La Grande Guerre à l’école primaire à travers la littérature et les arts

Le blog du CM2 de l’école Sévigné, à Narbonne

Depuis quelques jours ont lieu partout en France des commémorations célébrant la fin de la Grande Guerre et les médias proposent de multiples articles et reportages… Dans les écoles, chaque classe de CM2 peut mettre à profit la date du 11-Novembre pour expliquer ce qu’est l’armistice et évoquer la première guerre mondiale.

Jusqu’aux programmes de 2016, les leçons d’histoire concernant 1914-1918 dans les manuels scolaires étaient descriptives et linéaires, allant de l’assassinat de l’héritier du trône d’Autriche-Hongrie à Sarajevo à la signature de l’armistice dans un wagon de chemin de fer à Rethondes dans la forêt de Compiègne.

Les enseignants ont désormais pour rôle d’amener les enfants à mieux connaître et comprendre les événements du passé en devenant eux-mêmes de véritables investigateurs de cette période, par la découverte des traces du passé dans leur propre environnement. Cette démarche proactive nécessite une mutualisation des connaissances dont les recherches sont grandement facilitées de nos jours par l’outil numérique. Elle permet aux élèves de mener à leur niveau un passionnant travail de jeunes enquêteurs-historiens.

Lire la suite

« Métamorphoses des Imaginaires et représentations de l’Orient, questions de regard(s) »

« La Liberté guidant le peuple » (I), lycée François-Truffaut © Maurizio Montobbio, 2018

Depuis trois ans, les élèves du lycée professionnel tertiaire François-Truffaut (Paris 3e) sont accueillis par le Musée national Eugène-Delacroix. Le projet Métamorphoses leur propose, encadré par leur professeur de Lettres-Histoire, de réinterpréter les œuvres et de les restituer sous forme de mises en scène filmées.

Les œuvres sont ainsi « métamorphosées », tout comme les jeunes qui sont force de proposition, acteurs, metteurs en scène, costumiers, techniciens, en participant activement à la conception et à la réalisation de vidéos.

Lire la suite

« À l’Est la guerre sans fin, 1918-1923 ». Aux racines du siècle présent

Le 11 novembre 1918, la guerre s’achevait sur le front de l’Ouest, entre les Allemands, les Français et leurs alliés. Nous avons pris l’heureuse habitude de célébrer cet armistice, et la célébration prendra cette année un tour très particulier.

Nous célébrons la paix, même si nous savons qu’elle aura été de courte durée, ne serait-ce qu’en raison de l’absence de l’Allemagne vaincue à la table des négociations de 1919, pour la signature du Traité de Versailles. D’autres pays étaient présents, dont on découpait les territoires, avec plus ou moins de justesse ou de justice.

Dans ces pays d’Europe centrale et orientale, des Balkans ou du Levant autrefois ottoman, les armes ne s’étaient jamais tues, les massacres ne s’étaient pas interrompus, les mouvements migratoires se poursuivaient : les réfugiés qui allaient d’un lieu à l’autre à travers l’Europe étaient environ douze millions.

Lire la suite

« Partage de Midi », de Paul Claudel, au Théâtre national de Strasbourg

"Partage de Midi", de Paul Claudel, mise en scène d'Éric Vigner © TNS, Jean-Louis Fernandez

« Partage de Midi », de Paul Claudel, mise en scène d’Éric Vigner © TNS, Jean-Louis Fernandez

Du 5 au 19 octobre, le Théâtre national de Strasbourg (TNS) a présenté une nouvelle mise en scène d’une des grandes pièce du XXe siècle, Partage de Midi. Ce drame a été écrit par Claudel en 1905, immédiatement après sa rencontre avec la femme de sa vie, Rosalie Vetch, et la trahison de celle-ci, aventure dont la pièce est la transposition scénique. Mais, pour des raisons morales privées, Claudel a retardé de voir son œuvre sur scène, jusqu’à ce que Jean-Louis Barrault la monte enfin, dans une seconde version allégée, en 1948, avec Edwige Feuillère dans l’unique rôle féminin, Ysé.

Depuis cette création qui a fait date, plusieurs autres mises en scène ont suivi, en France et à l’étranger. Chez nous, les plus notoires ont été celle d’Antoine Vitez en 1975, avec Ludmilla Mikaël, puis celle d’Yves Beaunesme en 2007, avec Marina Hands, la fille de cette dernière, ces deux mises en scène se référant à la version initiale de 1905, plus proche de l’expérience initiale, donc plus violente et authentique.

