Patrice Chéreau, un musée imaginaire

Patrice Chéreau, un musée imaginaireLa Collection Lambert à Avignon a réouvert ses portes et présente jusqu’au 11 octobre 2015 une exposition en hommage à Patrice Chéreau.

Les salles d’exposition font entrer en résonance des œuvres contemporaines et anciennes avec les créations de Chéreau pour le théâtre, l’opéra et le cinéma, elles-mêmes si souvent inspirées par les visages et les corps peints par Géricault, Titien ou Courbet.

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« Les Cahiers dessinés » : l’art du dessin à la Halle Saint-Pierre

Les Cahiers dessinésDe Victor Hugo à Siné, de Pierre Alechinsky à Tomi Ungerer, le dessin s’expose à la Halle Saint-Pierre qui ouvre ses portes aux Cahiers dessinés. À travers cette revue qu’il dirige après treize ans d’existence le dessinateur Frédéric Pajak ne cesse d’explorer les mille facettes d’un langage qui surprend toujours.

« Avant de faire de la gymnastique ou de la musique on dessine. On sait dessiner quand on est enfant. Tous les enfants dessinent. Même celui qui croit qu’il est maladroit ne l’est pas tant que ça, il dit quelque chose. C’est un moyen d’expression, un langage incroyable. Après, quand on devient dessinateur, on se rend compte de la profondeur de ce langage. Je suis dessinateur, je sais ce que c’est, c’est un monde qui s’ouvre sous moi, j’ai une autre sensibilité sur le dessin, je vois comment ils ont dessiné et je me dis “Comment ont-ils pu dessiner ça ?” Souvent je suis ébahi. Il y a beaucoup de dessins devant lesquels je reste sans voix. »

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Les créations des lauréats du concours d’affiches de l’école des loisirs

l'école des loisirsÀ l’occasion de la célébration de son cinquantenaire, l’école des loisirs a proposé à ses petits et grands lecteurs un concours collectif, ouvert à toutes les classes, du 1er janvier au 31 mars 2015.

Trois questions étaient posées sur des titres publiés cette année dans six des huit clubs de lecture « Max ». Les élèves devaient également réaliser une affiche inspirée du célèbre Papillon d’André François, devenu l’emblème de la maison.

Plus de quatre cents établissements français et étrangers ont participé à cette recréation. L’ensemble des productions est tout à fait remarquable d’inventivité et de talent. Vous trouverez ici un palmarès des affiches les plus singulières.

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Michelangelo Antonioni, un cinéaste toujours contemporain

Antonioni aux origines du pop« Antonioni, aux origines du pop » : tel est le titre que ses commissaires ont donné à l’exposition qui se tient à Paris jusqu’à la mi-juillet. Consacrée au cinéaste Michelangelo Antonioni, elle donne à découvrir un univers varié, qui couvre bien sûr le cinéma, mais aussi les arts plastiques, la musique et l’architecture.

Né à Ferrare en 1912, le cinéaste est un fils de cette ville située non loin du Pô, conçue par des artistes de la Renaissance, que Chirico aurait pu peindre. Cette ville discrète et élégante, rêvée, transfigurée même, par son ami d’enfance Giorgio Bassani qui résumait en quatre mots la personnalité du jeune Michelangelo : « forme, style, rigueur, silence ».

Ces termes sont comme un programme que l’auteur du Cri ou de La Nuit a rempli tout au long de son existence. L’exposition comme le catalogue en offrent une bonne illustration.

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Libération de Paris, la mémoire longue

Paris libéré, Musée CarnavaletLe 25 août 1944, après une semaine de combats, la population parisienne, soutenue par les troupes du général Leclerc, met fin à quatre ans d’occupation allemande dans la capitale.

Quelques mois plus tard, le 11 novembre 1944, le Musée Carnavalet présente « La Libération de Paris ». Ce panégyrique à la gloire des libérateurs, élaboré à chaud, tel un reportage, avec de nombreuses photos prises sur le vif, comporte quelques zones d’ombres.

