Photographie : « Plossu Paris », textes d’Isabelle Huppert, Bernard Plossu et Brigitte Ollier

« Où vont les ballons,
Les ballons rouges et ronds… »

Plossu Paris : le titre adopté par les Éditions Marval pour la « rétrospective parisienne »  – l’expression semble devoir s’imposer en l’occurrence pour un tel ouvrage – de Bernard Plossu est en soi un hommage à un grand photographe en même temps qu’à une ville.

On ne compte plus les livres qui ont été consacrés par les grands artistes de l’image fixe à notre capitale, du Paris de nuit de Brassaï au Paris à vue d’œil où danse Cartier-Bresson, en passant par Doisneau Paris, Paris Ronis et Elliott Erwitt’s Paris, et pourtant Plossu Paris reste un étonnement constant.

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Photographie et société, de Dorothea Lange à la Bourse du talent


Dorothea Lange, « Migrant Mother », Nipomo, California, 1936 © The Dorothea Lange Collection, the Oakland Museum of California, City of Oakland. Gift of Paul S. Taylor

L’exposition « Dorothea Lange. Politiques du visible », qui se déroule jusqu’au 27 janvier au musée du Jeu de Paume, à Paris, est en résonance avec l’actualité : récession économique, déclassement social, migration économique, déplacement de populations, accompagnement de ces mutations par l’État.

Elle permet de découvrir la démarche de la photographe qui, en découvrant dans les rues de San Francisco les ravages sociaux que provoque la récession, décide d’abandonner son activité de portraitiste de studio et de photographier les chômeurs sans abri et les manifestants.

Elle sera ensuite engagée par la Farm Security Administration (FSA) et parcourra les États-Unis pour documenter par la photographie la pauvreté et ses conséquences dans les régions rurales – comme le fera Steinbeck, qui lui écrira une lettre admirative, avec son roman Les Raisins de la colère.

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« Enfants de Paris 1939-1945 », de Philippe Apeloig

Un enfant du paradis

Entre Paris et paradis il n’y a qu’une syllabe de différence, et si on lit les pages que Philippe Apeloig consacre à l’histoire de sa famille, en ouverture de Enfants de Paris 1939-1945, on comprend pourquoi Schmil Rozenberg, son grand-père maternel, a choisi de vivre dans le faubourg Saint-Antoine, après avoir fui la Pologne des années vingt.

Cet album est consacré à 1 500 monuments de Paris, des monuments « invisibles », ancrés dans la pierre, sur des façades : ce sont les plaques que leurs compagnons, leurs proches, ou des institutions ont apposées après la Seconde Guerre mondiale, en hommage aux fusillés, déportés, disparus, à celles et ceux qui sont morts dans les camps, au Mont Valérien, lors des combats de la Libération en août 1944 ou dans les geôles de la Gestapo, des plaques qui honorent les enfants juifs et les résistants, les Justes et les combattants de l’ombre.

En somme, la France qui n’acceptait pas l’occupation nazie, et ce, dès le 11-Novembre 1940 par la manifestation des lycéens et étudiants devant l’Arc de triomphe.

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August Sander : Persécutés / persécuteurs, des Hommes du XXe siècle

Une dignité rendue

August Sander

August Sander à Kuchhausen, circa 1956/1958 © Galerie Julian Sander, Cologne

« Dans chaque visage d’homme, son histoire est écrite de la façon la plus claire. L’un sait la lire, l’autre non. »

Ce poème, c’est August Sander (1876-1964) qui le cite dans une conférence de 1931. Il correspond à son travail tel que nous le connaissons depuis le milieu des années 1970. À cette époque, le style documentaire qu’il incarnait, avec d’autres, comme Walker Evans ou, dans une autre mesure Diane Arbus, est mis en lumière, davantage qu’il ne l’était jusqu’alors.

Le vaste projet « Hommes du XXe siècle », commencé peu avant la première guerre mondiale, largement mis en œuvre sous le régime de Weimar, bouleverse notre vision de la photographie

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Entretien avec le photographe Harold Chapman, témoin de la Beat Generation

Plaque commémorative apposée sur la façade du Beat Hotel © CR

Plaque commémorative apposée sur la façade du Beat Hotel © CR, 2016

17. Write in recollection and amazement for yourself.”
« Écrivez en souvenir et stupéfaction de vous-même. »
Jack Kerouac (1922-1969).

