« Corporate », de Nicolas Silhol

Céline Sa "Corporate", de Nicolas Silhol © Kazak ProductionsL’ultra-moderne solitude d’entreprise

De Ressources humaines de Laurent Cantet (1999) à La Loi du marché de Stéphane Brizé (2015), le drame social à la française a progressivement fait du monde du travail ou de l’entreprise une matière première de la création cinématographique.

Le premier long métrage de Nicolas Silhol poursuit dans cette veine en se focalisant sur le destin contrarié d’une ambitieuse manageuse en ressources humaines consécutif au suicide d’un cadre de sa société sur son lieu de travail.

Résolument engagé et à ce titre fort peu goûté entre autres par les dirigeants d’entreprises de télécommunication, Corporate explicite ses enjeux dès l’avertissement précédant la séquence inaugurale du film : « Les personnages sont fictifs. Les méthodes de management sont réelles. »

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« À voix haute. La force de la parole », de Stéphane de Freitas

"À voix haute. La force de la parole", de Stéphane de Freitas © Mars filmsDiffusé sur France 2 en novembre dernier, le documentaire À voix haute relate le parcours d’un groupe d’étudiants de l’université de Saint-Denis qui, inscrits aux joutes oratoires du concours Eloquentia, briguent le titre de « meilleur orateur du 93 ».

Palpitant et drôle, ce premier film de Stéphane de Freitas connaît lui-même un sort inattendu puisque, fort de son succès télévisuel et de l’expérience éducative dont il témoigne, il sort aujourd’hui en salles dans une version enrichie d’une vingtaine de minutes.

L’occasion de s’y précipiter avec ses élèves, de collège et de lycée.

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« La Règle du jeu » à la Comédie-Française

"La Règle du jeu" à la Comédie-FrançaiseLa Règle du jeu dans la version de Christiane Jatahy donnée à la Comédie-Française ne peut séduire que quatre types de public : celui qui n’a jamais vu le film de Jean Renoir et l’intelligence brillante de sa composition, celui qui n’a pas vu Les Damnés d’Ivo Van Hove et la pertinence pénétrante de son usage de la vidéo, celui qui ne connaît pas la Comédie-Française et sa tradition de grands textes, et enfin celui qui est toujours content de tout, chaque spectacle étant pour lui une évasion tonifiante. Les autres auront bien du mal à taire leur déception.

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Renaissance d’un « Tartuffe » baroque en trois actes

Portrait de Molière par Charles Antoine Coypel (1694-1752), Comédie-Française.

Portrait de Molière par Charles Antoine Coypel (1694-1752), Comédie-Française.

L’histoire du Tartuffe de 1664 est celle d’une carrière interrompue. Représentée pour la première fois le 12 mai 1664 à la Cour, la pièce fut interdite par le roi dès le lendemain et n’a plus fait l’objet que de quelques représentations privées. Cinq ans de travail et de patience passèrent avant qu’elle ne soit donnée en public dans la version en cinq actes que nous connaissons : Tartuffe ou l’imposteur.

Molière avait « recouvert » ce premier Tartuffe que certains n’auraient su voir et l’avait amplifié. En 1669, le roi ayant pu établir une pacification des rapports entre son pouvoir, l’Église de France, la papauté, et les jansénistes, il autorisa la pièce et c’est cette dernière version qui resta dans l’histoire. La comédie n’était plus une satire des dévots et de la dévotion mais se présentait comme une dénonciation de la fausse dévotion, de l’imposture et de son immoralité.

La version initiale et interdite de 1664, telle que Georges Forestier et Isabelle Grellet l’ont reconstruite et mise en scène, reprend sa carrière et sera jouée en déclamation « historiquement informée », dans l’amphithéâtre Richelieu de la Sorbonne, le 24 avril prochain.

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« Wrong Elements », de Jonathan Littell. Réflexion sur les exterminations de masse et le devenir des enfants-soldats

"Wrong Elements", de Jonathan LittellLes Bienveillantes (Prix Goncourt 2006) l’avait montré. La question de la violence institutionnelle et du meurtre de masse est au centre des préoccupations de Jonathan Littell.

L’homme de lettres franco-américain en poursuit aujourd’hui l’étude dans son premier long-métrage documentaire, Wrong Elements, en s’intéressant notamment au cas des enfants-soldats d’Ouganda. Son film constitue par ailleurs une des clés de lecture au surgissement de la horde d’enfants massacreurs à la fin des Bienveillantes.

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« Le Citoyen d’honneur » (« El ciudadano ilustre »), de Mariano Cohn et Gastón Duprat

"Le Citoyen d’honneur" ("El ciudadano ilustre"), de Mariano Cohn et Gastón DupratMariano Cohn et Gastón Duprat forment un tandem qui figure parmi les meilleurs cinéastes argentins actuels. Leur humour, leur sobriété et leur goût des affrontements minuscules les font apprécier tout particulièrement du public international.

Dans L’Homme d’à côté, un célèbre designer dont un fauteuil s’est vendu à des milliers d’exemplaires, devait lutter contre l’entêtement de son voisin qui voulait creuser un trou dans le mur de sa maison Le Corbusier (voir sur ce site).

Dans Le Citoyen illustre, un autre homme célèbre, Daniel Mantovani, Prix Nobel de littérature, est pris d’une totale désaffection pour la vie publique et boude toute autre récompense. Il annule sa participation à de nombreux événements et même l’adaptation de ses romans et se terre dans sa belle villa de Barcelone.

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« L’autre côté de l’espoir », d’Aki Kaurismäki

D’un port à l’autre. Du Havre, ville éponyme de son précédent long-métrage sorti en 2011, à Helsinki, cadre urbain de L’autre côté de l’espoir, le cinéaste finlandais Aki Kaurismäki creuse le sillon marin de l’exil, et trace une ligne d’eau reliant deux points de chute sur la carte du possible.

Dans Le Havre (œuvre inscrite au dispositif « Collège au cinéma »), Idrissa, l’enfant noir, s’enfuyait du porte-conteneurs qui les avait amenés, lui et une poignée d’autres clandestins, jusqu’au terminal portuaire normand ; Khaled, le jeune Syrien de L’autre côté de l’espoir, émerge, quant à lui, de la cargaison de charbon d’un cargo pris au hasard de ses pérégrinations.

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