Prévention de la radicalisation : que peut faire l’école ?

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Prévention de la radicalisation : que peut faire l’école ?À chaque attentat, l’École comme institution, mais aussi et surtout au travers des personnes qui l’incarnent, est soumise à une dissection clinique et subit des interventions à cœur ouvert. Pour comprendre comment un être humain en vient à se détruire et à détruire les autres sans se soucier des impacts sur sa propre famille et ses proches, des peintres experts sont invités à brosser des portraits, à éclairer les zones d’ombres et les points de rupture dans une vie. Les parcours éducatifs des terroristes sont analysés, expertisés, et passés au crible.

Alors que le monde tremble, résiste et réplique aux impulsions de l’extrémisme violent, les attentes des États, mais aussi des organisations supranationales envers l’Éducation – et donc l’ensemble de la communauté éducative – se multiplient, se font écho, créent d’autres tensions, ouvrent des béances, révèlent les fragilités mais aussi les possibilités créatrices, la force d’innovation, la soif de compréhension de chacun et chacune d’entre nous pour mieux affronter, faire face et répondre aux tempêtes futures.

Après avoir présenté les attentes et les contraintes qui pèsent sur le monde de l’éducation, cet article ouvrira des pistes pour penser autrement la formation des enseignants, explorera les champs de l’autoformation et de l’ingénierie pédagogique, tout en exploitant les possibilités que peuvent offrir les nouvelles technologies pour tenter humblement de répondre aux enjeux posés dans le cadre de la prévention contre la radicalisation.

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De l’éducation nationale à l’ouverture européenne et internationale

De l’éducation nationale à l’ouverture européenne et internationale

Depuis le début du XXIe siècle, tous les grands textes sur l’école – lois d’orientation, décrets, programmes, circulaires – prônent la notion d’ouverture : école ouverte, ouverture à la diversité, ouverture sur le monde de l’entreprise, ouverture à l’Europe, ouverture à l’international, etc.

L’enjeu de cette ouverture n’a toutefois jamais été clairement formulé.

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Le multilinguisme en Europe hier et aujourd’hui : un idéal devenu un défi

Le multilinguisme en Eutope

La devise «The more languages you know, the more of a person you are » (« Plus tu connais de langues, plus tu es humain ») a présidé à la première définition très idéaliste du mot « multilinguisme », qui apparaît dans la communication de la commission au Parlement européen du 22 novembre 2005 intitulée « Un nouveau cadre stratégique pour le multilinguisme ».

En 2008, une nouvelle communication, « Multilinguisme : un atout pour l’Europe et un engagement commun », a installé l’objectif du Conseil européen de Barcelone (l’acquisition de deux langues, en plus de la langue maternelle, dès le plus jeune âge) au cœur de la politique de la commission en faveur du multilinguisme.

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« Blade Runner 2049 », de Denis Villeneuve, d’un classique à l’autre

On se souvient de Blade Runner de Ridley Scott, cette œuvre unique, originelle, passée inaperçue à sa sortie en 1982, puis devenue quinze ans plus tard un film culte.

Inspiré du roman de Philip K. Dick, Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques?, le film raconte la lutte entre des androïdes appelés « replicants », créés par la Tyrell Corporation « plus humains que les humains » et les blade runners, replicants eux-mêmes, chargés de les éliminer. Il prévoit un crépuscule de l’humanité où les clones seront mêlés aux humains, où les seules étoiles seront les néons publicitaires et où on apprendra à mourir.

Blade Runner signifie « celui qui court sur le fil du rasoir ». Harrison Ford incarnait en 1982 Rick Deckard, un de ces chasseurs de replicants, retiré de la vie active mais rappelé pour la mission spéciale d’éliminer – de « retirer » – des spécimens particulièrement dangereux restés actifs, qui tuent le président de l’entreprise. La suite a été confiée au Canadien Denis Villeneuve qui s’est distingué par l’extraordinaire Arrival (Premier contact).

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Gaël Faye : « Petit Pays » – et grands soucis

"Petit Pays", de Gaël FayePetit Pays, de Gaël Faye, prix Goncourt des lycéens 2016, c’est avant tout l’histoire de deux pays déchirés ; l’un par la guerre, l’autre par le génocide.

Gabriel vit au Burundi avec son père français, sa mère, originaire du Rwanda et sa petite sœur Ana. La vie suit son cours pour le jeune garçon, avec ses bons et ses mauvais moments entre les cigarettes fumées sur le terrain vague avec ses copains, les petits vols commis chez les voisins et les longues discussions passées à refaire le monde. La vie d’alors revient aussi à accepter la douleur du divorce de ses parents survenu brutalement.

Mais comment continuer à garder son insouciance d’enfant lorsque la guerre frappe son pays et que sa famille rwandaise est décimée ? Comment parvenir à oublier le traumatisme des coups de feu, des morts et de l’horreur ?

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« Une Odyssée. Un père, un fils, une épopée », de Daniel Mendelsohn

"Une Odyssée. Un père, un fils, une épopée", de Daniel MendelsohnPère et fils

Qui a lu Les Disparus, sait quelle place les récits mythiques occupent dans la réflexion de Daniel Mendelsohn. Partant en quête de membres de sa famille exterminés en Galicie par les nazis, l’auteur faisait le lien, établissait des parallèles entre ces êtres proches de lui et les personnages légendaires que sont Caïn et Abel, Abraham ou Énée.

Ce dernier, survivant de la destruction de Troie et du massacre de tous ses habitants n’était pas son héros favori. Il n’était pas capable d’exprimer ses sentiments. Du moins c’est ainsi que Mendelsohn le percevait jusqu’à ce qu’il relise un épisode montrant le Troyen dans le palais de la reine Didon. Il découvre une fresque sur sa ville d’origine et se met à pleurer. L’auteur le découvre alors, tel qu’il aime les héros : capables de pleurer.

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