« Partage de Midi », de Paul Claudel, au Théâtre national de Strasbourg

"Partage de Midi", de Paul Claudel, mise en scène d'Éric Vigner © TNS, Jean-Louis Fernandez

« Partage de Midi », de Paul Claudel, mise en scène d’Éric Vigner © TNS, Jean-Louis Fernandez

Du 5 au 19 octobre, le Théâtre national de Strasbourg (TNS) a présenté une nouvelle mise en scène d’une des grandes pièce du XXe siècle, Partage de Midi. Ce drame a été écrit par Claudel en 1905, immédiatement après sa rencontre avec la femme de sa vie, Rosalie Vetch, et la trahison de celle-ci, aventure dont la pièce est la transposition scénique. Mais, pour des raisons morales privées, Claudel a retardé de voir son œuvre sur scène, jusqu’à ce que Jean-Louis Barrault la monte enfin, dans une seconde version allégée, en 1948, avec Edwige Feuillère dans l’unique rôle féminin, Ysé.

Depuis cette création qui a fait date, plusieurs autres mises en scène ont suivi, en France et à l’étranger. Chez nous, les plus notoires ont été celle d’Antoine Vitez en 1975, avec Ludmilla Mikaël, puis celle d’Yves Beaunesme en 2007, avec Marina Hands, la fille de cette dernière, ces deux mises en scène se référant à la version initiale de 1905, plus proche de l’expérience initiale, donc plus violente et authentique.

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« Britannicus » à la scène, à l’écran, au lycée

Stéphane Varupenne, Benjamin Lavernhe, Dominique Blanc, Laurent Stocker dans "Britannicus" © Comédie-Française

Stéphane Varupenne, Benjamin Lavernhe, Dominique Blanc, Laurent Stocker dans « Britannicus » mis en scène par Stéphane Braunschweig © Comédie-Française, 2018

Le Britannicus de Stéphane Braunschweig achève ce mois-ci sa carrière sur la scène de la Comédie-Française après deux ans de représentation, la version filmée projetée en salle cet été est désormais à la disposition de tous les enseignants qui souhaitent montrer la pièce à leurs élèves, et le texte de Racine reste bien sûr en lecture libre et permanente pour tous ceux qui désirent connaitre l’œuvre.

Ces trois approches de Britannicus, même si elles sont complémentaires et interactives, n’offrent pas les mêmes formes de sensation ou de compréhension, et c’est une gageure pour un enseignant de passer d’un mode de connaissance à un autre.

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« La Jeune Fille, le Diable et le moulin » et « L’Eau de la vie », d’Olivier Py

 

 

 

 

 

 

 

Deux pièces emblématiques d’Olivier Py, publiées dans la collection « Théâtre » de l’école des loisirs, ont fait l’objet de séquences expérimentées avec succès dans de très nombreuses classes :

La Jeune Fille, le Diable et le moulin
et L’Eau de la vie, conte de Grimm revisité pour le théâtre.

Elles permettent toutes deux une initiation ludique à l’univers théâtral et sont par ailleurs recommandées depuis plusieurs années dans les programmes officiels. L’École des lettres met à votre disposition deux importants dossiers qui leur ont été consacrés.

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« La Nuit (scintillante) des rois », de Shakespeare à la Comédie-Française

"La nuit des rois", de Shakespeare, mise en scène de Thomas Ostermeier à la Comédie-Française © Christophe Raynaud de Lage

« La nuit des rois », de Shakespeare, mise en scène de Thomas Ostermeier à la Comédie-Française © Christophe Raynaud de Lage

Cette comédie n’est sans doute pas l’une des plus mémorables de Shakespeare, mais sa mise en scène par Thomas Ostermeier contribuera certainement à en faire l’un des grands moments de la saison 2018-2019 de la Comédie-Française.

La Nuit des rois est une pièce au sujet historiquement daté, qui, avec son air de carnaval, ses déguisements, ses inversions d’identité et de sexe, son intrigue fidèle aux conventions de l’époque, son mélange des genres (musique/théâtre) et des tons (grave/ludique) correspond bien à ce temps que les histoires de la littérature nomme baroque, convaincu d’une instabilité de toutes choses, d’une réversibilité de l’être et de l’apparence, d’une toute puissance des illusions.

Mais la mise en scène, loin de nous enfermer dans le passé, apporte une résonance contemporaine à l’action qui d’un coup nous rappelle des questions actuelles comme les amours homosexuelles, les troubles du genre et de l’identité.

