Se souvenir du 13 novembre 2015 avec une classe de collège

Trois ans après, les plaies des attentats du 13 novembre restent vives. Cette effroyable vague de violence en plein Paris a pour longtemps touché le cœur de la République française.

Or, pour un professeur, à chaque date « anniversaire », comme celle aussi du 7 janvier 2015, jour de l’attentat contre Charlie Hebdo, une interrogation resurgit. Faut-il embrayer sur ces sujets douloureux avec les élèves ou les laisser appréhender seuls et/ou avec leurs parents la rétrospection de faits ?

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« Le Feu », d’Henri Barbusse : une approche pluridisciplinaire au collège et au lycée

"Le Feu", d'Henri Barbusse, "Classiques abrégés"

« Le Feu », d’Henri Barbusse, « Classiques » de l’école des loisirs

La lecture du Feu, qui touchera collégiens et lycéens, est particulièrement recommandée pour la classe de troisième. Les élèves doivent, en effet, s’attacher aux « formes du récit aux XXe et XXIe siècles », et notam­ment aux « romans et nouvelles des XXe et XXIe siècles porteurs d’un regard sur l’histoire et le monde contemporains ».

Il s’agit néanmoins d’une œuvre exigeante, même dans sa version abrégée, dans la mesure où le récit ne propose ni chronologie linéaire, ni focalisation unique. Sa lecture s’inscrit en outre pleinement dans le thème transversal au pro­gramme d’histoire : « Les arts, témoins de l’histoire du monde contemporain » (BOÉN, n° 42 du 14 novembre 2013).

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La Grande Guerre à l’école primaire à travers la littérature et les arts

Le blog du CM2 de l’école Sévigné, à Narbonne

Depuis quelques jours ont lieu partout en France des commémorations célébrant la fin de la Grande Guerre et les médias proposent de multiples articles et reportages… Dans les écoles, chaque classe de CM2 peut mettre à profit la date du 11-Novembre pour expliquer ce qu’est l’armistice et évoquer la première guerre mondiale.

Jusqu’aux programmes de 2016, les leçons d’histoire concernant 1914-1918 dans les manuels scolaires étaient descriptives et linéaires, allant de l’assassinat de l’héritier du trône d’Autriche-Hongrie à Sarajevo à la signature de l’armistice dans un wagon de chemin de fer à Rethondes dans la forêt de Compiègne.

Les enseignants ont désormais pour rôle d’amener les enfants à mieux connaître et comprendre les événements du passé en devenant eux-mêmes de véritables investigateurs de cette période, par la découverte des traces du passé dans leur propre environnement. Cette démarche proactive nécessite une mutualisation des connaissances dont les recherches sont grandement facilitées de nos jours par l’outil numérique. Elle permet aux élèves de mener à leur niveau un passionnant travail de jeunes enquêteurs-historiens.

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« Métamorphoses des Imaginaires et représentations de l’Orient, questions de regard(s) »

« La Liberté guidant le peuple » (I), lycée François-Truffaut © Maurizio Montobbio, 2018

Depuis trois ans, les élèves du lycée professionnel tertiaire François-Truffaut (Paris 3e) sont accueillis par le Musée national Eugène-Delacroix. Le projet Métamorphoses leur propose, encadré par leur professeur de Lettres-Histoire, de réinterpréter les œuvres et de les restituer sous forme de mises en scène filmées.

Les œuvres sont ainsi « métamorphosées », tout comme les jeunes qui sont force de proposition, acteurs, metteurs en scène, costumiers, techniciens, en participant activement à la conception et à la réalisation de vidéos.

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« À l’Est la guerre sans fin, 1918-1923 ». Aux racines du siècle présent

Le 11 novembre 1918, la guerre s’achevait sur le front de l’Ouest, entre les Allemands, les Français et leurs alliés. Nous avons pris l’heureuse habitude de célébrer cet armistice, et la célébration prendra cette année un tour très particulier.

