« Le Citoyen d’honneur » (« El ciudadano ilustre »), de Mariano Cohn et Gastón Duprat

"Le Citoyen d’honneur" ("El ciudadano ilustre"), de Mariano Cohn et Gastón DupratMariano Cohn et Gastón Duprat forment un tandem qui figure parmi les meilleurs cinéastes argentins actuels. Leur humour, leur sobriété et leur goût des affrontements minuscules les font apprécier tout particulièrement du public international.

Dans L’Homme d’à côté, un célèbre designer dont un fauteuil s’est vendu à des milliers d’exemplaires, devait lutter contre l’entêtement de son voisin qui voulait creuser un trou dans le mur de sa maison Le Corbusier (voir sur ce site).

Dans Le Citoyen illustre, un autre homme célèbre, Daniel Mantovani, Prix Nobel de littérature, est pris d’une totale désaffection pour la vie publique et boude toute autre récompense. Il annule sa participation à de nombreux événements et même l’adaptation de ses romans et se terre dans sa belle villa de Barcelone.

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« L’autre côté de l’espoir », d’Aki Kaurismäki

D’un port à l’autre. Du Havre, ville éponyme de son précédent long-métrage sorti en 2011, à Helsinki, cadre urbain de L’autre côté de l’espoir, le cinéaste finlandais Aki Kaurismäki creuse le sillon marin de l’exil, et trace une ligne d’eau reliant deux points de chute sur la carte du possible.

Dans Le Havre (œuvre inscrite au dispositif « Collège au cinéma »), Idrissa, l’enfant noir, s’enfuyait du porte-conteneurs qui les avait amenés, lui et une poignée d’autres clandestins, jusqu’au terminal portuaire normand ; Khaled, le jeune Syrien de L’autre côté de l’espoir, émerge, quant à lui, de la cargaison de charbon d’un cargo pris au hasard de ses pérégrinations.

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Programme de littérature en Terminale L pour l’année 2017-2018

Bertrand Tavernier et Mélanie Thierry lors du tournage de "La Princesse de Montpensier" © StudioCanal, 2010

Bertrand Tavernier et Mélanie Thierry lors du tournage de « La Princesse de Montpensier » © StudioCanal, 2010

Pour l’année scolaire 2017-2018, la liste des œuvres obligatoires inscrites au programme de littérature de la classe terminale de la série littéraire est la suivante :

A. Domaine d’étude « Littérature et langages de l’image »

• Madame de Lafayette, La Princesse de Montpensier, 1662.

• Bertrand Tavernier, La Princesse de Montpensier, film français, 2010.

B. Domaine d’étude « Lire-écrire-publier »

• André Gide, Journal des Faux-Monnayeurs.

• André Gide, Les Faux-Monnayeurs.

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« Le Misanthrope », de Molière, mis en scène par Clément Hervieu-Léger

"Le Misanthrope", de Molière, mis en scène par Clément Hervieu-Léger à la Comédie-Française

« Le Misanthrope » à la Comédie-Française © Brigitte Enguerand

Après un étonnant Monsieur de Pourceaugnac aux Bouffes du nord en juin dernier, Clément Hervieu-Léger signe à la Comédie-Française une mise en scène du Misanthrope.

Depuis la première représentation en juin 1666, les mises en scène de cette pièce ont proposé de nombreuses versions d’Alceste. Celui qu’a interprété Molière au Palais Royal était comique et ridicule, en rubans verts.

La pièce fut dite autobiographique car elle suivait sa dispute avec Racine, ses tourments amoureux, ses déboires avec la censure en particulier pour le Tartuffe de 1664. Mais en 1665, la troupe de Molière est devenue la troupe du roi, et tout n’est plus si amer pour Jean-Baptiste Poquelin.

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« Racine par la racine », de Serge Bourhis

Racine par la racineHommage et désacralisation, telles sont les deux racines du spectacle de Serge Bourhis : Racine par la racine. Le défi relevé avec succès, consiste en effet à revisiter les morceaux d’anthologie du tragédien en leur apportant une petite pointe de pédagogie, une once d’anachronisme et une bonne dose de dérision.