Deux photographes ont particulièrement documenté la grande période de la Beat Generation à la fin des années 1950 : le poète Allen Ginsberg (1926-1997) et le photographe Harold Chapman (né en 1927).

L’auteur de Howl and Other Poems, qu’en 1956 publie chez City Lights Books Lawrence Ferlinghetti (né en 1919), ne se séparait jamais de son appareil photo. Ses clichés – pris à New York, Paris, Tanger et jusqu’en Inde – sont bien connus, se présentant généralement dans la forme qu’il leur donna sur le tard, à savoir celle de nouveaux tirages qu’à partir des années 1980 il légenda avec soin, à même le papier, de son écriture si caractéristique : ainsi a-t-il fait de ces images, juste retour des choses, une œuvre de poète.

Les photos de Harold Chapman sont moins connues : le jeune photographe anglais (âgé d’à peine trente ans alors) a pourtant largement contribué à sauver de la grisaille et de l’oubli l’un des lieux emblématiques de la Beat Generation – “The Beat Hotel”, à Paris, dans le Quartier Latin.

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Des cartes (postales) pour jouer : « Tout », par Sophie Calle

"Tout", par Sophie CalleImaginons que, à l’ancienne mode, vous décidiez d’envoyer des cartes de vœux à tous vos amis. À l’ancienne mode puisque bien des gens ont remplacé la calligraphie soignée et les longues phrases par des SMS et autres messages sur les réseaux sociaux. Donc imaginons…

Voici un coffret qui pourrait vous être fort utile. Il s’appelle Tout et contient cinquante cartes dont certaines se réduisent à une simple photo, mais photo prise par une artiste, et d’autres sont accompagnées d’un texte sur lequel nous reviendrons. Outre que ces cartes sont souvent belles, souvent mystérieuses aussi, elles ont une unité puisque toutes sont de Sophie Calle, et publiées chez Actes Sud, son éditeur depuis trente ans.

Vos cinquante destinataires ne se connaissent sans doute pas mais vous avez joué à la façon de l’auteur : vous les avez liés par ce jeu de cartes postales et pouvez leur proposer de se rencontrer, par exemple à votre anniversaire. S’il se déroule le 9 octobre et que par hasard vous fêtez vos cinquante-deux ans, vous pouvez les inviter tous (à condition qu’ils soient tous célibataires) avec Sophie Calle. C’est en effet ce qu’elle proposait entre 1980 et 1993. A l’âge de quarante ans, elle a interrompu ce rituel que vous pourriez ainsi prolonger.

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Grégoire Korganow, « Prisons – 67 065 », à la Maison européenne de la photographie

Grégoire Korganow, "Prisons"Depuis le 4 février, la Maison européenne de la photographie accueille le travail que Grégoire Korganow, « photographe du réel », a effectué dans des prisons françaises entre 2011 et 2014.

Le réel, ce photographe nous y confronte sans ménagement après qu’il a pu s’y plonger en étant nommé « contrôleur délégué des lieux de privation de liberté ». Durant ces trois années, Grégoire Korganow a disposé d’un accès sans aucune limite, de jour comme de nuit, à tous les espaces de l’univers carcéral.

À travers ce regard ubiquitaire, nous pénétrons les détails d’un monde qui a son organisation propre, le quotidien des prisonniers, leurs lieux de vie.

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Raconter le réel. Du documentaire à la fiction

"L'École des lettres", numéro 3, 2014-2015Les éditions Rue de Sèvres organisent avec succès depuis 2013 des rencontres professionnelles réunissant des auteurs travaillant sur les médias les plus divers.

En 2013, la rencontre intitulée Le scénario dans tous ses états a permis de confronter les techniques et aspirations d’auteurs de romans, de bandes dessinées, de films d’animation pour la télévision et le cinéma, de jeux vidéo et transmédias.

De nouveaux échanges avec neuf scénaristes ont eu lieu en juin 2014. Comment raconter le réel, tel était le thème de cette rencontre qui se donnait pour objectif d’explorer les formes du documentaire, et d’étudier le passage de la réalité à la fiction. Aurélien Ducoudray, Emmanuel Hamon, Andrès Jarach, Virginie Ollagnier, Loo Hui Phang, Boris Razon, Charlotte Sanson, Nathalie Sergeef, Fabien Vehlmann ont fait part de leur expérience de création.

Ce dossier est suivi d’un ensemble de points de vue sur l’actualité éditoriale. Deux débats de société sont également amorcés : le numérique, nouvelle idole de l’École ; les actions de lutte contre l’illettrisme.

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