Ce que cache le scandale de la plateforme Admission post-bac

Plateforme Admision post-bacLe tollé provoqué par la procédure d’admission post-bac laisse songeur.

La France médiatique semble découvrir le cas de bacheliers sans affectation, l’existence de tirage au sort, des filières en tension. Et chacun de s’émouvoir, de s’indigner, de vouloir la mort d’APB.

Si les commentateurs étaient un peu plus informés, ils sauraient relativiser ces chiffres et ces faits, les resituer dans l’histoire d’APB, et peut-être poser la vraie question : pourquoi cette soudaine surexposition du problème ? Pourquoi une pareille dénonciation aujourd’hui ? Quel projet derrière ce qui n’est peut-être qu’un prétexte ?

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Une alternative à la routine : les enseignements de l’extrême

Parle-t-on assez des enseignants usés, découragés, démotivés ? Non pas des néo-titulaires qui, paniqués, jettent l’éponge au bout d’un an, mais des anciens, des gradés, des chevronnés, ceux qui, en dépit des échelons acquis et des missions accomplies, éprouvent, après vingt ou trente ans de métier, un malaise, une frustration, une interrogation : à quoi je sers ? À quoi sert mon enseignement ? Qui en profite ? Qui le désire vraiment ?

L’un des problèmes majeurs rencontrés par les enseignants est sans doute le manque de retour, de reconnaissance ou de gratitude de ceux pour qui ils travaillent, élèves, familles et même personnel de direction. Faut-il se dévouer tant d’années pour ne provoquer qu’ennui ou indifférence ?

Une solution existe.

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Le baccalauréat en question à l’heure des résultats

Quand vient le temps des examens et celui des corrections, le baccalauréat amuse beaucoup les réseaux sociaux en alimentant allègrement le registre des faits divers. Copies perdues, pétition d’élèves contre les conditions de passation, bacheliers contraints de recomposer du fait de la divulgation préalable du sujet : la liste serait longue, chaque année plus encore que la précédente, de tous les grippements des rouages de la grosse machine à valider les compétences scolaires de fin d’études secondaires de 80 % d’une classe d’âge : pourcentage confirmé après la session de rattrapage 2017 à quelques décimales près.

Pour autant, ironiser sur les dysfonctionnements du baccalauréat ne suffit pas à remettre en perspective le sens d’un examen à haute valeur symbolique qu’il convient certes de réformer mais pas d’abolir au profit du seul contrôle continu.

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Nouveau brevet, quand la compétence se fait note

diplôme national du brevet 2017La plupart des établissements de France et de Navarre n’ont pas abandonné, malgré la forte pression du ministère, les notes. La plupart des professeurs de France et de Navarre se trouvent donc condamnés à la double tâche d’évaluer leurs élèves par des notes et par des compétences.

Le nouveau brevet a parfaitement acté cette situation puisqu’il invite à évaluer les élèves à la fois par un système de validation des compétences, elle mêmes transformées par le miracle des conseils de classes – et les rectifications opérées par la hiérarchie – en… notes.

Pour faire simple le conseil de classe accorde 400 points. L’épreuve orale nébuleuse qui portait sur les EPI ou les différents « parcours » du collégien vaut 100 points et les quatre épreuves passées par les collégiens au cours de l’examen final rapportent 200 points.

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Collège 2017, le retour du bon sens ?

La réforme des collèges a-t-elle vécu ? Il semblerait que ce soit le cas et les collègues qui s’en plaignent ne devraient pas être pléthore. La réduction des EPI est une bonne nouvelle, elle a engendré des heures de concertations stériles, des projets qui n’ont enthousiasmé que leurs initiateurs et se sont achevés dans une indifférence générale révélatrice.

Quand je cherche en fin d’année les appréciations dévolues aux élèves qui ont travaillé les dits EPI, je constate qu’elles ont été omises sur la majorité des livrets. Le collègue de mathématiques compte sans doute sur le collègue de physique pour les reporter et réciproquement.

Quand les élèves de troisième de mon établissement (plus de deux cents élèves) ont dû présenter leur oral de fin d’année, ils n’étaient en moyenne que deux à trois par classe à choisir les EPI comme support de leur présentation. La plupart ont préféré se concentrer sur leur expérience en entreprise et réaliser un exposé portant sur leur « parcours d’orientation ».

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Collège 2017 : d’une utopie égalitaire à une utopie libérale ?

COLLÈGE 2017Par le canal des associations de professeurs de langues anciennes, par la voie des syndicats enseignants, par les sites professionnels ou spécialisés, l’information est parvenue à tous : le retour à la liberté des enseignements facultatifs du latin au cycle 4, le retour au classes bilangues au cycle 3 et l’assouplissement  du « carcan des EPI ».
Le moins que l ‘on puisse dire c’est que le dénommé « aménagement » de la réforme du collège a été rapide, discret (peu médiatisé) et sans discussion. Tout le contraire de la réforme qui avait été longue à mettre en place, publique, et abondamment discutée. Pas même de véritable temps de mise à l’épreuve ou d’évaluation.
Les enseignants, après bien du temps passé à imaginer  le travail collectif à faire en EPI, se voient inviter à tout abandonner et à revenir aux anciens modes de fonctionnement. Il était urgent de restaurer…

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Innover pour une école plus juste et plus efficace

Innover pour une école plus juste et plus efficaceIl y a à peine un mois, dans l’indifférence générale, le Conseil national de l’innovation pour la réussite éducative (CNIRE), créé en 2013 à la demande du ministère de l’Éducation nationale, remettait son dernier rapport sur les pratiques innovantes.

Ici encore l’objectif – celui qui a été le mot d’ordre du ministère durant tout ce quinquennat – était de lutter contre les inégalités sociales, considérées comme la première et principale tare de notre système éducatif. Dans cet esprit, le comité a voulu mettre l’accent sur les innovations collectives plus que sur les initiatives individuelles, recherchant les effets sur le grand nombre plus que sur des publics privilégiés.

Enfin loin de vouloir prescrire, les rapporteurs se sont voulus observateurs de l’existant, conscients de deux freins au développement optimal de l’innovation : d’une part le sentiment désagréable chez les enseignants d’une injonction officielle à innover, de l’autre l’inévitable encadrement hiérarchique comme les CARDIE ou DRDIE, souvent jugé lourd et décourageant.

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