Prévention de la radicalisation : que peut faire l’école ?

Prévention de la radicalisation : que peut faire l’école ?Après chaque attentat, l’École comme institution, mais aussi et surtout les personnes qui l’incarnent, sont soumises à une dissection clinique. Pour comprendre comment un être humain en vient à détruire les autres et à se détruire lui-même, des experts sont invités à
brosser des portraits, à éclairer les zones d’ombre et les points de rupture dans une vie. Les parcours éducatifs des terroristes sont analysés, expertisés et passés au crible.

Alors que le monde tremble, résiste et réplique aux impulsions de l’extrémisme violent, les attentes des États, mais aussi des organisations supranationales envers l’Éducation – et donc l’ensemble de la communauté éducative – se multiplient, se font écho, créent d’autres tensions, ouvrent des béances, révèlent les fragilités mais aussi les possibilités
créatrices, la force d’innovation, la soif de compréhension de chacun et chacune d’entre nous pour mieux affronter, faire face et répondre aux tempêtes futures.

Après avoir présenté les attentes et les contraintes qui pèsent sur le monde de l’éducation, ce dossier ouvre des pistes pour penser autrement la formation des enseignants, explore les champs de l’autoformation et de l’ingénierie pédagogique,
tout en exploitant les opportunités que peuvent offrir les nouvelles technologies pour tenter de répondre aux enjeux que pose la prévention de la radicalisation.

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Pour des programmes ouverts sur la littérature européenne

La littérature européenne,
un secteur encore marginal

Pascal Caglar posait il y a peu dans le numéro de rentrée de l’École des lettres la question de savoir quelle la place il convient de donner à la littérature européenne dans les programmes, s’appuyant sur une recommandation de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe qui considère la littérature européenne comme « un instrument incontournable de la consolidation d’une conscience européenne ».

Il s’interrogeait avec pertinence sur la manière d’aborder le fait littéraire européen dans nos enseignements et montrait comment les programmes autorisent une ouverture sur la littérature européenne, tout en se demandant s’il était pertinent d’envisager un tel enseignement.

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Quelle place pour la littérature européenne à l’école ?

Quelle place pour la littérature européenne à l’école ?En avril 2008, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe a adopté à l’unanimité une recommandation visant à promouvoir l’enseignement de la littérature européenne dans les lycées et les collèges. Elle préconise l’introduction de programmes spécifiques adaptés à tous les niveaux visant à soutenir l’éducation à la citoyenneté européenne, la sensibilisation au pluralisme linguistique et à la diversité culturelle.

Le Parlement européen précise que cet enseignement ne doit pas se substituer à celui de la littérature de langue maternelle, mais se faire en parallèle, de manière à renforcer globalement les enseignements littéraires et artistiques dans les pays membres. Ce qui doit s’accompagner d’un encouragement aux traductions de textes anciens et contemporains, ainsi que d’un soutien aux anthologies ou autres manuels de littérature contemporaine.

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Pisa 2015 : les recommandations de l’OCDE

ocde-pisa-2015Un défi pour le système éducatif français

L’enquête Pisa 2015 ne se borne pas à un classement et à quelques commentaires qui font éphémèrement la une des médias. C’est aussi une série de recommandations détaillées que les observateurs n’ont pas lues et qui pourtant ont bien les allures d’un programme électoral pour l’Éducation nationale.

Le ministère s’est en effet beaucoup fait l’écho de cette dernière enquête, reconnaissant ouvertement les conclusions – « la France est le pays du grand écart », « la France est le pays de la reproduction » –, pour mieux justifier la politique de réforme en cours, politique éducative d’ailleurs félicitée par Gabriela Ramos, conseillère à l’OCDE : « La France a déjà mis en œuvre des réformes qui vont dans la bonne direction. »

En d’autres termes, « choc Pisa » et refondation de l’école sont mis en regard, le premier justifiant le second, le premier orientant le second. C’est pourquoi il importe de lire attentivement ces recommandations, présentées comme des défis, au nombre de quatre, et assortis d’exemples de bonnes pratiques internationales.

À l’horizon, c’est l’uniformisation des modes d’enseignement qui est visée idéalement à l’échelle mondiale.

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Comment l’école amplifie-t-elle les inégalités sociales et migratoires ?

cnesco-inegalites

Il y a certaines vérités qui gênent. On feint de ne pas croire, de ne pas savoir, de minimiser, mais il arrive un moment où il n’est plus possible de ne pas entendre : avec le dernier rapport du Conseil national d’évaluation du système scolaire (Cnesco) Comment l’école amplifie les inégalités sociales et migratoires ? plus question d’ignorer le problème et de différer les réponses.

Le rapport est clair : le problème n’est pas l’existence d’inégalités au sein de l’école, l’information ne serait pas nouvelle, mais bien l’augmentation, l’aggravation de ces inégalités tout au long du parcours scolaire.

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L’école au lendemain du Brexit

L'école au demain du BrexitLe Brexit a ébranlé l’Europe. Il a lézardé ce rêve d’unité et de communauté, construit sur les vestiges de la Seconde Guerre mondiale. L’Europe a du mal à croire qu’un de ses membres puisse faire ainsi le choix de la quitter… Les répercussions du Brexit se font sentir dans chacun de nos pays.

Cette violente onde de choc a réveillé tous ceux qui pensaient que l’Europe allait de soi, qu’elle ne serait jamais vraiment remise en question, que les peuples préféreraient toujours cette unité au repli sur eux… Devant cet événement, que peut dire l’école ?

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Comment devenir vraiment professeur de lettres ?

Comment devenir vraiment professeur de lettres ?Compétences et formation
professionnelles : sortir du flou

À quelques semaines des tragiques attentats perpétrés en 2015 par de jeunes Français pourtant passés par le parcours de culture scolaire commune et les attentes du « socle commun 2005 », avec ses sept compétences (connaissances, savoir-faire, attitudes…), on ne peut éviter de s’interroger sur la situation, déjà analysée par l’historien Jean-Pierre Vernant dans « Entre mythe et politique » (Seuil, 1996) : « Il y a aujourd’hui comme une dispersion des individus ; et, en même temps, un consensus relatif de la part du corps social, pour accepter des phénomènes d’exclusion. »

À quelques mois aussi de la mise en application de la réforme du collège, des nouveaux programmes et du nouveau socle (BOÉN n° 17 du 23 avril 2015), il est légitime de s’interroger sur les priorités à mettre en œuvre pour la formation professionnelle non seulement des futurs enseignants de lettres, mais aussi des professeurs actuels, par les formateurs, tuteurs, accompagnateurs et inspecteurs.

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