une prise de contact réussie avec la classe

Ils sont donc étudiants, et leur mission n’est pas de prendre en charge des séquences d’enseignement. Il s’agit plutôt de leur donner à la fois la confiance et l’espace nécessaires à une prise de contact réussie avec le quotidien de la classe. Ce passage de l’observation du cours à l’intervention dans la classe est primordial et ne peut être apporté que par le tuteur. Il s’agit de donner quelques clés d’observation qui guident l’analyse de la séance et provoquent la réflexion dans l’échange. Ensuite, le tuteur peut délimiter les modalités d’intervention de son stagiaire : à quel moment du cours, comment, et surtout pourquoi.

Dans mon expérience personnelle, j’ai souhaité assez vite, dès la fin de la première semaine, que les EAP prennent leur place en quittant leur poste d’observation, la table dans les rangs des élèves. Je leur ai donné cette liberté : celle de prendre la parole à tout moment pour compléter ou questionner mon intervention :

– poser une question complémentaire sur un texte, un auteur ;

– apporter un témoignage critique de lecture ;

– apporter des connaissances sur un auteur, partager une passion pour un auteur ;

– compléter une approche méthodologique ;

– répondre à la question d’un élève ;

– témoigner de la vie d’étudiant, sur les cursus, les examens ;

– apporter un éclairage sur les disciplines littéraires enseignées à l’université et la façon dont elles sont enseignées.

 

Définir des modalités d’intervention des EAP dans la classe

Leur intervention, souvent courte et spontanée, parfois programmée, s’est ensuite surtout développée auprès des élèves selon des modalités ritualisées :

– circuler dans les rangs pour observer le travail écrit des élèves ;

– s’asseoir à côté d’un élève pour l’accompagner dans la prise de notes, la lecture d’un document, la reformulation d’une consigne, la mise au travail. Je précise qu’il s’agissait toujours d’un élève qui n’était pas en grande difficulté, et assez autonome. Un étudiant en lettres ne maîtrise pas encore la pédagogie nécessaire pour aider un élève en difficulté, cela reste du ressort de l’enseignant ;

– accompagner des élèves lors de séances de groupes : réguler la parole dans le groupe, apporter un appui méthodologique, encourager l’entraide entre pairs ;

– accompagner les élèves les plus autonomes lors des séances d’écriture sur poste informatique.

Ces modalités simples et précises, reliées à quelques compétences facilement identifiées, ont ancré un rituel très apprécié par les élèves, et ont permis de passionnants échanges.

Thérèse De Paulis

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Cindy Favara et Jordan Schwab, EAP en 2012-2013

Cindy Favara et Jordan Schwab, EAP en 2012-2013

• Voir le témoignage remarquable de deux EAP au terme d’une année d’expérience en lycée professionnel sur ce site. Cet échange, proposé par l’École des lettres pour mieux faire connaître le statut des EAP et l’intérêt du dispositif, passe en revue l’ensemble des questions qui se posent pour une bonne intégration des futurs professeurs dans l’établissement :

– L’orientation vers le professorat.

– Des emplois pour les étudiants boursiers.

– Le lien et la distance avec le cadre universitaire.

– Le service des EAP dans l’établissement.

– La perception des élèves, trouver sa place, la relation avec l’élève.

– L’avenir dans le dispositif.

– La connaissance et la culture.

– La pratique artistique et le théâtre.

– L’élève et la peur d’apprendre.

– Le cursus littéraire et la carrière d’enseignant.

– Enseignement du français et monde du travail.

– L’accueil des EAP dans les établissements, clé de la réussite de la formation de ces jeunes étudiants.

Lire l’entretien.

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