« The Circle », de James Ponsoldt

Adapté du best-seller homonyme de l’écrivain Dave Eggers, paru aux États-Unis en 2013, The Circle n’est pas ce que l’on pourrait appeler un bon film. Qu’on le considère sous l’angle de sa classification dramatique – l’anticipation, un genre à risques car plus sensible au vieillissement que les autres genres – ou d’un simple point de vue esthétique, rien n’y fait, The Circle est le résultat d’un travail médiocre.

La dramaturgie y est découpée à la serpe, les personnages sommaires ou purement sacrifiés (à l’exemple de l’ombrageux Ty), la mise en scène par trop démonstrative, la fin bâclée. Il faut croire que les producteurs ont misé tout à la fois sur la torpeur de l’été, sur le succès du livre et sur les grosses têtes d’affiche du film, Emma Watson et Tom Hanks, pour appâter le spectateur.

Alors pourquoi diantre nous intéresser à ce sous-produit filmique sorti en plein cœur de l’été ?

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« Blade Runner 2049 », de Denis Villeneuve, d’un classique à l’autre

On se souvient de Blade Runner de Ridley Scott, cette œuvre unique, originelle, passée inaperçue à sa sortie en 1982, puis devenue quinze ans plus tard un film culte.

Inspiré du roman de Philip K. Dick, Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques?, le film raconte la lutte entre des androïdes appelés « replicants », créés par la Tyrell Corporation « plus humains que les humains » et les blade runners, replicants eux-mêmes, chargés de les éliminer. Il prévoit un crépuscule de l’humanité où les clones seront mêlés aux humains, où les seules étoiles seront les néons publicitaires et où on apprendra à mourir.

Blade Runner signifie « celui qui court sur le fil du rasoir ». Harrison Ford incarnait en 1982 Rick Deckard, un de ces chasseurs de replicants, retiré de la vie active mais rappelé pour la mission spéciale d’éliminer – de « retirer » – des spécimens particulièrement dangereux restés actifs, qui tuent le président de l’entreprise. La suite a été confiée au Canadien Denis Villeneuve qui s’est distingué par l’extraordinaire Arrival (Premier contact).

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« Mother », de Darren Aronofsky, ou la création destructrice

"Mother", de Darren AronofskyDarren Aronofsky a été hué et sifflé à la Mostra de Venise quand il a présenté à la presse, en compétition officielle, son dernier film. Mother est, il est vrai, difficile à supporter et à comprendre, mais, l’exigence de son auteur étant connue, il mérite une véritable exégèse.

C’est que le réalisateur de Black Swan a visé très haut avec cette intrigue intimiste qui se veut la double allégorie de la création artistique qui détruit et dévore tout ce qui l’entoure et du rapport plus général de l’homme à la planète, saccagée sans scrupules pour satisfaire ses besoins.

Le cinéaste n’a rien épargné à son public en transformant peu à peu cette donnée en un thriller fantastique, dont l’horreur absolue doit autant au Polanski de Rosemary’s Baby et de Carnage qu’aux films les plus audacieux de Peter Greenaway.

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« Le maître est l’enfant », d’Alexandre Mourot : le temps d’apprendre à vivre

Géraud se tait. Circonspect, placide, il promène dans la vaste pièce ses cheveux à l’as de pique, ses yeux noirs amusés et curieux, ses mains croisées dans le dos, sa blouse boutonnée avec soin, sa bouille irrésistible.

Il observe, les objets, les êtres et leurs gestes. Il expérimente, l’aimantation de la limaille de fer, le transport d’une cruche, la chaleur au toucher d’un linge fraîchement repassé, le transvasement de grains de riz dorés d’un récipient à un autre, le goût d’une carotte crue.

Il ramasse scrupuleusement le contenu d’un plateau tombé par terre, se fait repousser d’une main ferme par une fille qui veut lire tranquille, finit par se passionner pour le découpage minutieux de rectangles de papiers blancs.

Quelques mois plus tard, mis en confiance quant à ses propres forces, éclairé sur son propre désir, nourri de son propre mouvement et du spectacle de ceux des autres, Géraud entre dans sa « période sensible » d’intérêt pour les activités de langage. En huit semaines, il saura lire. Un mot simple, pour commencer, et qui éclate dans sa bouche comme un fruit mûr : sac !

Il en jubile, et nous avec lui.

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« I am not Madame Bovary », de Feng Xiaogang

"I am not Madame Bovary", de Feng XiaogangDissipons d’emblée le malentendu que le titre du film du cinéaste chinois Feng Xiaogang pourrait susciter dans l’esprit du spectateur (a fortiori flaubertien).

Il n’y a pas plus ici d’allusion, encore moins de présence de « Madame Bovary », que de trace de l’œuvre homonyme mondialement connue.

Rien, sinon un (très) lointain cousinage…

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« Un vent de liberté », de Behnam Behzadi

Un épais nuage grisâtre plane en permanence sur Téhéran, et c’est toute la vie de Niloofar qui se trouve polluée…

La jeune femme, gérante de l’atelier familial de confection, vit seule avec sa mère. Laquelle, fragilisée par l’air malsain de la métropole iranienne, est hospitalisée d’urgence pour insuffisance respiratoire.

Afin de préserver la santé de leur génitrice, le frère et la sœur de Niloofar décident unilatéralement d’envoyer les deux femmes vivre dans la maison de famille à la campagne. Contrariée dans ses projets, Niloofar entend bien résister…

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