Gloser numériquement un texte

Éclairer un texte par un commentaire est l’une des activités principales du professeur, et ce, à tous les niveaux d’enseignement et dans toutes les disciplines. Cette glose, ce commentaire, c’est soit l’enseignant qui les produisent soit l’élève pour montrer sa compréhension d’un passage précis ou pour justifier une idée, une affirmation.

Rien de nouveau donc, une pratique très ancienne même. Mais que peut apporter le numérique  dans cette démarche ? Quelle plus-value peut-on en attendre ? Nous avons choisi de tester la plateforme anglaise Glose pour commenter des textes avec des élèves lors de formations en établissement.

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Glose.com : une plateforme numérique gratuite pour certains usages,
accessible sur tout support

Il suffit de créer un compte sur Glose.com, de se constituer un « profil » et l’on accède à une librairie, immense, où l’on peut acheter un ouvrage, télécharger ses propres ebooks ou consulter librement 10 %  d’un ouvrage avant de l’acheter, ou non. Cette « librairie » numérique est surtout un lieu de discussion et de partage entre bibliophiles, et c’est sans doute là sa force et son intérêt pour les enseignants.

Tout d’abord, il convient de souligner que les deux pratiques de glose, de commentaires, restent possibles. L’enseignant peut gloser lui-même le texte pour accompagner la lecture de ses élèves, ou demander à ses élèves de gloser un passage qu’il a sélectionné ou qu’ils choisiront eux-mêmes.

Pour cela, il peut se créer un compte personnel (en utilisant au besoin son adresse mail académique) ou créer un compte classe, en utilisant là encore son adresse mail professionnelle, celle de son établissement ou celle du CDI. Si ce sont les élèves qui « glosent » le texte, il est préférable qu’ils se créent un compte. Il peut être intéressant alors de discuter avec eux des règles pour se créer un compte sur un réseau social… et d’aborder ainsi concrètement l’éducation aux médias.

Glose.com propose ainsi de simplifier la création du compte en se connectant avec ses comptes Facebook ou Twitter… C’est une pratique courante, mais est-ce pour autant une bonne idée que de procéder ainsi ? La création du profil est également un temps fort d’éducation aux médias, en permettant une réflexion sur son identité numérique : quelle image de moi vais-je donner, publiquement, en fonction des informations données lors de la création de mes « listes de lecture » ?

Avec les plus jeunes, il est préférable que ces comptes restent des comptes de classe ou de « groupe », du moins des comptes gérés par l’enseignant.

 

"La Divine Comédie", de Dante, avec le commentaire de Benvenuto da Imola. Venise, deuxième quart du XVe siècle. BnF, Manuscrits, italien 78, f° 53v°-54r° © BNF

« La Divine Comédie », de Dante, avec le commentaire de Benvenuto da Imola. Venise, deuxième quart du XVe siècle. BnF, Manuscrits, italien 78, f° 53v°-54r° © BNF

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Des possibilités de commenter un texte « augmentées »

Le texte peut être commenté non seulement avec de l’écrit, mais aussi enrichi de vidéos, de photos. L’intérêt de cet enrichissement est évident pour les élèves les plus en difficultés, mais également de manière générale pour proposer une ouverture complémentaire sur des œuvres artistiques et culturelles, dans l’esprit de l’épreuve d’histoire des arts ou du parcours culturel en collège.

Si ce sont les élèves qui sélectionnent les « enrichissements », c’est l’occasion de les amener à s’interroger sur les droits d’auteurs : peut-on utiliser n’importe quelle vidéo, n’importe quelle image ? Dans la mesure où ils seront amenés à chercher et sélectionner des informations, à les vérifier avant de publier leurs commentaires, l’enseignant fera de l’éducation aux médias et à l’information.

La plateforme Glose.com offre aussi la possibilité de commenter les annotations des autres. Les élèves peuvent échanger entre eux et avec leur enseignant sur leur lecture et leur compréhension d’un texte ou d’un passage. L’occasion d’apprendre les codes d’un commentaire, et ce qu’est la critique : qu’elle n’est pas toujours négative, qu’il convient, quand on a un avis divergent, de l’exprimer avec correction et sans agressivité.

Cette réflexion est aussi un moyen de faire de l’éducation aux médias numériques, en les amenant à réfléchir sur les conséquences que peuvent avoir des commentaires publics sur l’autre, sur celui qui a écrit le texte commenté. Et là encore, il s’agit d’éducation aux médias, et plus largement d’éducation morale et civique.

Manuscrit de "Madame Bovary", de Gustave Flaubert

Manuscrit de « Madame Bovary », de Gustave Flaubert

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Un réseau social de lecteurs

Enfin, la plateforme Glose.com est un réseau social de lecteurs. On a là une communauté bienveillante, attentive, qui commentera le travail de nos élèves. Il est très intéressant de soumettre celui-ci au regard des autres, et de voir leur comportement évoluer : alors qu’un enseignant leur dira toute l’année de corriger les fautes qui émaillent leur texte, sans grande réussite d’ailleurs, le simple fait qu’une « coquille » soit signalée par une personne extérieure, qu’une imprécision soit soulignée, donne plus d’impact à ce commentaire, et les amène à corriger leurs écrits.

Quel plaisir de voir des élèves à qui un membre de la communauté faisait remarquer une faute s’empresser de chercher à la corriger, et surtout se montrer plus vigilant dans ses commentaires ultérieurs.

Participer à une communauté de lecteurs, enrichir des textes, partager son avis, et éduquer aux médias et à l’information, voilà quelques uns des avantages de cette plateforme que nous vous invitons à tester avec vos élèves. Vos appréciations et critiques sont bien sûr attendues.

Delphine Barbirati

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• Le site glose.com.

 

 

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