Œuvres recommandées de la 6e à la 3e: albums, littérature de jeunesse, classiques, théâtre, bande dessinée

Mis en avant

Le site Éduscol offre une matière riche et d’une grande variété, mais les documents mis en ligne sont parfois difficiles à trouver, notamment lorsqu’il s’agit de repérer quelles sont les œuvres dont la lecture ou l’étude détaillée sont recommandées par le ministère de l’Éducation nationale.

C’est pourquoi L’École des lettres a recensé dans ce numéro (3, 2018-2019) les titres parus à l’école des loisirs et aux éditions Rue de Sèvres conseillés par le Ministère aussi bien dans les documents d’accompagnement des programmes, de la 6e à la 3e, que dans la sélection « Littérature pour les collégiens », parue fin 2017, et dans les sélections spéciales « Première et Seconde Guerres mondiales ».

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Interpréter un livre. À propos de la mémoire littéraire

Shen Congwen et sa femme Zhang Zhaohe

En 1931, Shen Congwen est chargé de cours à l’université de Wuhan, dans la province du Hubei.

L’année suivante, il est nommé professeur à l’université de Qingdao, dans la province du Shandong.

Par désœuvrement, par colère,
pour sauvegarder un peu de la beauté du monde contre les afféteries et les artifices, il écrit des nouvelles où il se moque des Shanghaiens qui défilent au bord de la mer Jaune avec leurs concubines, des textes très virulents où il déplore la frilosité intellectuelle de ses collègues, la pusillanimité sexuelle, la lâcheté pleine de morgue, la bêtise.

Ceux-ci obtiennent rapidement sa démission.

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« Les grands édifices, comme les grandes montagnes, sont l’ouvrage des siècles. »

« Les grands édifices, comme les grandes montagnes, sont l’ouvrage des siècles. L’art nouveau prend le monument où il le trouve, s’y incruste, se l’assimile, le développe à sa fantaisie, et l’achève s’il le peut. La chose s’accomplit sans trouble, sans effort, sans réaction, suivant une loi naturelle et tranquille. C’est une greffe qui survient, une sève qui circule, une végétation qui reprend. L’homme, l’artiste, l’individu s’effacent sur ces grandes masses sans nom d’auteur : l’intelligence humaine s’y résume et s’y totalise. Le temps est l’architecte, le peuple est le maçon. »

Victor Hugo, Notre-Dame de Paris, 1831.

« Notre-Dame de Paris », de Victor Hugo, texte abrégé par Bernard Noël, « Classiques », l'école des loisirs, 2018

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La tragédie entre mémoire et résilience : l’exemple d’«Andromaque», de Racine

Les règles du théâtre classique portent bien sur le temps ou sur les caractères mais ne traitent jamais d’un dénominateur commun à ces deux critères : la mémoire (rapport d’un caractère au temps passé). Or ce sont bien les aventures de la mémoire qui caractérisent la tragédie parce que le héros tragique est certes en proie « à un destin qui l’emporte », selon le vers célèbre d’Oreste dans Andromaque, mais il est aussi en proie à une mémoire persécutrice, à l’urgence d’une issue à sa mémoire : soit qu’elle le hante et l’obsède au point de rendre impossible le présent, soit qu’elle l’ait trahi et refuse à faire retour dans le présent.

Autrement dit, qu’il s’agisse d’excès de mémoire ou de défaut de mémoire, l’enjeu est bien celui d’un équilibre possible ou impossible à trouver, de la juste place de la mémoire entre oubli et obsession, trop plein ou trop peu. L’action tragique est cette lutte contre un passé qui encombre ou qui vous fuit, lutte définissant deux sortes de culpabilité tragique, celle de l’oubli fautif (oublier alors qu’on ne doit pas oublier), et celle de la remémoration inlassable (se souvenir alors qu’il faut oublier).

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« Les Grands Squelettes », de Philippe Ramos

Qu’est-ce qui peut bien occuper l’esprit des gens que l’on croise parfois dans la rue, assis sur un banc ou dans un autobus, le regard dans le vague ?

À quelles secrètes introspections s’adonnent-ils ? De quels tourments sont-ils la proie ? Vers qui ou quoi tournent-ils leurs pensées ? Quelles idées les travaillent ?

C’est à ces questions a priori sans réponse, c’est-à-dire ouvertes à une infinité de possibles, que le réalisateur Philippe Ramos (Capitaine Achab, 2007) s’est attelé pour son cinquième long-métrage dont le titre, Les Grands Squelettes, traduit la volonté de mettre à nu, de percer un peu du mystère de l’être, de franchir les limites de l’enveloppe protectrice.

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« Comme si de rien n’était », d’Eva Trobisch

Les propositions de cinéma qui nous viennent d’outre-Rhin font, depuis plusieurs années, plaisir à voir. Et ce, d’autant que le 7e Art allemand revient de loin. Moribond dans les années 1990, il mit près de deux décennies à trouver la voie de la guérison. Et, chose curieuse, le remède qu’il se trouva était lui-même l’expression d’un mal, d’un inconscient collectif miné par les conflits et tensions qui déchirèrent le pays au cours du XXe siècle.

L’histoire allemande, et ce que la fiction en tira, allaient donc rappeler les foules dans les salles. Où l’on put découvrir tour à tour Good bye Lenin ! de Wolfgang Becker en 2003 (longtemps inscrit au programme de Collège au cinéma), La Chute d’Oliver Hirschbiegel en 2004 et La Vie des autres de Florian Henckel von Donnersmarck, Oscar du meilleur film étranger en 2007.

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Nouveaux programmes de français : les œuvres enfin connues

Nouveaux programmes de français en premièreL’actualité de l’école, entre mobilisations lycéennes pour l’environnement et mouvements enseignant pour une révision des réformes en cours, ferait passer à côté d’une publication d’importance survenue cette semaine : les nouveaux programmes d’œuvres en français pour la classe de première à la rentrée prochaine.

Ce retour d’un programme national, événement en soi après des décennies de simples recommandations, était très attendu, suscitant crainte et curiosité, dépassant l’objectif scolaire pour délivrer un message idéologique.

Quelles sont alors, réparties dans les quatre objets d’études basiques (poésie, roman, littérature d’idées, théâtre), les douze œuvres parmi lesquelles les enseignants en auront quatre à travailler avec leurs élèves ?

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18 avril 2019 : Chantiers d’Europe en Sorbonne

L’académie de Paris et le Théâtre de la Ville à Paris dédient à la jeunesse une soirée spéciale de Chantiers d’Europe, le jeudi 18 avril, de 19 h à 21 h, dans le Grand Amphithéâtre de la Sorbonne.

Chantiers d’Europe est un festival annuel européen du Théâtre de la Ville, héritier en droite ligne du célèbre Théâtre des Nations où résonnèrent pour la première fois en France les noms de Brecht ou de Strehler. Le fait de décliner cet événement pour et par les jeunes, enfants du XXIe siècle, est une première.
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Aujourd’hui plus que jamais, l’Europe est à incarner et à réinventer par la jeunesse, dans le  dialogue interculturel et par la pratique artistique.
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