« Le maître est l’enfant », d’Alexandre Mourot : le temps d’apprendre à vivre

Géraud se tait. Circonspect, placide, il promène dans la vaste pièce ses cheveux à l’as de pique, ses yeux noirs amusés et curieux, ses mains croisées dans le dos, sa blouse boutonnée avec soin, sa bouille irrésistible.

Il observe, les objets, les êtres et leurs gestes. Il expérimente, l’aimantation de la limaille de fer, le transport d’une cruche, la chaleur au toucher d’un linge fraîchement repassé, le transvasement de grains de riz dorés d’un récipient à un autre, le goût d’une carotte crue.

Il ramasse scrupuleusement le contenu d’un plateau tombé par terre, se fait repousser d’une main ferme par une fille qui veut lire tranquille, finit par se passionner pour le découpage minutieux de rectangles de papiers blancs.

Quelques mois plus tard, mis en confiance quant à ses propres forces, éclairé sur son propre désir, nourri de son propre mouvement et du spectacle de ceux des autres, Géraud entre dans sa « période sensible » d’intérêt pour les activités de langage. En huit semaines, il saura lire. Un mot simple, pour commencer, et qui éclate dans sa bouche comme un fruit mûr : sac !

Il en jubile, et nous avec lui.

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Journées européennes du patrimoine, jeunesse et formation professionnelle

Journées européennes du pattrimoineLes journées européennes du patrimoine, pour leur 34° édition, étaient placées sous le thème de la jeunesse.

Difficile de parler jeunesse sans parler formation, éducation, et, dans nombre de lieux, édifices ou institutions qui ont joué le jeu de la jeunesse, ces journées sont devenues un hommage à la formation professionnelle.

C’est ainsi que la Sorbonne avait décidé de consacrer dans le hall de son Grand Amphithéâtre l’exposition de quelques réalisations artistiques et techniques d’élèves de bac pro, donnant ainsi un éclairage et une place plus que symbolique à ceux qui participent à leur manière au rayonnement culturel français. Entrant en résonance avec ces productions, certains mots des conférenciers de la Sorbonne rappelaient opportunément que c’est en ces mêmes lieux que se déroule chaque année la remise des prix des meilleurs ouvriers de France.

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L’« École de la confiance », concrètement, quoi de neuf ?

Jean-Michel Blanquer a-t-il lu Pascal ?

« Qu’on ne dise pas que je n’ai rien dit de nouveau : la disposition des matières est nouvelle. Quand on joue à la paume c’est une même balle dont joue l’un et l’autre, mais l’un la place mieux. »

À la lecture de son projet, présenté lors de la conférence de presse du 29 août 2017, Pour l’école de la confiance, on pourrait bien penser, en effet, que la nouveauté est dans la manière plus que dans les matières. Car à quoi ressemblent ses objets d’attention sinon aux thèmes longuement déclinés pas le passé ?

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Terminale : œuvres et thèmes de référence pour les épreuves de l’enseignement artistique en 2017-2018

La liste des œuvres et des thèmes inscrits au programme de terminale (enseignements de spécialité en série littéraire, options facultatives toutes séries) pour l’année scolaire 2017-2018 et pour la session 2018 du baccalauréat est la suivante :

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Ce que cache le scandale de la plateforme Admission post-bac

Plateforme Admision post-bacLe tollé provoqué par la procédure d’admission post-bac laisse songeur.

La France médiatique semble découvrir le cas de bacheliers sans affectation, l’existence de tirage au sort, des filières en tension. Et chacun de s’émouvoir, de s’indigner, de vouloir la mort d’APB.

Si les commentateurs étaient un peu plus informés, ils sauraient relativiser ces chiffres et ces faits, les resituer dans l’histoire d’APB, et peut-être poser la vraie question : pourquoi cette soudaine surexposition du problème ? Pourquoi une pareille dénonciation aujourd’hui ? Quel projet derrière ce qui n’est peut-être qu’un prétexte ?

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Une alternative à la routine : les « enseignements de l’extrême »

Parle-t-on assez des enseignants usés, découragés, démotivés ? Non pas des néo-titulaires qui, paniqués, jettent l’éponge au bout d’un an, mais des anciens, des gradés, des chevronnés, ceux qui, en dépit des échelons acquis et des missions accomplies, éprouvent, après vingt ou trente ans de métier, un malaise, une frustration, une interrogation : à quoi je sers ? À quoi sert mon enseignement ? Qui en profite ? Qui le désire vraiment ?

L’un des problèmes majeurs rencontrés par les enseignants est sans doute le manque de retour, de reconnaissance ou de gratitude de ceux pour qui ils travaillent, élèves, familles et même personnel de direction. Faut-il se dévouer tant d’années pour ne provoquer qu’ennui ou indifférence ?

Une solution existe.

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