Ré-enseigner la langue au lycée : le défi des nouveaux programmes

Si les nouveaux programmes de français au lycée pour les classes de seconde et de première se caractérisent par différents traits distinctifs dont la revalorisation de l’histoire littéraire, ils se singularisent notamment par rapport à ceux en cours jusqu’à juin 2019, par la place qu’ils accordent à l’étude de la langue.

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Humanités, littérature et philosophie : un enseignement de spécialité repoussoir ?

Les faits parlent d’eux-mêmes, les classes de Première L se dépeuplent à vitesse grand V. Il était donc attendu que l’architecture du nouveau baccalauréat réactive l’intérêt pour les humanités en offrant des options attractives.

L’enseignement de spécialité d’humanités, littérature et philosophie de la classe de première de la voie générale dont le programme a été mis à jour par l’arrêté du Journal officiel du 17 janvier 2019 remplit-il vraiment ce contrat ?

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Le nouveau bac : simplification ou complication des parcours ?

Le nouveau bac est là. Juste à l’heure de Noël. Comme un cadeau sous le sapin. Dépliez-le. Regardez comme il est beau. C’est un jeu de construction.

On construit son parcours. En toute liberté.Trois spécialités en Première, deux spécialités en Terminale. Un enseignement facultatif en bonus. Le tout  monté sur un socle de culture commune.

Les pièces du jeu sont listées comme sur une notice ikea, il n’y a qu’à  prendre, emboîter, combiner…

Mais est-ce vraiment un cadeau ?

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Sur la suppression du sujet d’invention au baccalauréat

Le sujet d’invention, inscrit à partir de 2002 à l’épreuve anticipée du baccalauréat, souffre de plusieurs défauts qui ont déjà été relevés par les recherches menées sur les pratiques enseignantes. L’annonce de la réforme du baccalauréat par le Ministre de l’Éducation Nationale, suite au rapport Mathiot, a donc fait naître, chez les didacticiens et les chercheurs en littérature que nous sommes, de justes espoirs de correction de ces défauts.

En revanche, l’annonce qui circule de la suppression pure et simple du sujet d’invention apparaît terriblement à contre-courant d’un bilan pondéré et de la dynamique engagée dont nous voulons témoigner ici. Il nous tient donc à cœur de souligner, en quelques grands points, les arguments à retenir pour la réflexion collective, sereine et nuancée, qui ne manquera pas de présider à la nouvelle mouture de l’épreuve anticipée du baccalauréat.

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Programme de littérature en Terminale littéraire pour l’année scolaire 2018-2019

"Hernani", de Victor Hugo

Pour l’année scolaire 2018-2019, la liste des œuvres obligatoires inscrites au programme de littérature de la classe terminale de la série littéraire est la suivante :

• Domaine d’étude « Littérature et langages de l’image » :

– Madame de Lafayette, La Princesse de Montpensier, 1662.

– Bertrand Tavernier, La Princesse de Montpensier, film français, 2010.

• Domaine d’étude « Lire-écrire-publier » :

– Victor Hugo, Hernani, 1830.

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Gide, « Les Faux-Monnayeurs », la critique et l’histoire littéraire

André Gide par Félix Valloton

André Gide par Félix Valloton

L’inscription de l’œuvre de Gide au sein de la question « Lire, écrire, publier », nous rappelle que la vie de l’auteur qui enjambe le XIXe siècle pour asseoir sa réputation au XXe a accompagné l’essor de l’édition moderne.

Tandis que sa carrière progresse, c’est toute l’édition qui change et Gide joue plusieurs rôles à mesure que le siècle avance et que la discipline de la critique littéraire et universitaire se déploie. Il accompagne cette Histoire littéraire et, de plus, contribue à la façonner à travers ses activités au sein de la NRF, et comme écrivain, conscient de son image et influent. Pour mieux comprendre le parcours de Gide, il faut chercher à travers les différentes histoires littéraires la place qui lui est faite ainsi que les mots utilisés par la critique pour caractériser son évolution.

Voici donc un rapide panorama des rapports entre histoire littéraire, critique et Gide, son rapport à lui-même et aux autres à travers les pages de ses journaux et, enfin, le contrôle de son image à travers les représentations qui sont faites de l’écrivain.

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Faut-il brûler l’écriture d’invention?

Georges Perec, manuscrit de "La Vie, mode d'emploi" © BNF

Georges Perec, manuscrit de « La Vie, mode d’emploi » © BNF

L’écriture d’invention, l’une des trois épreuves au choix au baccalauréat anticipé de français, pourrait, dit-on, disparaître avec la mise en place de la réforme du baccalauréat 2021.

Que le sujet d’invention ait un bilan mitigé, c’est un fait, mais il importe de comprendre pour quelles raisons, de rappeler quelle était son ambition, et de le resituer dans une histoire plus large de l’enseignement du français au lycée. C’est à ce prix seulement que chacun pourra comprendre en quoi cette approche pourrait renouveler en profondeur les études de lettres en France et leur redonner du sens.

Si l’on veut poursuivre l’apprentissage de l’écriture en veillant à ce que tous accèdent à une expression personnelle riche et autonome, si l’on veut véritablement donner accès à la littérature aux élèves, c’est-à-dire cultiver conjointement plaisir d’écrire et plaisir de lire, alors il est indispensable de repenser l’exercice et même de lui donner une tout autre ampleur.

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