« The Lost City of Z », de James Gray, une quête mythique et philosophique

« The Lost City of Z », de James GrayEn 2009, La Cité perdue de Z, de David Grann, journaliste du New Yorker, remporte aux États-Unis un énorme succès de librairie. Cette enquête retrace la vie du major Percy Fawcett, explorateur convaincu d’avoir trouvé en Bolivie une cité qui ferait reculer les frontières du monde connu. Il disparaît mystérieusement avec son fils en 1925 lors de sa troisième expédition.

Cette aventure a lieu au début du XXe siècle, période des grandes explorations comme celle d’Ernest Shackelton parti à la découverte de l’Antarctique et d’Hiram Bingham découvrant le Machu Picchu au Pérou. Brad Pitt se passionne pour ce livre et passe commande du film à James Gray.

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« L’Opéra », de Jean-Stéphane Bron. L’excellence à l’œuvre

"L’Opéra", de Jean-Stéphane BronL’excellence à l’œuvre. Voilà qui résume bien le parti pris documentaire de L’Opéra, le huitième long-métrage de Jean-Stéphane Bron. Une large saison durant (de janvier 2015 à juillet 2016), le cinéaste helvétique a promené sa caméra dans les couloirs, bureaux, salles et coulisses de l’Opéra national de Paris pour en ausculter le fonctionnement.

Le résultat, ou comment du labeur naît le beau, est passionnant.

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« Corporate », de Nicolas Silhol

Céline Sa "Corporate", de Nicolas Silhol © Kazak ProductionsL’ultra-moderne solitude d’entreprise

De Ressources humaines de Laurent Cantet (1999) à La Loi du marché de Stéphane Brizé (2015), le drame social à la française a progressivement fait du monde du travail ou de l’entreprise une matière première de la création cinématographique.

Le premier long métrage de Nicolas Silhol poursuit dans cette veine en se focalisant sur le destin contrarié d’une ambitieuse manageuse en ressources humaines consécutif au suicide d’un cadre de sa société sur son lieu de travail.

Résolument engagé et à ce titre fort peu goûté entre autres par les dirigeants d’entreprises de télécommunication, Corporate explicite ses enjeux dès l’avertissement précédant la séquence inaugurale du film : « Les personnages sont fictifs. Les méthodes de management sont réelles. »

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« À voix haute. La force de la parole », de Stéphane de Freitas

"À voix haute. La force de la parole", de Stéphane de Freitas © Mars filmsDiffusé sur France 2 en novembre dernier, le documentaire À voix haute relate le parcours d’un groupe d’étudiants de l’université de Saint-Denis qui, inscrits aux joutes oratoires du concours Eloquentia, briguent le titre de « meilleur orateur du 93 ».

Palpitant et drôle, ce premier film de Stéphane de Freitas connaît lui-même un sort inattendu puisque, fort de son succès télévisuel et de l’expérience éducative dont il témoigne, il sort aujourd’hui en salles dans une version enrichie d’une vingtaine de minutes.

L’occasion de s’y précipiter avec ses élèves, de collège et de lycée.

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« La Règle du jeu » à la Comédie-Française

"La Règle du jeu" à la Comédie-FrançaiseLa Règle du jeu dans la version de Christiane Jatahy donnée à la Comédie-Française ne peut séduire que quatre types de public : celui qui n’a jamais vu le film de Jean Renoir et l’intelligence brillante de sa composition, celui qui n’a pas vu Les Damnés d’Ivo Van Hove et la pertinence pénétrante de son usage de la vidéo, celui qui ne connaît pas la Comédie-Française et sa tradition de grands textes, et enfin celui qui est toujours content de tout, chaque spectacle étant pour lui une évasion tonifiante. Les autres auront bien du mal à taire leur déception.

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Renaissance d’un « Tartuffe » baroque en trois actes

Portrait de Molière par Charles Antoine Coypel (1694-1752), Comédie-Française.

Portrait de Molière par Charles Antoine Coypel (1694-1752), Comédie-Française.

L’histoire du Tartuffe de 1664 est celle d’une carrière interrompue. Représentée pour la première fois le 12 mai 1664 à la Cour, la pièce fut interdite par le roi dès le lendemain et n’a plus fait l’objet que de quelques représentations privées. Cinq ans de travail et de patience passèrent avant qu’elle ne soit donnée en public dans la version en cinq actes que nous connaissons : Tartuffe ou l’imposteur.

Molière avait « recouvert » ce premier Tartuffe que certains n’auraient su voir et l’avait amplifié. En 1669, le roi ayant pu établir une pacification des rapports entre son pouvoir, l’Église de France, la papauté, et les jansénistes, il autorisa la pièce et c’est cette dernière version qui resta dans l’histoire. La comédie n’était plus une satire des dévots et de la dévotion mais se présentait comme une dénonciation de la fausse dévotion, de l’imposture et de son immoralité.

La version initiale et interdite de 1664, telle que Georges Forestier et Isabelle Grellet l’ont reconstruite et mise en scène, reprend sa carrière et sera jouée en déclamation « historiquement informée », dans l’amphithéâtre Richelieu de la Sorbonne, le 24 avril prochain.

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« Wrong Elements », de Jonathan Littell. Réflexion sur les exterminations de masse et le devenir des enfants-soldats

"Wrong Elements", de Jonathan LittellLes Bienveillantes (Prix Goncourt 2006) l’avait montré. La question de la violence institutionnelle et du meurtre de masse est au centre des préoccupations de Jonathan Littell.

L’homme de lettres franco-américain en poursuit aujourd’hui l’étude dans son premier long-métrage documentaire, Wrong Elements, en s’intéressant notamment au cas des enfants-soldats d’Ouganda. Son film constitue par ailleurs une des clés de lecture au surgissement de la horde d’enfants massacreurs à la fin des Bienveillantes.

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