« Jersey Boys », la véritable histoire de quatre jeunes Italo-Américains : Frankie Valli et les Fours Seasons

Les "Jersey Boys" au Nouveau Théâtre de Milan © Michela Piccinini

« Jersey Boys » au Nouveau Théâtre de Milan en 2016 © Michela Piccinini

Jersey Boys raconte l’histoire vraie de jeunes Italo-Américains du New Jersey, issus de l’immigration. Ils feront tout leur possible pour sortir de leur quartier pauvre grâce à la musique, et leur succès traversera les années 50, 60 et 70 : c’est la véritable histoire du groupe les Four Seasons et de son chanteur Frankie Valli.

Ce spectacle peut ouvrir sur de nombreuses pistes pédagogiques : l’immigration italienne aux États-Unis, l’intégration, le melting-pot, la société américaine, l’American Way of Life et le rêve américain, la musique américaine des années 50, 60 et 70, la production musicale et l’industrie du disque, le monologue dans le théâtre contemporain, l’orchestration d’un spectacle musical, la comédie musicale contemporaine et le genre du juke box musical, les valeurs de l’amitié.

Ce spectacle peut par ailleurs être exploité en cours de français, d’histoire, de civilisation américaine, d’anglais, d’italien, de musique et bien sûr de théâtre et d’arts appliqués, au collège, en lycée général et technologique, et en lycée professionnel.

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Bob Dylan prix Nobel de littérature

Bob Dylan prix Nobel de littérature 2016Like a Rolling Price

Sur France Culture où il était l’invité d’Olivia Gesbert, lors de l’annonce du Prix Nobel faite à Dylan, Pierre Bayard a demandé à ce qu’on vérifie qu’on n’avait pas affaire à un canular.

Et tout le reste est littérature. Car, tant qu’à prendre, c’est tout le reste en effet qui m’apparaît littérature.

Dylan lui-même, à ce que je sache, n’a jamais prétendu écrire de la littérature.

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« Love & Mercy », de Bill Pohlad, la véritable histoire de Brian Wilson des Beach Boys

"Love & Mercy", de Bill Pohalad, la véritable histoire de Brian Wilson des Beachs BoysLove & Mercy, le premier film en 2015 du producteur Bill Pohlad (The Tree of Life) raconte, entre autres péripéties de la vie de Brian Wilson, l’enregistrement avec son groupe The Beach Boys (qui compte également ses deux frères Carl et Dennis, leur cousin Mike Love et leur ami d’enfance Al Jardine) de ce qui est considéré comme leur album majeur, Pet Sounds, sorti en mai 1966 (Pet Sounds, « Sons domestiques » – comme on dit « animaux domestiques »).

Le réalisateur fait un sort particulier à la chanson Good Vibrations dont la mise en boîte pour le moins compliquée se déroula en bonne part dans les studios californiens EastWest où il a pu tourner à son tour sa relation personnelle des séances légendaires qui allaient donner naissance à ce que l’on a parfois qualifié de « symphonie de poche ».

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« Monsieur de Pourceaugnac »: Molière et Lully aux Bouffes du Nord

"Monsieur de Pourceaugnac" aux Bouffes du Nord © Brigitte Enguerand

« Monsieur de Pourceaugnac » aux Bouffes du Nord © Brigitte Enguerand

 

Créée en 1669 en tant que « divertissement » pour le roi et jouée confidentiellement à Chambord, Monsieur de Pourceaugnac , cinquième comédie-ballet du duo Molière-Lully auquel s’adjoint Beauchamp pour la chorégraphie, est une pièce peu représentée.

Le pari de la jouer conformément à la partition d’origine, dans une mise en scène de Clément Hervieu-Léger et sous la direction musicale de William Christie au Théâtre des Bouffes du Nord est très réussi : au centre du plateau circassien, l’ensemble baroque des Arts Florissants jouxte les comédiens auxquels se mêleront les musiciens pour le jeu et la danse quand ils ne sont pas à leurs instruments ( violons, vents, clavecin et une théborde).

La partition musicale et le texte de Molière se confondent sans jamais se heurter et offrent une belle et harmonieuse fluidité des jeux et des registres. Le décor mobile et transformable, à la façon du décor, devenu mythique, de Christian Bérard  dans la célèbre mise en scéne par Jouvet de L’École des femmes, en 1951, contribue à cette fluidité et rend aussi un bel hommage à Molière et à l’histoire de ses mises en scène au XXe siècle.

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« Un automne à Paris », une chanson d’Amin Maalouf, interprétée par Louane, à étudier en classe

Louane interprétant "Automne à Paris" d'Amin Maalouf © Éduscol

Louane et Ibrahim Maalouf interprétant « Automne à Paris » d’Amin Maalouf © Éduscol

 

À l’initiative de Najat Vallaud-Belkacem, le trompettiste Ibrahim Maalouf a composé la musique de la chanson Un automne à Paris sur un poème de son oncle, l’écrivain et académicien Amin Maalouf. Cette chanson est un hommage aux victimes des attentats de janvier et novembre 2015, que le ministère de l’Éducation nationale a voulu « à destination des élèves ».