Lire la suite

« Britannicus » à la scène, à l’écran, au lycée

Stéphane Varupenne, Benjamin Lavernhe, Dominique Blanc, Laurent Stocker dans "Britannicus" © Comédie-Française

Stéphane Varupenne, Benjamin Lavernhe, Dominique Blanc, Laurent Stocker dans « Britannicus » mis en scène par Stéphane Braunschweig © Comédie-Française, 2018

Le Britannicus de Stéphane Braunschweig achève ce mois-ci sa carrière sur la scène de la Comédie-Française après deux ans de représentation, la version filmée projetée en salle cet été est désormais à la disposition de tous les enseignants qui souhaitent montrer la pièce à leurs élèves, et le texte de Racine reste bien sûr en lecture libre et permanente pour tous ceux qui désirent connaitre l’œuvre.

Ces trois approches de Britannicus, même si elles sont complémentaires et interactives, n’offrent pas les mêmes formes de sensation ou de compréhension, et c’est une gageure pour un enseignant de passer d’un mode de connaissance à un autre.

Lire la suite

« La Jeune Fille, le Diable et le moulin » et « L’Eau de la vie », d’Olivier Py

 

 

 

 

 

 

 

Deux pièces emblématiques d’Olivier Py, publiées dans la collection « Théâtre » de l’école des loisirs, ont fait l’objet de séquences expérimentées avec succès dans de très nombreuses classes :

La Jeune Fille, le Diable et le moulin
et L’Eau de la vie, conte de Grimm revisité pour le théâtre.

Elles permettent toutes deux une initiation ludique à l’univers théâtral et sont par ailleurs recommandées depuis plusieurs années dans les programmes officiels. L’École des lettres met à votre disposition deux importants dossiers qui leur ont été consacrés.

Lire la suite

« Dilili à Paris », de Michel Ocelot

"Dilili à Paris", de Michel OcelotLes Trois Inventeurs, le premier court-métrage en 1979 de Michel Ocelot, futur « père » de Kirikou, brosse une histoire terrifiante. Au XVIIIe siècle, trois membres d’une même famille, passionnés de technologie, inventent d’étranges machines : un ballon dirigeable, une machine à coudre, un oiseau mécanique…

Incompris de tous, les trois originaux sont condamnés et exécutés. Le message est clair. Le progrès inquiète. Les forces conservatrices préfèrent le repli aux audaces de l’aventure humaine. Contre la bêtise obscurantiste, le cinéaste exalte l’esprit d’ouverture, le goût du nouveau, le plaisir du rêve. Contre la haine, il invite à la tolérance, à l’écoute et au respect d’autrui.

Son film (aujourd’hui visible sur Internet), modèle de créativité graphique à l’image des trouvailles de son trio d’inventeurs, apparaît comme un hommage rendu au génie humain et à sa capacité d’innover, de créer pour s’élever et avancer. Les grands hommes qui l’ont inspiré avaient pour noms Denis Papin, Antoine Lavoisier, les frères Robert, Barthélemy Thimonnier, Joseph-Marie Jacquard…

Lire la suite

« La Nuit (scintillante) des rois », de Shakespeare à la Comédie-Française

"La nuit des rois", de Shakespeare, mise en scène de Thomas Ostermeier à la Comédie-Française © Christophe Raynaud de Lage

« La nuit des rois », de Shakespeare, mise en scène de Thomas Ostermeier à la Comédie-Française © Christophe Raynaud de Lage

Cette comédie n’est sans doute pas l’une des plus mémorables de Shakespeare, mais sa mise en scène par Thomas Ostermeier contribuera certainement à en faire l’un des grands moments de la saison 2018-2019 de la Comédie-Française.

La Nuit des rois est une pièce au sujet historiquement daté, qui, avec son air de carnaval, ses déguisements, ses inversions d’identité et de sexe, son intrigue fidèle aux conventions de l’époque, son mélange des genres (musique/théâtre) et des tons (grave/ludique) correspond bien à ce temps que les histoires de la littérature nomme baroque, convaincu d’une instabilité de toutes choses, d’une réversibilité de l’être et de l’apparence, d’une toute puissance des illusions.

Mais la mise en scène, loin de nous enfermer dans le passé, apporte une résonance contemporaine à l’action qui d’un coup nous rappelle des questions actuelles comme les amours homosexuelles, les troubles du genre et de l’identité.

Lire la suite