« La Douleur », d’Emmanuel Finkiel, d’après Marguerite Duras, adaptation exemplaire et grand film sur la mémoire

Benoît M"La Douleur", d'Emmanuel Finkiel © Les Films du LosangeEmmanuel Finkiel s’était signalé en 1995 par un court métrage bouleversant de finesse et de sensibilité, Madame Jacques sur la croisette. On y découvrait la façon de filmer très personnelle d’un jeune réalisateur qui fut l’assistant des plus grands, Kieslowski, Tavernier, Godard. Et sa prédilection pour les portraits de comédiens âgés, tels que Shulamit Adar et Nathan Cogan, qui sont également des protagonistes du film suivant, Voyages.

Ce film était consacré à ces vieillards étonnants qui peuplent encore les cafés de Tel Aviv, rescapés des camps, naufragés de la diaspora, orphelins de l’histoire. Le cinéaste y met en scène trois femmes en quête de souvenirs dans trois récits différents situés sur la route d’Auschwitz, à Paris et à Tel Aviv. Chacune d’elles essaie de reconstituer le puzzle d’une mémoire lacunaire. Chacune d’elles est liée aux deux autres.

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Les trente ans du Théâtre national de la Colline

Théâtre national de la CollineLe Théâtre de la Colline a fêté ses trente ans le 13 janvier 2018. À l’occasion de cet anniversaire, son directeur, Wajdi Mouawad, a souhaité rendre hommage à ses prédécesseurs Jorge Lavelli, Alain Françon, Serge Braunschweig, et rappeler l’histoire ininterrompue depuis 1988 d’un théâtre consacré aux auteurs contemporains, nationaux et internationaux.

Il semblait au départ qu’il y eut une audace un peu folle d’offrir une scène à l’écriture théâtrale contemporaine, mais le public donna raison à ceux qui avaient cru aux auteurs vivants, aux créations, aux expérimentations, puisque avec plus de 2,8 millions de spectateurs en trente ans, la Colline contribue tout autant que la Comédie-Française, aux succès des théâtres nationaux.

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« Une saison en France », de Mahamat-Saleh Haroun

"Une saison en France", de Mahamat-Saleh HarounDepuis Abouna (2002), son premier long-métrage de fiction inscrit au programme de « Collège au cinéma », Mahamat-Saleh Haroun, metteur en scène tchadien installé en France depuis 1982, développe une réflexion féconde autour de la double question de l’enfance sacrifiée et de la défaillance des pères.

Son nouvel opus, Une saison en France, ne fait pas exception. Le sujet est au cœur de son dispositif, cette fois placé en France, à Paris. Où Abbas, professeur de français, et ses deux enfants ont échoué après avoir fui la guerre civile qui fait rage en Centrafrique.

Dans l’attente du droit d’asile, la vie s’organise. Cahin-caha. Les enfants sont scolarisés, et Abbas travaille sur un marché où il a rencontré Carole, une fleuriste, qui l’aime et le soutient dans ses démarches administratives.

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2018, année du théâtre ?

Il y a quelques années les dissertations en khâgne ou au Capes portaient régulièrement sur le roman, ce genre polymorphe, assimilant tous les genres, toutes les formes, capable de tout intégrer, science ou poésie, document ou écriture intime, monologue ou polyphonie…

Il semble qu’aujourd’hui cette capacité à tout absorber, tout assimiler, tout sublimer, revienne au théâtre, nouveau genre total, hégémonique, conquérant, attirant à lui tous les arts de la scène et du spectacle.

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« La Villa », de Robert Guédiguian

"La Villa", de Robert GuédiguianLe cinéma de Robert Guédiguian est unique, singulier, aisément reconnaissable. À quelques exceptions près, il refuse les productions spectaculaires ou recherchées, leur préférant des films simples, modestes, « bêtes comme la vie », comme aurait dit Flaubert.

Les histoires racontées sont celles de tous les jours, des émois sentimentaux, des querelles de famille, des moments de partage festif, des bavardages avec les voisins, une communion avec un décor, celui des racines.

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Hommage à Jacques Lassalle

Jacques Lassalle © Françoise Gomez

Jacques Lassalle © Françoise Gomez

« Ce n’est pas l’acteur qui parle le texte. C’est le texte qui se parle en l’acteur. »

Conversations sur la formation de l’acteur,
Jacques Lassalle et Jean-Loup Rivière,
Actes-Sud-Papiers – CNSAD, 2004 (p. 66).

 

Au moment de souhaiter à tous les passionnés de théâtre une magnifique année 2018, c’est par un hommage à un grand maître qu’il convient de commencer : Jacques Lasalle nous a en effet quittés le 2 janvier.

 

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« L’Autre est mon avenir » : le cours de français est plus qu’un cours de littérature

L’École des lettres a déjà rendu compte d’un projet initié en 2016-2017 dans l’académie de Paris, intitulé alors « Contes nomades » avant de devenir un film projeté en novembre et décembre dernier sous le nom de L’Autre est mon avenir.

Le propos n’est donc pas seulement de rapporter l’action impulsée par Françoise Gomez et mise en œuvre dans plusieurs collèges du XXe arrondissement (et au-delà ) de Paris sous la caméra malicieuse de Vincent Dumesnil, mais d’en tirer quelques enseignements généraux, peut-être même quelques perspectives à retenir pour l’avenir.

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« Les Quatre Filles du pasteur March », de Louisa May Alcott

« Les Quatre Filles du docteur March », de Mervyn LeRoy

L’adaptation du roman de Louisa May Alcott par Mervyn LeRoy avec June Allyson (Jo), Margaret O’Brien (Beth), Elizabeth Taylor (Amy), Janet Leigh (Meg) est diffusée sur Arte le mardi 2 janvier à 20 h 55. L’occasion de revenir aux sources du film dans l’édition du roman traduit par Malika Ferdjoukh dans la collection « Classiques abrégés » de l’école des loisirs.

Louis May Alcott, "Les Quatre Filles du pasteur March", Classiques abrégésL’histoire de Meg, Jo, Beth et Amy a traversé le siècle sous des titres divers, Les Quatre Filles du docteur March étant le plus célèbre et sans doute le moins exact, puisque leur père n’est pas médecin, mais bien pasteur…

Cette chronique d’une année dans la vie d’une famille américaine pendant la guerre de Sécession est bien autobiographique, mais, à l’image de la famille de l’auteur, celle des March n’est ni aussi conventionnelle ni aussi ordinaire qu’on a bien voulu le faire croire au lecteur.

 

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