Le samedi 9 janvier 2016, accompagnés par l’Orchestre national de France et la Maîtrise de Radio France, Ibrahim Maalouf et Louane l’ont enregistrée à la maison de la Radio, ce qui a permis la diffusion d’un texte dont la valeur commémorative n’est pas l’unique mérite…

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Hommage à Pierre Boulez (1925-2016)

Pierre Boulez en 1966 © Archives de la BBC

Pierre Boulez en 1966 © Archives de la BBC

Le souvenir que je garde de Pierre Boulez, entre autres rencontres, restera surtout les quelques jours qu’il a passés à Florence, lorsque je l’avais invité pour fêter ses 80 ans, il y a dix ans. Je dirigeais alors l’Institut français de Florence et étais consul de France en Toscane. Le Maggio Musicale Fiorentino avait retenu avec joie l’idée d’un vivant hommage.

Pierre avait immédiatement accepté de diriger l’Ensemble InterContemporain. Il avait insisté pour interpréter, à côté de ses œuvres, celle de ses amis compositeurs italiens (Berio, Nono…). La création mondiale de Ali di Cantor d’Ivan Fedele avait été donnée à cette occasion, en présence du compositeur. Bruno Mantovani, alors également jeune compositeur à la Villa Médicis, à Rome, avait fait le déplacement. La grande salle du Teatro Comunale de Florence avait été comble trois soirs de suite. Le public avait réservé à Pierre et Ivan un triomphe.

Je revois encore, entre les répétitions, l’émerveillement de Pierre au musée des Offices, à San Marco, à Pitti, au Carmine… Il était curieux de tout. Il avait tenu à saluer les jeunes (et moins jeunes) musiciens du Conservatoire Cherubini et de la prestigieuse Scuola di Musica de Fiesole. Étudiants et professeurs lui avaient fait fête. Piero Farulli, altiste du Quartetto Italiano, et directeur de l’école de musique, était encore de ce monde.

Pierre Boulez – Pierrot, comme l’appelaient familièrement ceux qui le connaissaient bien –, va nous manquer, mais son œuvre immense, ses interprétations magistrales heureusement gravées pour toujours, et aussi son merveilleux enseignement resteront à jamais vivants pour les générations futures.

Jérôme Bloch

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Les fantômes de Beethoven

Ludwig van Beethoven, Cahiers de conversation, 1820« C’est en un langage sublime l’expression d’une joie sereine venue d’un monde inconnu. »
E.T.A Hoffmann, à propos du Trio des esprits (Geistertrio).

« Le ciel étoilé au-dessus de moi et la loi morale en moi. Kant !!! »
Beethoven, Cahiers de conversation, 1820, p. 88.

Alors que Goethe réalisait son premier Faust, Beethoven accomplissait, en 1808, le tour de force de donner en quelques mois plusieurs chefs-d’œuvre qui seront joués au grand concert d’« adieu » du 22 décembre 1808 : Cinquième et Sixième symphonies, Quatrième concerto pour piano, Fantaisie pour piano, orchestre et chœur, ébauche du thème de l’Ode à la joie,  et les deux trios opus 70 : le Trio des « esprits », ou des « fantômes » (Geistertrio), et le Trio en mi bémol.

Après sa brouille avec Esterhazy, c’est dans l’isolement de la maison de la comtesse hongroise Niczky, à Vienne, la « liebe, liebe, liebe, liebe, liebe » pianiste Maria von Erdődy, que Beethoven compose les deux trios qu’il lui dédie, entre autres pages célèbres. Le compositeur Reichardt témoigne de cet éloignement le 30 novembre 1808 :

« Personne ne pouvait m’indiquer où il habitait. […] Cela m’a vraiment coûté beaucoup de peine de l’obtenir. À la fin je l’ai trouvé dans une grande maison déserte et isolée. Au début il paraissait aussi sombre que sa demeure, mais bientôt il s’égaya. »

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Une nouvelle didactique de l’écriture imaginée par le groupe OZER

Émile Zola, par André Gill, « Les Hommes d’aujourd’hui », septembre 1878

Émile Zola, par André Gill, « Les Hommes d’aujourd’hui », septembre 1878

À la rentrée de septembre 2014, l’École des lettres publiait un avis, « Attention travaux », qui annonçait le feuilleton pédagogique du groupe OZER (Observatoire zolien des écritures réflexives) à paraître à partir de janvier 2015.

Olivier Lumbroso et Françoise Gomez, co-fondateurs du groupe, proposent aujourd’hui en préambule la réflexion qui nourrit ce travail en cours.

Comme en septembre, ils ont choisi en toute complicité d’écrire à quatre mains et à deux voix.

 

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