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« La Nuit des rois ou Tout ce que vous voulez », de William Shakespeare, mise en scène de Thomas Ostermeïer

Éric Ruf, l’administrateur de la Comédie-Française, y travaillait depuis des années. Ça y est, cette fois, c’est fait. Thomas Ostermeïer, le directeur artistique de la Schaubühne de Berlin, est l’hôte de la Maison de Molière dont il fait trembler les murs depuis le 22 septembre dernier.

Pour sa première création dans les lieux – « la forteresse du théâtre classique » selon ses propres termes –, le dramaturge allemand a choisi La Nuit des rois ou Tout ce que vous voulez de William Shakespeare, une comédie créée au théâtre londonien du Globe le 2 février 1602. La pièce est aujourd’hui présentée dans une nouvelle traduction d’Olivier Cadiot qui tire le meilleur parti de la hardiesse – on a envie de dire de la modernité – du texte dont les ressorts s’appuient sur la question de l’identité (sexuelle) et la notion de genre.

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« Construire un feu », de Jack London, mise en scène de Marc Lainé à la Comédie-Française

Alexandre Pavloff, Pierre-Louis Calixte, Nazim Boudjenah dans « Construire un feu », de Jack London, mise en scène de Marc Lainé © Vincent Pontet

Alexandre Pavloff, Pierre-Louis Calixte, Nazim Boudjenah dans « Construire un feu », de Jack London, mise en scène de Marc Lainé à la Comédie-Française © Vincent Pontet

Quand, en juillet 1897, l’Excelsior accoste dans le port de San Francisco, John Griffith London, dit Jack London, ronge son frein. Le jeune homme, né en 1876, travaille dans une blanchisserie, suite à une brève et malheureuse expérience d’étudiant à l’université de Berkeley.

Le vapeur, en provenance du port alaskien de Saint-Michael, porte dans ses flancs une grosse tonne d’or et une quinzaine de prospecteurs du Klondike (région située dans le Yukon). Une nouvelle poussée de fièvre pour le rare métal jaune a éclaté un an plus tôt.

Quelques jours après, Jack London embarque à son tour pour le Grand Nord canadien qui, après l’Ouest californien, est devenu le nouvel Eldorado à découvrir. De son expérience d’une petite année passée à sillonner les vastes étendues glacées (et à beaucoup boire dans les saloons), le jeune pionnier ramènera non pas de l’or, mais une matière bien plus précieuse encore, destinée à enrichir ses futurs récits d’aventures, de L’Appel de la forêt (1903) à Belliou-la-Fumée (1912).

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Le théâtre au cinéma, ou la Comédie-Française pour tous

Pathé Live : la Comédie-Française au cinémaDepuis 2016, la Comédie-Française, en partenariat avec Pathé Live, retransmet certaines de ses pièces  en direct au cinéma. Le concept était né au milieu des années 2005 lorsque Pathé – déjà – avait initié la retransmission en direct d’opéras, répondant aux attentes d’un vaste public de mélomanes privés de  théâtres musicaux dans leurs lieux de vie et écartés des grandes salles par les prix pratiqués à l’Opéra Bastille ou au Palais Garnier.

Avec l’opération Théâtre au cinéma la démocratisation de la culture s’étend et s’oriente davantage vers les jeunes publics, puisque l’une des grandes innovations de ces retransmissions théâtrales est, outre d’avoir lieu en direct, d’être proposées à la demande des enseignants qui peuvent avec le cinéma de leur ville organiser une projection pour leurs élèves quelques semaines après la première diffusion publique, et cela au tarif scolaire en vigueur dans la salle.

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Enseignement, culture et spectacle vivant

Le BanquetPlus que jamais il relève de la mission de l’Éducation nationale de former la jeunesse à la culture vivante. Nous vivons dans un monde saturé de spectacles, d’événements, de créations, d’arts multiples et nouveaux, et nous oublions que cette offre surabondante, caractéristique de notre société et de la culture de consommation, comme l’a défini très tôt Anna Harendt, est inédite dans l’histoire.

Cette offre pléthorique est aussi liée à un besoin de création artistique polymorphe rarement connu dans le passé et qui sollicite de plus en plus des langages non littéraires : les corps, les sons, les images, la photographie, la vidéo, le numérique… De ce fait, plus que jamais Éducation nationale et Culture doivent coopérer.

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