« La Place Royale » et « Sophonisbe », de Corneille, dans une mise en scène de Brigitte Jaques-Wajeman, sur France Culture

"La mort de Sophonisbe", par Giambattista Pittoni (1687-1767)

« La mort de Sophonisbe », par Giambattista Pittoni (1687-1767)

France Culture diffuse le dimanche 7 décembre 2014, à 21 h, deux pièces rarement interprétées de Corneille, mises en scènes par Brigitte Jaques-Wajeman : La Place Royale ou l’Amoureux extravagant, comédie en cinq actes (1634) et Sophonisbe, tragédie représentée pour la première fois en 1663.

La première a été enregistrée en public, la seconde en studio et peut être podcastée (voir en note).

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« Sophonisbe », de Pierre Corneille

 

Je l’ai pris le plus grand des Princes africains,
Et le rends, pour tout dire, esclave des Romains.

 

La guerre fait rage entre Rome et Carthage ! L’action a lieu en Numidie (l’Algérie actuelle), à Cyrthe, aujourd’hui Constantine, capitale du royaume de Syphax. Carthage est en mauvaise posture ; une bataille décisive se prépare quand la pièce commence…

Carthage, c’est ici la princesse Sophonisbe qui la représente. Fille d’Asdrubal, elle a épousé, à son corps défendant, le vieux roi numide, Syphax, pour le gagner à sa cause contre Rome. Le prince Massinisse, à qui elle a été promise autrefois dans Carthage et qu’elle aime toujours, est passé du côté des Romains.

Rome est représentée par Lélius, lieutenant de Scipion. Entre Rome et Carthage, il y a les rois numides, le vieux Syphax, le jeune Massinisse, et la reine de Gétulie, Eryxe, qui se partagent les territoires incertains de cette Afrique du Nord, où ils habitent depuis bien avant l’arrivée des Carthaginois, originaires de Phénicie, et bien avant celle des Romains.

Dans cette magnifique tragédie de 1663, deux hommes aiment la même femme : le jeune Massinisse, et le vieux Syphax, sont tous deux fous de Sophonisbe. Deux femmes aiment le même homme : Sophonisbe et Eryxe aiment Massinisse.

La violence de la passion, perçue comme une pathologie aussi bien chez les femmes que chez les hommes ; les effets meurtriers de la jalousie sont au cœur de la tragédie. Il y a dans ce Corneille-là déjà du Marivaux, mais plongé dans un monde bouleversé par la guerre et la mort journalière.

La tragédie raconte le dernier jour de Sophonisbe et l’avancée inexorable des Romains. Écrite en 1663, Corneille s’inspire d’un épisode de l’Histoire romaine de Tite Live. Il met en scène, avec la fin prévisible de Carthage et la nouvelle colonisation romaine, un moment d’Histoire où il n’y a plus d’accord possible entre l’individu et la politique.

Brigitte Jaques-Wajeman

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« La Place Royale » et « Sophonisbe » dans l’émission Fictions/Théâtre et Cie sur France Culture.

• Le théâtre de Corneille dans « l’École des lettres ».

• Commander le numéro consacré au « Cid » et à « L’Illusion comique », de Corneille.

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