« Amin », de Philippe Faucon. Le destin de l’étranger entre liberté et destin

Moustapha Mbengue dans "Amin", de Philippe Faucon © Pyramide distribution

Moustapha Mbengue dans « Amin », de Philippe Faucon © Pyramide distribution

Le nouveau film de Philippe Faucon paraît s’inscrire facilement dans la galerie de personnages contemporains et émouvants qu’il sait souvent créer.

Après s’être intéressé à l’émancipation des jeunes filles ou des jeunes femmes avec Muriel fait le désespoir de ses parents ou Samia, après avoir essayé de montrer les questions qui se posent aux mères maghrébines (dans Fatima) ou à celles qui ont l’âge d’être grands-mères (avec le film Dans la vie où s’entraident une juive et une musulmane), Faucon revient à des portraits d’hommes en crise, entre deux pays, entre deux familles.

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La liaison école – collège – lycée – université

Pour une mise en cohésion
du système éducatif français

La simple observation des modes de fonctionnement du système français de la maternelle jusqu’à la première année universitaire aboutit au constant suivant : trop de barrières restent érigées entre les divers niveaux d’enseignement.

De la maternelle à l’école élémentaire, de l’école élémentaire au collège, du collège au lycée et du lycée à l’université, la cohésion du système reste insuffisante.

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L’école du Grand Palais

Depuis cette rentrée 2018, la RMN Grand-Palais ouvre sa saison de cours et conférences aux élèves et à leurs enseignants, du CP aux classes post-bac. C’est l’aboutissement d’une politique d’éducation artistique mise en place en 2016 avec une centaine de cours tous publics assurés tout au long de l’année dans l’auditorium du Grand Palais par une cohorte de conférencières hautement qualifiées, intervenant déjà au Louvre, au musée d’Orsay ou d’autres musées parisiens ou régionaux.

Le public scolaire a donc depuis septembre son calendrier propre et ses thématiques spécifiques, nouveauté qui connaît déjà un grand succès.

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« Territoires vivants de la République. Ce que peut l’École : réussir au-delà des préjugés »

Les Territoires vivants de la République. Ce que peut l’École : réussir au-delà des préjugés, sous la direction de Benoit FalaizeL’École contre la peur

À propos de l’ouvrage collectif
Territoires vivants de la République.
Ce que peut l’École : réussir au-delà des préjugés,
sous la direction de Benoit Falaize

Dans l’introduction de son livre consacré à une histoire populaire de la France, l’historien Gérard Noiriel, au parcours intellectuel et institutionnel atypique, écrit : « L’émancipation par la connaissance est un idéal qui a été défendu par les Lumières et qui a fait partie, autrefois, de ce qu’on appelle les “valeurs républicaines” [1] ».

Les témoignages et réflexions rassemblés dans Les Territoires vivants de la République par Benoit Falaize disent, dans le concret des expériences pédagogiques présentées, combien cet idéal reste chevillé au corps des acteurs de l’École aujourd’hui. Il est en cela un « livre d’espoir », un miroir positif de l’ouvrage de 2002 intitulé Les Territoires perdus de la République [2].

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La théorie des ensembles. À propos de l’histoire littéraire

Nos bibliothèques racontent une histoire qui ne correspond pas à l’histoire de la littérature, qui ne peut pas coïncider avec elle parce qu’elle est l’histoire de notre vie.

Et si nous sommes capables à peu près de situer ces livres dans l’histoire de la littérature, et capables à peu près de situer l’histoire de la littérature dans l’histoire de France, nous sommes plus capables encore de les situer dans l’histoire de notre vie puisque ce sont eux, davantage peut-être que les photographies, qui nous permettent de reconstituer les voix et les visages, les émotions qu’ils soulevaient en nous.

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« L’École des femmes », de Molière, mise en scène de Stéphane Braunschweig

Portrait de Molière par Charles Antoine Coypel (1694-1752), Comédie-Française.

Portrait de Molière par Charles Antoine Coypel (1694-1752), Comédie-Française.

Deux hommes – Arnolphe et Chrysalde – pédalent, assis sur des vélos d’entraînement. Ils pédalent, et devisent des avanies du couple, et des contes que l’on en fait.

Le premier, la quarantaine, est catégorique. Contre les ennuis du « cocuage », il faut user de « méthode ». Qui consiste, pour sa part, à épouser demain une jeune personne, qu’il a très tôt enlevée de son pauvre milieu (dès l’âge de quatre ans !), et qu’il a ensuite séquestrée dans la sotte innocence du couvent.

Sourire en coin de son interlocuteur (excellent Assane Timbo), sceptique sur les mérites de la sottise…

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Séminaire inter-degrés « Plurilinguisme et inclusion scolaire »

Le Centre académique pour la scolarisation des enfants nouvellement arrivés et des enfants issus de familles itinérantes et de voyageurs de Paris (CASNAV)

et le laboratoire DILTEC, Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3 organisent un séminaire inter-degrés :

« Plurilinguisme et Inclusion scolaire » le mercredi 19 décembre 2018, à Paris.

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« Amanda », de Mikhaël Hers

« Amanda », de Mikhaël HersLe sujet d’Amanda est assez classique, la façon qu’a le cinéaste de le traiter l’est beaucoup moins. Un jeune homme, David (Vincent Lacoste), doit s’occuper de sa petite nièce de neuf ans, Amanda, après le décès brutal de sa mère, Sandrine, tuée dans un attentat.

Les récits de deuil sont courants, les prises de conscience et les témoignages de responsabilité également. Quant à la relation enfant-adulte, elle constitue un axe dramatique très fréquent. L’enjeu du film est de se placer dans un contexte politique contemporain brûlant et de le désactiver pour préférer une forme de délicatesse qui permet de décrire un bouleversement intime.

Il serait pourtant excessif et caricatural de dire que l’attentat n’est qu’un prétexte. Il est absolument essentiel que ce soit un attentat et non un accident de voiture, par exemple. Hers veut montrer le climat d’une grande ville aujourd’hui pour ériger son film en antidote, voire en contre-modèle. Il faut absolument qu’il y ait un fondement politique pour que l’énergie solaire et positive que dispense le film puisse apparaître comme un acte de foi, une décision morale face à la vie, et non comme une légèreté.

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