Une entrée originale pour aborder « Les Fleurs du Mal » et « Le Spleen de Paris » en seconde

Le Chiffonnier

« Le chiffonnier », gravure, in « Mémoires de Monsieur Claude. Chef de la police de sûreté sous le Second Empire », Paris, 1884 © Walter Benjamin Archives

Il n’est pas toujours simple de proposer aux élèves de seconde un fil conducteur stimulant dans le cadre d’une séquence pédagogique. L’idée que nous développerons consistera justement à corréler l’approche littéraire de la poésie baudelairienne avec un travail de recherche autour de la figure du chiffonnier en nous appuyant sur l’ouvrage récent d’Antoine Compagnon, Les Chiffonniers de Paris (Gallimard, 2017).

Il ne s’agira pas ici à proprement parler de proposer une séquence d’enseignement clef en main mais d’indiquer des pistes afin d’alimenter une reconfiguration de séquences existantes sur l’œuvre de Baudelaire.

Dans la perspective non plus d’une seule séquence mais de deux séquences corrélées – par exemple, une première sur le roman balzacien et une seconde sur la poésie baudelairienne –, la recherche engagée sur la figure du chiffonnier en littérature et dans les arts pourra constituer un fil conducteur pertinent.

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« Lait et Miel », de Rupi Kaur, un exemple de poésie populaire au XXIe siècle

Qui aurait jamais cru qu’un recueil de poèmes puisse, aujourd’hui, se vendre à plus d’un million d’exemplaire ? C’est pourtant la performance qu’a réalisé la jeune poétesse Rupi Kaur, âgée d’à peine vingt-quatre ans. Son recueil, Milk and Honey – traduit sous le titre Lait et Miel aux éditions Charleston –, a été inscrit parmi la liste des best-sellers du New York Times, pour s’être écoulé à plus d’un million quatre cent mille exemplaires.

Il faut dire que la jeune femme est parfaitement représentative de son époque : émigrée sikhe originaire du Pendjab, elle s’est établie à Toronto avec ses parents alors qu’elle n’avait que quatre ans. Elle a subi les désillusions que peut connaître une petite fille de couleur dans un pays où le machisme n’a pas totalement disparu et où les Blancs sont majoritaires. Femme issue d’une culture qui accorde la prééminence aux mâles, son pays d’adoption l’autorise néanmoins à prendre du recul et sa poésie est d’abord le fruit d’une revendication féministe.

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Évoquer le massacre des innocents avec une classe de collège et de lycée

Andrée Chédid

Andrée Chédid

Les voix du silence

Mikhail Bakhtine caractérisait le genre poétique comme un art littéraire susceptible de « protéger » ses contemporains « contre l’automatisation du langage ». Privilégiant l’évocation ou la suggestion sur la divulgation explicite d’un message, l’expression poétique touche le lecteur ou l’auditeur d’une façon autrement plus profonde et durable que la communication ordinaire.

Au lendemain des coups de couteaux de Marseille et des rafales mortelles de La Vegas, la poésie a tout lieu d’être remise au premier plan dans le cadre de l’enseignement du français. En effet, elle demeure sans doute, parmi les différentes formes littéraires, celle qui est la plus propice à la réflexion car elle laisse au lecteur une grande liberté d’interprétation.

Mais à quel poète se vouer en tant que professeur de lettres désireux d’évoquer ces jours sanglants ? Beaucoup, en toute légitimité, iront vers Victor Hugo et son poème « L’enfant » extrait des Orientales, croisant leur objectif mémoriel avec des références picturales comme Le Massacre des innocents de Rubens. Pour notre part, nous recommanderons la lecture de l’œuvre d’Andrée Chédid.

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« Au creux de la main », les voies poétiques de PJ Harvey

PJ Harvey & Seamus Murphy, "Au creux de la main"Quand le rythme cherche la rime

En préface à une anthologie qui date maintenant du siècle dernier, Jeanne Bourin constatait un peu amère que la poésie avait cédé le pas à la chanson, que le « rythme l’[avait] emporté sur la rime ». Les poètes transformés en « chercheurs de laboratoires » étaient devenus inaudibles.

Que dirait-elle aujourd’hui ? Il y a un an les jurés du Nobel consacraient Bob Dylan, sacre paradoxal qui a divisé les intellectuels. Mais qui a confirmé l’intuition de Jeanne Bourin : et si la poésie se cachait quelque part dans les rythmes de la musique populaire ?