Nous célébrons la paix, même si nous savons qu’elle aura été de courte durée, ne serait-ce qu’en raison de l’absence de l’Allemagne vaincue à la table des négociations de 1919, pour la signature du Traité de Versailles. D’autres pays étaient présents, dont on découpait les territoires, avec plus ou moins de justesse ou de justice.

Dans ces pays d’Europe centrale et orientale, des Balkans ou du Levant autrefois ottoman, les armes ne s’étaient jamais tues, les massacres ne s’étaient pas interrompus, les mouvements migratoires se poursuivaient : les réfugiés qui allaient d’un lieu à l’autre à travers l’Europe étaient environ douze millions.

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« Darnand, le bourreau français », de Bédouel et Perna

Le héros se définissait dans l’Antiquité comme un demi-dieu ou un homme célèbre divinisé. Certains brillaient par leur force, d’autres par leur intelligence ou leur beauté, la plupart étaient pourvus de tous ces dons et atours. Faisant montre d’un courage extraordinaire, le héros se distingue par ses exploits surtout guerriers.

Quelques-uns avaient aussi leur talon d’Achille et ont brillé par leur destin tragique. Ils deviennent pour cela les personnages principaux d’œuvres littéraires, des héros (ou héroïnes) d’histoires, de contes à valeur d’édification. Mais le héros, figure positive s’il en est, ne se définit qu’à partir de ceux qui en déterminent la nature héroïque. Les valeurs qu’il défend et ceux qui l’admirent ne se distinguent pas toujours par leur humanisme.

C’est à ce paradoxe que se sont attaqués Bédouel et Perna en prenant comme terrain de réflexion la biographie d’un des personnages les plus sombres de notre histoire nationale du XXe siècle, Joseph Darnand (1897-1945).

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« Le Monarque des ombres », de Javier Cercas

« Le Monarque des ombres », de Javier CercasQuelle image d’Achille ?

On lira sur la couverture du Monarque des ombres, la mention de « roman ». Cette classification générique surprendra qui lira ce livre, et pourtant l’histoire de Manuel Mena, grand-oncle de Javier Cercas, comme les circonstances de sa mort peuvent ressortir du romanesque.

Le jeune homme avait dix-neuf ans quand il est tombé sur le front de l’Ebre, en 1938. « Blanquita », la mère de l’auteur narrateur ne s’est jamais remise de cette mort, même si les larmes pour le pleurer ne venaient pas. Il est resté cet absent, ce mystère, dont Javier Cercas rechigne à explorer la courte vie.

Manuel Mena a combattu dans le camp franquiste, celui de la Phalange, pour être précis. Il appartient au « paradigme de l’héritage le plus accablant de ma famille », écrit Cercas.

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L’enseignement de la Grande Guerre de 1914 à nos jours. Entretien avec Benoit Falaize

Cahier d’élève, 20 mai 1916 © Musée national de l’éducation.

Depuis 2013, les commémorations du Centenaire de la Première Guerre mondiale ont suscité à tous les niveaux d’enseignement une riche mobilisation de la communauté éducative. De multiples projets pédagogiques pluridisciplinaires portant sur ce conflit majeur et ses effets à long terme sur la société française et le monde ont été proposés sur l’ensemble du territoire. L’École s’est ainsi emparée d’un sujet dont des traces profondes se retrouvent encore dans les histoires familiales comme dans la vie locale.

Benoit Falaize, inspecteur général de l’Éducation nationale, auteur d’une thèse consacrée à l‘Histoire de l’enseignement de l’histoire à l’école élémentaire, de la Libération à nos jours (Presses universitaires de Rennes), a bien voulu répondre, pour l’École des lettres, aux questions d’Alexandre Lafon, conseiller pour l’action pédagogique auprès de la Mission du centenaire de la Première Guerre mondiale, sur l’évolution de l’enseignement du conflit, de 1914 à nos jours.

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