Insurrection populaire et littérature : apprendre avec Flaubert, Zola, Hugo

Delacroix, « La Liberté guidant le peuple » © Musée du Louvre

L’actualité rend souvent curieux de jeter des ponts avec le passé, et l’éducation par vocation est invitation à sortir des bornes du présent pour engager un dialogue avec des époques plus anciennes.

Si la littérature française a été pour le XXe siècle plus attirée par les guerres et conflits majeurs (guerre d’Espagne, guerres d’indépendance, histoire des communismes) que par les insurrections et mouvements populaires nationaux, laissant au cinéma le soin d’aborder le Front populaire (La vie est à nous, de Jean Renoir ; La Belle Équipe, de Julien Duvivier) ou Mai 68 (La Chinoise, de Jean-Luc Godard ; L’An 01, de Jacques Doillon), les plus grands auteurs du XIXe siècle n’ont pas manqué d’évoquer et étudier les soubresauts de l’histoire de leur siècle : révolution de 1830, journées de 1832, insurrection des Canuts (1834), révolution de 1848, Commune de Paris de 1871 : Chateaubriand, Flaubert, Hugo, Zola, Vallès ont tous laissé des textes bien connus des professeurs de français et utiles à rappeler.

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« Enfances », de Marie Desplechin et Claude Ponti

Quand deux monstres sacrés de la littérature de jeunesse se rencontrent, qu’est-ce qu’ils se racontent ? Naturellement des histoires d’Enfances. Enfances avec un E majuscule, il va sans dire. Marie Desplechin, avec sa plume de romancière attentive à la vraie vie de tous ceux que l’on surnomme communément les gosses ou les ados, Claude Ponti avec son univers graphique reconnaissable entre tous, avaient ainsi envie de retrouver non « les verts paradis des amours d’enfance » dont parle le poète mais bien les moments clefs où de futurs grands destins historiques ou légendaires ont transformé la catastrophe annoncée de leur existence en promesse d’avenir pour eux et pour les autres.

Au programme de ce livre écrit à quatre mains, soixante-deux enfances sur les trois-cent soixante douze envisagées dans une première liste !

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Acheter un livre : à propos de la géographie littéraire

Les libraires sont des commerçants. Ils travaillent avec des représentants, ils vendent des livres à des clients, ils remboursent des emprunts, ils calculent leur chiffre d’affaires, dans une tension permanente entre la stabilité du fond et la fluctuation des nouveautés ;
mais ce sont surtout des lecteurs qui défendent les livres qu’ils aiment,
des animateurs qui invitent les écrivains qu’ils soutiennent,
des acteurs de la littérature,
les libraires sont des intercesseurs.

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La théorie des ensembles. À propos de l’histoire littéraire

Nos bibliothèques racontent une histoire qui ne correspond pas à l’histoire de la littérature, qui ne peut pas coïncider avec elle parce qu’elle est l’histoire de notre vie.

Et si nous sommes capables à peu près de situer ces livres dans l’histoire de la littérature, et capables à peu près de situer l’histoire de la littérature dans l’histoire de France, nous sommes plus capables encore de les situer dans l’histoire de notre vie puisque ce sont eux, davantage peut-être que les photographies, qui nous permettent de reconstituer les voix et les visages, les émotions qu’ils soulevaient en nous.

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Les auteur(e)s jeunesse face aux médias

Question pour un salon, Montreuil 2018

Le Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil fournit année après année la preuve que l’objet-livre possède fondamentalement une vertu communicative, capable qu’il est de faire parler les uns avec les autres, auteurs, lecteurs, parents, enfants, mais aussi éditeurs, professeurs, professeurs documentalistes, bibliothécaires ou libraires, et ce quel que soit l’âge de chacun.

Ici sont en première ligne les figures de proue du livre jeunesse comme Marie Desplechin, Marie-Aude Murail ou Claude Ponti, armés de leur mine de plomb ou de leur plume d’encre pour des séances ininterrompues de dédicaces.

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Perdre un livre. À propos de l’histoire littéraire

Les nouveaux programmes de français pour le lycée redonnent toute son importance à l’histoire littéraire. Celle-ci doit permettre d’expliquer aux élèves comment les écrivains se situent dans l’histoire générale de la France et comment ils se situent les uns par rapport aux autres, dans une logique de continuité ou dans une logique de rupture, et pour parler en termes plus contemporains dans une logique de conservation ou dans une logique de disruption.

Cela revient à dire que la chronologie est une notion centrale dans l’apprentissage de la littérature et tout cela serait merveilleux s’il s’agissait en effet d’une chronologie ludique, si les nouveaux programmes permettaient de jouer avec la notion de chronologie et de manipuler cette notion pour en analyser les fondements et les principes. Mais en l’occurrence il ne s’agit pas de n’importe quelle sorte de chronologie. Il ne s’agit pas d’une chronologie à plusieurs vecteurs.

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