Deux regards sur le théâtre au XVIIe siècle : rencontre avec Georges Forestier et Daniel Loayza

Georges Forestier et Daniel Loayza

Georges Forestier et Daniel Loayza

Le 10 janvier 2017, le théâtre Déjazet, à Paris, a accueilli Georges Forestier, professeur de littérature à l’université Paris-Sorbonne, spécialiste du théâtre classique français, et Daniel Loayza, traducteur, dramaturge et conseiller artistique au théâtre de l’Odéon.

Cette interview croisée, suscitée par Françoise Gomez, IPR-IA de lettres de l’académie de Paris, a été réalisée à l’occasion de la nouvelle édition de La Tragédie française. Règles classiques, passions tragiques, du lancement du MOOC de Georges Forestier sur le théâtre classique français, et de la traduction inédite du Conte d’hiver, de Shakespeare, par Daniel Loayza.

La rencontre a été l’occasion d’une confrontation passionnante entre les modalités spécifiques à la tragédie française dans le sillage du classicisme et le théâtre de Shakespeare inscrit dans la veine élisabéthaine. Les réflexions sur la nature du tragique, la dramaturgie et les modalités de représentation de part et d’autre de la Manche ont été au cœur de cet échange dont nous donnons ici quelques éléments.

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« Noce », de Jean-Luc Lagarce

"Noce", de Jean-Luc lagarceIl est bon de ne pas réduire l’œuvre de Jean-Luc Lagarce (1957-1995) à la seule pièce Juste la fin du monde qui avait été inscrite au programme des classes de terminale L dès 2007.

Le théâtre du Lucernaire donne opportunément à la Compagnie de la Porte au Trèfle la possibilité de faire découvrir une pièce plus ancienne mais toujours d’actualité, Noce (1982), dans une mise en scène de Pierre Notte : belle manière de s’initier au théâtre contemporain et d’élargir sa connaissance de l’auteur.

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« Faust », de Goethe, mis en scène par Ronan Rivière, au théâtre Le Ranelagh

Le " Faust " de Goethe, mis en scène par Ronan Rivière, au théâtre Le Ranelagh © B. Dumas

Le  » Faust  » de Goethe, mis en scène par Ronan Rivière © B. Dumas

Le théâtre du Ranelagh  offre une programmation résolument classique,  invitant des troupes jeunes et peu connues à livrer leur version d’œuvres censées être éternelles mais que le public d’aujourd’hui a tendance à dédaigner.

C’est pourtant une belle proposition du Faust de Goethe dans la traduction de Gérard de Nerval qui est donnée à découvrir dans ce petit théâtre aussi vieux et charmant que l’auteur allemand.

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Un « Tartuffe » inconnu en trois actes

Le "Tartuffe" en trois actes de MolièreLe 30 janvier 2017 s’est déroulée dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne une lecture d’un Tartuffe inconnu jusqu’alors, retrouvé ou plutôt reconstruit par Georges Forestier, chercheur en littérature et spécialiste du théâtre classique français du XVIIe siècle et par Nicole Grellet et son atelier de théâtre.

Il s’agissait de reconstituer la préfiguration de la pièce, qui sera jouée en costume le 24 avril prochain dans le même lieu.

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Le « Tartuffe » inconnu de Molière. Lecture en déclamation le 30 janvier 2017 à l’université Paris-Sorbonne

MolièreCe « Tartuffe inconnu » correspond à la version en trois actes de la comédie, interdite au lendemain de la création (mai 1664), que Molière a ensuite modifiée et augmentée pour en faire une version moins provocante (c’est la version publiée en cinq actes que tout le monde connaît).

Grâce aux recherches universitaires des cinquante dernières années, il a été possible de reconstruire cette version en trois actes à partir du texte définitif.

Ce travail de reconstruction a été effectué en 2010 par Georges Forestier, professeur à l’université Paris-Sorbonne.

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« Le Petit-Maître corrigé », de Marivaux, à la Comédie-Française

"Le Petit Maître corrigé", de Marivaux, à la Comédie-Française

Sur la trentaine de pièces que nous a laissé Marivaux cinq ou six sont d’absolus chefs d’œuvres, à peu près autant constituent de très belles réussites, témoignant d’un grand sens de la scène, les autres sont d’habiles constructions non dépourvues d’intérêt, des variations sur des thèmes à la mode, comportant parfois de beaux moments de grâce mais n’apportant rien à la gloire du dramaturge.

C’est le cas de ce Petit-Maître corrigé qui a été créé par les Comédiens-Français en 1734 puis, en raison d’un total insuccès, retiré après seulement deux représentations, et que reprend aujourd’hui la maison de Molière dans une mise en scène de Clément Hervieu-Léger.

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« Œdipe roi », de Pasolini, pas à pas

"Œdipe roi", de Pier Paolo PasoliniL’objet de cet article n’est pas de comparer la pièce de Sophocle et le film de Pier Paolo Pasolini, ni de chercher à caractériser à tout prix quelle sorte d’adaptation Pasolini a créée. Ce n’est pas le degré de fidélité qui nous préoccupe ici. Nous chercherons plutôt à envisager le film de Pasolini comme une entité singulière qui s’efforce de raconter sa propre histoire avec les moyens du cinéma.

Ceux-ci ne sont pas un vecteur qui permet de conduire la fiction, c’est l’enjeu même de la fiction. Cette notion peut être difficile à faire passer auprès des élèves, aussi essaierons-nous de nous trouver au plus près du geste narratif et fictionnel de Pasolini pour comprendre comment sa conception du récit permet d’inventer des trouvailles poétiques absolument cinématographiques.

Le texte de Sophocle se trouve évidemment en arrière-plan de notre travail, mais il n’en est pas le moteur privilégié. Le cœur est constitué par les images de Pasolini, la façon dont il prend en charge les corps et dont il attise et provoque constamment les émotions du spectateur.

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« Les Damnés », d’après Luchino Visconti, à la Comédie-Française

Création des "Damnés", d'après Luchino Visconti au festival d'Avignon en juillet 2016 © Jan Versweyveld / Comédie-Française

Création des « Damnés », d’après Luchino Visconti, au festival d’Avignon en juillet 2016 © Jan Versweyveld / Comédie-Française

Voir le théâtre, ce n’est pas lire le théâtre : l’un rencontre les sens, l’autre l’esprit. Les Damnés, de Luchino Visconti, adaptés par Nicola Badalucco et Enrico Medioli et mis en scène par Ivo van Hove à la Comédie-Française, plus encore qu’une rencontre, c’est un choc qui saisit de stupeur et de fascination.

Le caractère impressionnant de la pièce, de sa mise en scène, du jeu de ses acteurs, du déroulement inexorable de l’action, constitue un grand moment de théâtre. Même si la pièce est fidèle au scénario du film, le langage dramatique, ses codes et ses possibilités  font de cette adaptation un objet de théâtre techniquement inédit, et essentiellement archaïque.

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