« À voix haute. La force de la parole », de Stéphane de Freitas

"À voix haute. La force de la parole", de Stéphane de Freitas © Mars filmsDiffusé sur France 2 en novembre dernier, le documentaire À voix haute relate le parcours d’un groupe d’étudiants de l’université de Saint-Denis qui, inscrits aux joutes oratoires du concours Eloquentia, briguent le titre de « meilleur orateur du 93 ».

Palpitant et drôle, ce premier film de Stéphane de Freitas connaît lui-même un sort inattendu puisque, fort de son succès télévisuel et de l’expérience éducative dont il témoigne, il sort aujourd’hui en salles dans une version enrichie d’une vingtaine de minutes.

L’occasion de s’y précipiter avec ses élèves, de collège et de lycée.

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« Wrong Elements », de Jonathan Littell. Réflexion sur les exterminations de masse et le devenir des enfants-soldats

"Wrong Elements", de Jonathan LittellLes Bienveillantes (Prix Goncourt 2006) l’avait montré. La question de la violence institutionnelle et du meurtre de masse est au centre des préoccupations de Jonathan Littell.

L’homme de lettres franco-américain en poursuit aujourd’hui l’étude dans son premier long-métrage documentaire, Wrong Elements, en s’intéressant notamment au cas des enfants-soldats d’Ouganda. Son film constitue par ailleurs une des clés de lecture au surgissement de la horde d’enfants massacreurs à la fin des Bienveillantes.

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« Le Citoyen d’honneur » (« El ciudadano ilustre »), de Mariano Cohn et Gastón Duprat

"Le Citoyen d’honneur" ("El ciudadano ilustre"), de Mariano Cohn et Gastón DupratMariano Cohn et Gastón Duprat forment un tandem qui figure parmi les meilleurs cinéastes argentins actuels. Leur humour, leur sobriété et leur goût des affrontements minuscules les font apprécier tout particulièrement du public international.

Dans L’Homme d’à côté, un célèbre designer dont un fauteuil s’est vendu à des milliers d’exemplaires, devait lutter contre l’entêtement de son voisin qui voulait creuser un trou dans le mur de sa maison Le Corbusier (voir sur ce site).

Dans Le Citoyen illustre, un autre homme célèbre, Daniel Mantovani, Prix Nobel de littérature, est pris d’une totale désaffection pour la vie publique et boude toute autre récompense. Il annule sa participation à de nombreux événements et même l’adaptation de ses romans et se terre dans sa belle villa de Barcelone.

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« L’autre côté de l’espoir », d’Aki Kaurismäki

D’un port à l’autre. Du Havre, ville éponyme de son précédent long-métrage sorti en 2011, à Helsinki, cadre urbain de L’autre côté de l’espoir, le cinéaste finlandais Aki Kaurismäki creuse le sillon marin de l’exil, et trace une ligne d’eau reliant deux points de chute sur la carte du possible.

Dans Le Havre (œuvre inscrite au dispositif « Collège au cinéma »), Idrissa, l’enfant noir, s’enfuyait du porte-conteneurs qui les avait amenés, lui et une poignée d’autres clandestins, jusqu’au terminal portuaire normand ; Khaled, le jeune Syrien de L’autre côté de l’espoir, émerge, quant à lui, de la cargaison de charbon d’un cargo pris au hasard de ses pérégrinations.

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Programme de littérature en Terminale L pour l’année 2017-2018

Bertrand Tavernier et Mélanie Thierry lors du tournage de "La Princesse de Montpensier" © StudioCanal, 2010

Bertrand Tavernier et Mélanie Thierry lors du tournage de « La Princesse de Montpensier » © StudioCanal, 2010

Pour l’année scolaire 2017-2018, la liste des œuvres obligatoires inscrites au programme de littérature de la classe terminale de la série littéraire est la suivante :

A. Domaine d’étude « Littérature et langages de l’image »

• Madame de Lafayette, La Princesse de Montpensier, 1662.

• Bertrand Tavernier, La Princesse de Montpensier, film français, 2010.

B. Domaine d’étude « Lire-écrire-publier »

• André Gide, Journal des Faux-Monnayeurs.

• André Gide, Les Faux-Monnayeurs.

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« Fais de beaux rêves », de Marco Bellocchio, le couronnement d’une œuvre majeure

"Fais de beaux rêves", de Marco BellocchioMarco Bellocchio fait l’objet d’une rétrospective intégrale à la Cinémathèque française. C’était bien le moins que l’on pouvait faire pour célébrer l’un des derniers grands cinéastes en activité de la Nouvelle Vague italienne, qui sort un film bouleversant, Fai bei sogni (« Fais de beaux rêves »), sorte de recherche du temps perdu.

Cette nouvelle œuvre confirme tout ce que le reste nous avait appris. Depuis toujours Bellocchio est un révolté. Dès son premier film, Les Poings dans les poches (1965), ce cinéaste très engagé politiquement proteste, s’indigne, se bat contre les institutions dans une œuvre largement autobiographique.

L’église et son pouvoir exorbitant en Italie, la famille, qui est sa complice avec ses simagrées hypocrites (Le Sourire de ma mère, 2002), les pensionnats religieux qui préparent sa mainmise sur les individus, avec leur enseignement rétrograde, leur discipline trop rigoureuse, leur inefficacité évidente (Au nom du père, 1972), la justice (Le Saut dans le vide, 1979) toujours suspecte.

Les premiers films de Bellocchio sont provocants, rageusement sacrilèges et joyeusement blasphématoires; ils ne reculent devant aucun excès thématique ou stylistique. Puis après un long silence, il revient dans les années 2000 avec une série de films plus mûrs, plus sobres, mais tout aussi critiques des travers de son époque.

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« Loving », de Jeff Nichols

1958, État de Virginie. Mildred Jeter et Richard Loving s’aiment. Il est Blanc, elle est Noire. Pour échapper aux lois ségrégationnistes en vigueur, et dans l’attente imminente de leur premier enfant, le couple part se marier hors des frontières de l’État.

Arrêtés puis condamnés à un an de prison – suspensif en cas d’exil du territoire virginien –, les époux Loving se réfugient à Washington. Là, loin des leurs mais soutenus par l’ACLU (American Civil Liberties Union), ils entament une procédure de défense de leurs droits civiques qui les conduit jusqu’à la Cour suprême des États-Unis.

En 1967, celle-ci prononcera l’arrêt « Loving versus Virginia », cassant le jugement de l’État de Virginie.

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« American Honey », d’Andrea Arnold

"American Honey", d’Andrea ArnoldAprès avoir sondé les affres adolescentes sous ses propres latitudes londoniennes (Fish Tank en 2009), la cinéaste britannique Andrea Arnold a choisi le Midwest états-unien pour décor de son quatrième long-métrage, American Honey.

Soit un road-movie (musical) s’étirant des vastes plaines de l’Oklahoma aux champs pétroliers du Dakota du Nord.

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