Aujourd’hui c’est PJ Harvey, artiste confirmée du rock contemporain – deux fois primée par le prestigieux Mercury Prize –, qui publie chez l’Âge d’homme un recueil de poèmes intitulé Au creux de la main. The Hollow of the hand est en fait sorti en 2015 ; la traduction, si elle n’est pas des plus brillantes, aura le mérite de faire connaître une œuvre étrange et poignante, située au carrefour d’influences et de genres divers.

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Et si écouter lire était aussi le propre de l’homme ?

Jean-Michel Blanquer, alors tout récent ministre de l’Éducation nationale, s’est engagé au mois de juin 2017 à offrir à 150 000 élèves de CM2, dans le cadre de l’opération « Un livre pour les vacances », un recueil de fables choisies de Jean de La Fontaine. Il bénéficiait en cela de la bénédiction du fabuliste, qui, dans sa préface de 1668, recoupait l’avis de Platon concernant Ésope : « Il souhaite que les enfants sucent ces fables avec le lait ; il recommande aux nourrices de les leur apprendre. »

Cette initiative se doublait de vertus pratiques dans la mesure où une version « audio » de ces fables est téléchargeable sur le site Eduscol.

Il est ainsi possible pour l’élève non seulement de lire une partie d’une œuvre littéraire patrimoniale mais également de l’écouter interprêtée par le comédien Michel Elias. Or, c’est certainement la question de l’écoute du livre ou, si l’on préfère, de la reconquête du texte par l’oreille que la proposition ministérielle vient indirectement de relancer.

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Rencontre avec des « Voix vives » du Festival de Sète

Festival de poésie Voix vives, de Méditerranée en MéditerranéePlus de cent voix se sont croisées fin juillet à Sète, devenue une véritable Babel bruissant des accents multiples de la Méditerranée et au-delà, traduites par des lecteurs et souvent accompagnées de musiciens (dont le splendide accordéon de Carlos Lopes) ou de chanteurs, sans oublier les conteurs dont le magnifique Rachid Akbal donnant vie lui aussi, aux « mythes fondateurs » en y associant son auditoire…

Impossible donc d’en faire état de manière exhaustive mais tous ont nourri l’imaginaire et les lieux investis dans Sète.

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Écriture poétique et quête du sens en première : « Le Spleen de Paris », de Baudelaire

Charles Baudelaire par Nadar

Charles Baudelaire par Nadar

Passer des Fleurs du mal au Spleen de Paris, c’était, pour Baudelaire, s’engager dans une voie esthétique nouvelle qui s’accompagnait d’une inflexion sur le plan idéologique ; le poète entamait ainsi un processus de mise à distance qui l’éloignait encore davantage du romantisme.

Dans la perspective de l’objet d’étude assigné aux classes de première, « Écriture poétique et quête du sens, du Moyen Âge à nos jours », Le Spleen de Paris offre un terrain d’investigation particulièrement fécond dans la mesure où il permet, comme le soulignent les Instructions officielles, de souligner le « rôle du poète, […] aux avant-postes de la littérature et de la culture », d’interroger une pratique particulière de cet « art du langage » qu’est la poésie qui, depuis ses origines, se voyait associée à la fabrique du vers et qui, désormais, s’oriente vers des voies nouvelles.

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Évoquer le 13 novembre 2015 avec les classes de collège ou de lycée

Paris, place de la République, 22 novembre 2015

Paris, place de la République, 22 novembre 2015

Mikhail Bakhtine caractérisait le genre poétique comme un art littéraire susceptible de protéger ses contemporains de l’« automatisation du langage ». Privilégiant l’évocation ou la suggestion sur la divulgation explicite d’un message, l’expression poétique touche le lecteur ou l’auditeur d’une façon autrement plus profonde et durable que la communication ordinaire.

En ce jour de commémoration des attentats du 13 novembre 2015, la poésie peut être mise au premier plan. En effet, parmi les différentes formes littéraires, elle demeure celle qui est la plus à même à faire penser du fait de la mission interprétative qu’elle attribue au lecteur.

Mais vers quel poète se tourner pour évoquer en cours de français ce vendredi sanglant durant les jours à venir ? Beaucoup, en toute légitimité, iront vers Victor Hugo et son poème « L’enfant » extrait des Orientales, croisant leur objectif mémoriel avec des références picturales comme Le Massacres des innocents de Rubens.

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