Le spectacle se propose de rappeler en autant de tableaux les onze tragédies de Racine, en entrant dans chacune d’elle par un biais à la fois sérieux et comique : la scène d’exposition, le fait divers tragique, le sujet fait de rien, le monologue sans fin, les mots tragiques : de quoi régaler le professeur de lettres comme le simple amateur de divertissement.

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« Les Enfants du silence », de Mark Médoff

"Les Enfants du silence", de Mark Médoff

Il faut croire que le sujet est porteur d’un message éternel : depuis sa création en 1980, la pièce de Mark Médoff n’a cessé d’être reprise à la scène et au cinéma. Pour le seul domaine français, après le succès d’Emmanuelle Laborit en 1993, ce sont les comédiens du Français qui en 2015 au Vieux-Colombier et, en ce début 2017 au Théâtre Antoine, dans une mise en scène d’Anne-Marie Étienne, ont donné vie à ces personnages en lutte pour la reconnaissance d’une langue.

Tel est le combat de l’héroïne, Sarah : sa langue, la seule qu’elle veut parler, la langue des signes est en effet non pas une langue inférieure, une langue d’infirmes ou d’handicapés mais une langue à part entière, égale aux langues parlées, aussi belle et nuancée que la littérature, cette littérature que Jacques l’orthophoniste s’efforce au début de la pièce de faire éclore sur les lèvres de ses élèves sourds ou malentendants.

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« Jersey Boys », la véritable histoire de quatre jeunes Italo-Américains : Frankie Valli et les Fours Seasons

Les "Jersey Boys" au Nouveau Théâtre de Milan © Michela Piccinini

« Jersey Boys » au Nouveau Théâtre de Milan en 2016 © Michela Piccinini

Jersey Boys raconte l’histoire vraie de jeunes Italo-Américains du New Jersey, issus de l’immigration. Ils feront tout leur possible pour sortir de leur quartier pauvre grâce à la musique, et leur succès traversera les années 50, 60 et 70 : c’est la véritable histoire du groupe les Four Seasons et de son chanteur Frankie Valli.

Ce spectacle peut ouvrir sur de nombreuses pistes pédagogiques : l’immigration italienne aux États-Unis, l’intégration, le melting-pot, la société américaine, l’American Way of Life et le rêve américain, la musique américaine des années 50, 60 et 70, la production musicale et l’industrie du disque, le monologue dans le théâtre contemporain, l’orchestration d’un spectacle musical, la comédie musicale contemporaine et le genre du juke box musical, les valeurs de l’amitié.

Ce spectacle peut par ailleurs être exploité en cours de français, d’histoire, de civilisation américaine, d’anglais, d’italien, de musique et bien sûr de théâtre et d’arts appliqués, au collège, en lycée général et technologique, et en lycée professionnel.

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« Fais de beaux rêves », de Marco Bellocchio, le couronnement d’une œuvre majeure

"Fais de beaux rêves", de Marco BellocchioMarco Bellocchio fait l’objet d’une rétrospective intégrale à la Cinémathèque française. C’était bien le moins que l’on pouvait faire pour célébrer l’un des derniers grands cinéastes en activité de la Nouvelle Vague italienne, qui sort un film bouleversant, Fai bei sogni (« Fais de beaux rêves »), sorte de recherche du temps perdu.

Cette nouvelle œuvre confirme tout ce que le reste nous avait appris. Depuis toujours Bellocchio est un révolté. Dès son premier film, Les Poings dans les poches (1965), ce cinéaste très engagé politiquement proteste, s’indigne, se bat contre les institutions dans une œuvre largement autobiographique.

L’église et son pouvoir exorbitant en Italie, la famille, qui est sa complice avec ses simagrées hypocrites (Le Sourire de ma mère, 2002), les pensionnats religieux qui préparent sa mainmise sur les individus, avec leur enseignement rétrograde, leur discipline trop rigoureuse, leur inefficacité évidente (Au nom du père, 1972), la justice (Le Saut dans le vide, 1979) toujours suspecte.

Les premiers films de Bellocchio sont provocants, rageusement sacrilèges et joyeusement blasphématoires; ils ne reculent devant aucun excès thématique ou stylistique. Puis après un long silence, il revient dans les années 2000 avec une série de films plus mûrs, plus sobres, mais tout aussi critiques des travers de son époque.

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