« F(l)ammes », texte et mise en scène d’Ahmed Madani

"F(l)ammes", d’Ahmed Madani © François-Louis Athénas

« F(l)ammes », d’Ahmed Madani © François-Louis Athénas

Elles sont dix sur scène. Dix jeunes femmes, comédiennes amateurs, fraîches, pétillantes, revigorantes, toutes issues des quartiers sensibles. Garges-les-Gonesse, Montreuil, Mantes-la-Jolie, Boulogne-Billancourt (oui, la cité du « Pont de Sèvres »)…

Plus exactement, ce sont les histoires personnelles dont elles témoignent qui sont revigorantes, et pleines d’espoir et de joie. Et ce, malgré les douleurs, les souvenirs meurtris qui hantent parfois leurs mémoires d’enfant ou d’adolescente.

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« Le Malade imaginaire », de Molière, au théâtre Déjazet ou le plaisir du classique

Image d'Épinal : "Le Malade imaginaire" en ombres chinoises

Image d’Épinal : « Le Malade imaginaire », de Molière, en ombres chinoises

Il y a deux manières de revenir au classique : soit croire en ses facultés d’adaptation, et le réinterpréter pour mieux le réinventer ; soit croire en son « éternité » et le re-présenter pour mieux le redécouvrir.

Cette dernière orientation est celle de Michel Didym qui fait le choix de servir avec intelligence et sobriété un texte de Molière qui de lui même impose ses moments de réflexion et ses moments de comédie.

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« Paradis », d’Andreï Konchalovski, le meilleur et le pire

Le grand cinéaste russe Andreï Konchalovski est de retour. Sa longue et brillante carrière commencée en 1965 a connu son apogée dans les années 1970-1980 avec des films comme Siberiade ou Maria’s Lovers, mais il a aussi remporté le Lion d’argent à la Mostra de Venise en 2014 pour Les Nuits blanches du facteur.

Le film qu’il y a présenté cette année est plus controversé. Il s’agit de Paradis, un drame en noir et blanc, traité comme un documentaire, sur les camps de concentration. Sujet risqué aujourd’hui, où la représentation fictionnelle de la Shoah a atteint sa maturité avec des films comme Le Fils de Saul qui en a réinventé l’approche cinématographique.

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« L’Autre est mon avenir », de Vincent Dumesnil

Réalisé par l’académie de Paris avec le soutien de l’Union européenne, le film documentaire L’Autre est mon avenir sera diffusé à partir du mois de novembre prochain. Une avant-première réservée aux enseignants aura lieu le 15 novembre, à 14 h, au lycée Raspail, à Paris, en présence de professeurs de l’équipe-pilote.

Conçu par Françoise Gomez et réalisé par Vincent Dumesnil avec la participation de Daniel Mesguich, L’Autre est mon avenir est un projet européen qui reflète les trois volets de l’action littéraire et pédagogique éponyme, conduite de novembre 2015 à juin 2017 :  L’Autre est mon avenir. Contes nomades en collèges.

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« Jean-Pierre Melville, une vie », d’Antoine de Baecque

"Jean-Pierre Melville, une vie", d'Antoine De BaecqueUn singulier pluriel

Un de ses films figurait au programme de l’agrégation de Lettres et cela aurait plu à cet autodidacte, ou l’aurait amusé. Il a connu des années de purgatoire, mais de Scorsese à Tarantino, en passant par Abel Ferrara, John Woo et Johnnie To, de grands cinéastes le citent parmi leurs sources, l’admirent et s’en inspirent.

Ce cinéaste français, c’est Jean-Pierre Melville et Le Cercle rouge, « film somme » écrit Antoine de Baecque, était objet d’étude à l’Université. Pas le seul objet d’étude. On sait quelle place L’Armée des ombres occupe dans la filmographie consacrée à la Résistance. Lors de la projection de presse, Joseph Kessel, dont le roman était là adapté, a pleuré. Son frère d’armes pendant l’Occupation avait compris ce qu’ils avaient vécu, avait su rendre le quotidien d’un réseau, l’existence clandestine, à la fois banale et héroïque.

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« The Circle », de James Ponsoldt

Adapté du best-seller homonyme de l’écrivain Dave Eggers, paru aux États-Unis en 2013, The Circle n’est pas ce que l’on pourrait appeler un bon film. Qu’on le considère sous l’angle de sa classification dramatique – l’anticipation, un genre à risques car plus sensible au vieillissement que les autres genres – ou d’un simple point de vue esthétique, rien n’y fait, The Circle est le résultat d’un travail médiocre.

La dramaturgie y est découpée à la serpe, les personnages sommaires ou purement sacrifiés (à l’exemple de l’ombrageux Ty), la mise en scène par trop démonstrative, la fin bâclée. Il faut croire que les producteurs ont misé tout à la fois sur la torpeur de l’été, sur le succès du livre et sur les grosses têtes d’affiche du film, Emma Watson et Tom Hanks, pour appâter le spectateur.

Alors pourquoi diantre nous intéresser à ce sous-produit filmique sorti en plein cœur de l’été ?

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« Stadium », de Mohamed El Katib

"Stadium", de Mohamed El Katib

Il y a des spectacles qu’il faut aborder sans attentes, sans a priori, sans connaissance préétablie de du genre auquel ils appartiennent. Des spectacles à la singularité desquels il faut s’abandonner. Des spectacles que peut-être il faut vivre, tout simplement.

Stadium, d’abord monté au théâtre de la Colline, à Paris, et maintenant en tournée en France, est l’un de ces spectacles inclassables qu’il faut situer dans ce champ de la création contemporaine qui tourne le dos à toutes les normes, à tous les conformismes, élargissant le théâtre à des formes expérimentales de l’expression scénique.

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« Blade Runner 2049 », de Denis Villeneuve, d’un classique à l’autre

On se souvient de Blade Runner de Ridley Scott, cette œuvre unique, originelle, passée inaperçue à sa sortie en 1982, puis devenue quinze ans plus tard un film culte.

Inspiré du roman de Philip K. Dick, Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques?, le film raconte la lutte entre des androïdes appelés « replicants », créés par la Tyrell Corporation « plus humains que les humains » et les blade runners, replicants eux-mêmes, chargés de les éliminer. Il prévoit un crépuscule de l’humanité où les clones seront mêlés aux humains, où les seules étoiles seront les néons publicitaires et où on apprendra à mourir.

Blade Runner signifie « celui qui court sur le fil du rasoir ». Harrison Ford incarnait en 1982 Rick Deckard, un de ces chasseurs de replicants, retiré de la vie active mais rappelé pour la mission spéciale d’éliminer – de « retirer » – des spécimens particulièrement dangereux restés actifs, qui tuent le président de l’entreprise. La suite a été confiée au Canadien Denis Villeneuve qui s’est distingué par l’extraordinaire Arrival (Premier contact).

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