François Truffaut, « Chroniques d’“Arts Spectacles”, 1954-1958 »

Écrivain de cinéma

Voilà des pages de passion et de polémiques, de parti-pris et d’éreintements, de lances rompues et de défenses pleines de panache. François Truffaut que l’on découvre dans ce recueil de critiques est un jeune homme ardent, souvent en colère, mais aussi prompt à rendre hommage, à dire son admiration quasi filiale à l’égard de cinéastes que l’on considère alors comme « vieillis ».

Ces vieillards se nomment Abel Gance, Jean Renoir, Sacha Guitry ou Fritz Lang. Le jeune critique, qui apprend son métier dans l’hebdomadaire Arts-Spectacles, célèbre leurs œuvres. Et déjà, dans son apologie du cinéma qui sort des studios, qui retrouve le soleil, il annonce le jeune cinéma, celui de Varda avec La Pointe courte, de Louis Malle avec Les Amants, et surtout de Vadim avec Et dieu créa la femme.

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« L’Adieu à la nuit », d’André Téchiné

À côté des conflits familiaux, le motif de la transition juvénile traverse une bonne part de l’œuvre d’André Téchiné. Des Roseaux sauvages (1994) à Quand on a 17 ans (2016), le réalisateur en a exploré les ressorts, les troubles et les ivresses, les rêves et les violences.

Le déchirement de l’intime, fragile moment où tout bascule et verse progressivement dans l’après, est sans nul doute ce qui caractérise le mieux son travail sur la jeunesse. La découverte du corps et l’éveil à la sexualité imprègnent son cinéma d’un sensualisme animal, partagé entre l’ombre et la lumière des sentiments, les gestes instinctifs et l’élan vers la douceur. Les décors, la nature et ses éléments, y jouent un rôle de prime importance.

C’est encore le cas dans son nouveau long-métrage de fiction, vingt-troisième de sa carrière et le plus stimulant depuis longtemps, L’Adieu à la nuit. Sauf que la nature, pourtant omniprésente, est cette fois ignorée des jeunes protagonistes, et la sensualité absente de leur existence. Et pour cause, ils – Alex (Kacey Mottet Klein) et Lila (Oulaya Amamra) – ont décidé de se livrer au jihad.

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« La Flor », de Mariano Llinas, florilège, anthologie ou brassée d’histoires ?

Une corolle composée de quatre pétales : les quatre comédiennes, vedettes à tour de rôle d’histoires sans dénouement ; un pistil : une histoire qui commence et se termine ; et une tige : l’histoire qui commence à la moitié et se termine avec le film.

Tel est le sens très pédagogique de cette ébauche de fleur, dessinée d’entrée de jeu par le cinéaste Mariano Llinas, qui figure sur l’affiche : elle nous donne la structure narrative du film. Est-ce d’ailleurs bien d’un film qu’il s’agit avec cette œuvre d’une ambition immodérée ?

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« Les Grands Squelettes », de Philippe Ramos

Qu’est-ce qui peut bien occuper l’esprit des gens que l’on croise parfois dans la rue, assis sur un banc ou dans un autobus, le regard dans le vague ?

À quelles secrètes introspections s’adonnent-ils ? De quels tourments sont-ils la proie ? Vers qui ou quoi tournent-ils leurs pensées ? Quelles idées les travaillent ?

C’est à ces questions a priori sans réponse, c’est-à-dire ouvertes à une infinité de possibles, que le réalisateur Philippe Ramos (Capitaine Achab, 2007) s’est attelé pour son cinquième long-métrage dont le titre, Les Grands Squelettes, traduit la volonté de mettre à nu, de percer un peu du mystère de l’être, de franchir les limites de l’enveloppe protectrice.

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« Comme si de rien n’était », d’Eva Trobisch

Les propositions de cinéma qui nous viennent d’outre-Rhin font, depuis plusieurs années, plaisir à voir. Et ce, d’autant que le 7e Art allemand revient de loin. Moribond dans les années 1990, il mit près de deux décennies à trouver la voie de la guérison. Et, chose curieuse, le remède qu’il se trouva était lui-même l’expression d’un mal, d’un inconscient collectif miné par les conflits et tensions qui déchirèrent le pays au cours du XXe siècle.

L’histoire allemande, et ce que la fiction en tira, allaient donc rappeler les foules dans les salles. Où l’on put découvrir tour à tour Good bye Lenin ! de Wolfgang Becker en 2003 (longtemps inscrit au programme de Collège au cinéma), La Chute d’Oliver Hirschbiegel en 2004 et La Vie des autres de Florian Henckel von Donnersmarck, Oscar du meilleur film étranger en 2007.

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« Fanny et Alexandre », d’Ingmar Bergman, mise en scène de Julie Deliquet

Gaël Kamilindi, Denis Podalydès, Rebecca Marder, Julie Sicard, Jean Chevalier © Comédie-Française

La grande famille du théâtre…

Rarement expression toute faite n’aura trouvé meilleur emploi que pour désigner l’adaptation de Fanny et Alexandre du cinéaste et dramaturge Ingmar Bergman (1918-2007) qui se joue actuellement à la Comédie-Française.

Des voix et des rires résonnent derrière le rideau qui ne s’est pas encore levé. Ou qui vient de tomber… C’est la fin d’un spectacle – et le début du nôtre. Un comédien et directeur de théâtre, Oscar Ekdahl (Denis Podalydès), entrouvre le rideau et s’approche jusqu’à l’avant-scène, et nous remercie d’être venus assister à la dernière de sa pièce du 24 décembre. L’œil de l’acteur brille de joie, heureux du miracle de la représentation qui vient de s’accomplir, heureux de ce que l’espace du dedans (le théâtre) offre de refléter et de comprendre l’espace confus du dehors, heureux de saluer en face son public sans qui il ne serait acteur que de lui-même. Heureux enfin d’inviter tout le monde à la première d’Hamlet, à la rentrée prochaine.

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L’Atelier Cinéma, un nouveau dispositif d’éducation à l’image dans les écoles

Drôle de monde. Tandis qu’on détricote d’un côté, on tisse de l’autre…

Alors que la réforme du lycée engagée par Jean-Michel Blanquer fait planer de sérieux périls sur l’avenir des sections cinéma audiovisuel (CAV), le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) vient d’inaugurer, en partenariat avec les ministères de l’Éducation nationale et de la Culture, un nouveau dispositif d’apprentissage à l’image : l’Atelier Cinéma.

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« Rosie Davis », de Paddy Breathnach

« Rosie Davis », de Paddy BreathnachL’affiche de Rosie Davis nous en rappelle une autre. Celle de Moi, Daniel Blake, le film de Ken Loach, seconde Palme d’or de son auteur en 2016. Comme le héros loachien, alors flanqué d’une mère et de ses deux enfants, Rosie Davis avance dans notre direction, le visage fermé, une fillette dans les bras. Autour d’elle, la grisaille. Derrière, une barre de pavillons de banlieue (des palissades pour Daniel Blake).

Décors et vêtements sont ici les marqueurs respectifs d’une sociologie populaire. Et la « marche en avant » des personnages, droit dans l’axe, autant que leur regard franc, droit dans celui du spectateur, représentent les indices de leur détermination à s’extirper de la misère dans laquelle ils sont tous deux englués.

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