Avec « Paris libéré, Paris photographié, Paris exposé », le même musée Carnavalet, à soixante-dix ans de distance, revisite cette première exposition et s’interroge sur la manière dont on écrit l’histoire.

Le 14 juin 1940 la Wehrmacht entre dans Paris. Quatre ans après, le 25 août 1944, le général Dietrich von Choltitz, gouverneur militaire allemand du Grand Paris, signe l’acte de reddition de l’armée d’occupation à la Préfecture de police. Ce jour-là le général de Gaulle prononce l’un de ses plus célèbres discours :

« Nous sommes ici chez nous dans Paris levé, debout pour se libérer et qui a su le faire de ses mains. Non, nous ne dissimulerons pas cette émotion profonde et sacrée. Il y a là des minutes, nous le sentons tous, qui dépassent chacune de nos pauvres vies. Paris ! Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé mais Paris libéré ! Libéré par lui-même, libéré par son peuple avec le concours des armées de la France, avec l’appui et le concours de la France tout entière, de la France qui se bat, de la seule France, de la vraie France, de la France éternelle.»

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François Truffaut à la Cinémathèque française

Exposition François Truffaut à la CinémathèqueD’abord, on se figure un enfant assis sur une chaise. Sa mère lui a interdit de bouger. Son unique recours est la lecture. Les livres le sauvent, le sauveront, tout au long d’une existence consacrée à sa vraie passion, le cinéma.

L’anecdote se trouve dans la biographie qu’Antoine de Baecque et Serge Toubiana ont consacrée à François Truffaut. Mais si l’auteur de ces lignes manque de certitudes quant à cette scène, il n’a aucun doute à propos de l’auteur des 400 coups : Antoine Doinel trouve la lumière en lisant La Recherche de l’absolu. Une brusque inspiration lui vaudra un zéro, l’exclusion du cours, par Petite feuille, l’instituteur qui le persécute.

Plus tard, mis aux arrêts dans Baisers volés, Doinel lit Le Lys dans la vallée, et confond Fabienne Tabard, incarnée par Delphine Seyrig, avec Madame de Mortsauf. On pourrait continuer ainsi à évoquer Balzac, dont L’Histoire des treize influence jusqu’aux rapports que le jeune Truffaut entretient avec ses amis de la Nouvelle Vague.

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« Still the Water », de Naomi Kawase & l’exposition Hokusai au Grand Palais

"Stil the Water", de Naomi KawasePour échapper à l’atmosphère délétère du moment, il faut aller voir l’exposition Hokusai au Grand Palais, puis le film de Naomi Kawase, Still the Water.

Katsushika Hokusai (1760-1849) est sans doute aujourd’hui l’artiste japonais le plus célèbre et le plus exposé dans le monde. Après la belle mais petite exposition au Centre culturel du Marais en 1980 (Le Fou de peinture. Hokusai et son temps), le Grand Palais lui consacre une rétrospective d’une ampleur toute particulière.

De Félix Bracquemond, premier artiste européen à copier des œuvres japonaises, qui reproduit sur un service de porcelaine les figures animales d’Hokusai, à Émile Gallé, en passant par Edmond de Goncourt et Pierre Loti (Madame Chrysanthème, 1887), les artistes et écrivains français ont joué un rôle déterminant dans la redécouverte de son art à la fin du XIXe siècle.

Leur intérêt pour cet artiste alors peu considéré dans son Japon natal a contribué fortement à la diffusion du japonisme dans les arts européens qui ont puisé des motifs dans les quinze volumes de Hokusai Manga pour tant de dessins, d’estampes et d’objets d’art. Les Impressionnistes, les Nabis (Vuillard, Bonnard …), l’Art nouveau recourent aux formats, aux motifs et aux paysages de ce recueil.

Nos élèves, si intéressés par les mangas, ne savent sans doute pas que cette anthologie de croquis conçus comme des manuels à l’usage des jeunes artistes constitue une sorte d’encyclopédie du vivant et de la vie quotidienne du Japon à la fin du XVIIIe siècle. Elle fait l’objet d’une présentation exceptionnelle à l’occasion du bicentenaire de la publication du premier de ses quinze volumes.

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