« Glory », de Kristina Grozeva et Petar Valchanov

"Glory", de Kristina Grozeva et Petar ValchanovLe cinéma bulgare nous donne rarement de ses nouvelles. Sa santé est à vrai dire fragile. En dépit d’une petite embellie observée en 2016, le pays ne parvient guère à produire plus d’une vingtaine de films par an. Peu franchissent ses frontières.

Raison de plus pour jeter un regard attentif au second volet (après La Leçon en 2015) de la trilogie sociale réalisée par Kristina Grozeva et Petar Valchanov.

 

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« 14 ans, premier amour », d’Andreï Zaïtsev

"14 ans, premier amour", d’Andreï ZaïtsevLa douce fragilité du premier film du cinéaste russe Andrei Zaïtsev est tout entière inscrite dans son titre. 14 ans, premier amour a la concision des regards énamourés jetés à la dérobée.

Sa juxtaposition nominale évoque la nervosité, la raideur du jeune cœur épris qui bat à tout rompre ; elle annonce l’angoisse, l’attente fébrile, le souffle court du premier émoi.

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« Après la tempête », de Hirokazu Kore-eda

Depuis Distance (2001) et surtout Nobody Knows en 2004, le réalisateur japonais Hirokazu Kore-eda dévide sa pelote cinématographique de l’intime, de la transmission, du deuil, des secrets de famille et de l’enfance troublée.

Ses films sont une fine broderie des sentiments, ourdie de jolis points d’émotion et d’une délicate attention pour l’existence en pointillé de ses personnages. Soit ici, Ryota, la quarantaine, divorcé, qui après un éphémère succès littéraire, travaille depuis lors dans une agence de détectives privés.

Joueur, il perd tout ce qu’il gagne dans des paris hippiques, et ne peut très souvent s’acquitter de la pension alimentaire due à Shingo, son fils de 11 ans. Mortifié de voir ce dernier s’éloigner de lui, au moment même où son ex-femme s’apprête à refaire sa vie, il tente néanmoins d’en reconquérir l’affection. Une démarche discrètement encouragée par sa bonne vieille mère…

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« The Lost City of Z », de James Gray, une quête mythique et philosophique

« The Lost City of Z », de James GrayEn 2009, La Cité perdue de Z, de David Grann, journaliste du New Yorker, remporte aux États-Unis un énorme succès de librairie. Cette enquête retrace la vie du major Percy Fawcett, explorateur convaincu d’avoir trouvé en Bolivie une cité qui ferait reculer les frontières du monde connu. Il disparaît mystérieusement avec son fils en 1925 lors de sa troisième expédition.

Cette aventure a lieu au début du XXe siècle, période des grandes explorations comme celle d’Ernest Shackelton parti à la découverte de l’Antarctique et d’Hiram Bingham découvrant le Machu Picchu au Pérou. Brad Pitt se passionne pour ce livre et passe commande du film à James Gray.

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« L’Opéra », de Jean-Stéphane Bron. L’excellence à l’œuvre

"L’Opéra", de Jean-Stéphane BronL’excellence à l’œuvre. Voilà qui résume bien le parti pris documentaire de L’Opéra, le huitième long-métrage de Jean-Stéphane Bron. Une large saison durant (de janvier 2015 à juillet 2016), le cinéaste helvétique a promené sa caméra dans les couloirs, bureaux, salles et coulisses de l’Opéra national de Paris pour en ausculter le fonctionnement.

Le résultat, ou comment du labeur naît le beau, est passionnant.

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« Corporate », de Nicolas Silhol

Céline Sa "Corporate", de Nicolas Silhol © Kazak ProductionsL’ultra-moderne solitude d’entreprise

De Ressources humaines de Laurent Cantet (1999) à La Loi du marché de Stéphane Brizé (2015), le drame social à la française a progressivement fait du monde du travail ou de l’entreprise une matière première de la création cinématographique.

Le premier long métrage de Nicolas Silhol poursuit dans cette veine en se focalisant sur le destin contrarié d’une ambitieuse manageuse en ressources humaines consécutif au suicide d’un cadre de sa société sur son lieu de travail.

Résolument engagé et à ce titre fort peu goûté entre autres par les dirigeants d’entreprises de télécommunication, Corporate explicite ses enjeux dès l’avertissement précédant la séquence inaugurale du film : « Les personnages sont fictifs. Les méthodes de management sont réelles. »

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« À voix haute. La force de la parole », de Stéphane de Freitas

"À voix haute. La force de la parole", de Stéphane de Freitas © Mars filmsDiffusé sur France 2 en novembre dernier, le documentaire À voix haute relate le parcours d’un groupe d’étudiants de l’université de Saint-Denis qui, inscrits aux joutes oratoires du concours Eloquentia, briguent le titre de « meilleur orateur du 93 ».

Palpitant et drôle, ce premier film de Stéphane de Freitas connaît lui-même un sort inattendu puisque, fort de son succès télévisuel et de l’expérience éducative dont il témoigne, il sort aujourd’hui en salles dans une version enrichie d’une vingtaine de minutes.

L’occasion de s’y précipiter avec ses élèves, de collège et de lycée.

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« La Règle du jeu » à la Comédie-Française

"La Règle du jeu" à la Comédie-FrançaiseLa Règle du jeu dans la version de Christiane Jatahy donnée à la Comédie-Française ne peut séduire que quatre types de public : celui qui n’a jamais vu le film de Jean Renoir et l’intelligence brillante de sa composition, celui qui n’a pas vu Les Damnés d’Ivo Van Hove et la pertinence pénétrante de son usage de la vidéo, celui qui ne connaît pas la Comédie-Française et sa tradition de grands textes, et enfin celui qui est toujours content de tout, chaque spectacle étant pour lui une évasion tonifiante. Les autres auront bien du mal à taire leur déception.

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