Collège 2017, le retour du bon sens ?

La réforme des collèges a-t-elle vécu ? Il semblerait que ce soit le cas et les collègues qui s’en plaignent ne devraient pas être pléthore. La réduction des EPI est une bonne nouvelle, elle a engendré des heures de concertations stériles, des projets qui n’ont enthousiasmé que leurs initiateurs et se sont achevés dans une indifférence générale révélatrice.

Quand je cherche en fin d’année les appréciations dévolues aux élèves qui ont travaillé les dits EPI, je constate qu’elles ont été omises sur la majorité des livrets. Le collègue de mathématiques compte sans doute sur le collègue de physique pour les reporter et réciproquement.

Quand les élèves de troisième de mon établissement (plus de deux cents élèves) ont dû présenter leur oral de fin d’année, ils n’étaient en moyenne que deux à trois par classe à choisir les EPI comme support de leur présentation. La plupart ont préféré se concentrer sur leur expérience en entreprise et réaliser un exposé portant sur leur « parcours d’orientation ».

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Collège 2017 : d’une utopie égalitaire à une utopie libérale ?

COLLÈGE 2017Par le canal des associations de professeurs de langues anciennes, par la voie des syndicats enseignants, par les sites professionnels ou spécialisés, l’information est parvenue à tous : le retour à la liberté des enseignements facultatifs du latin au cycle 4, le retour au classes bilangues au cycle 3 et l’assouplissement  du « carcan des EPI ».
Le moins que l ‘on puisse dire c’est que le dénommé « aménagement » de la réforme du collège a été rapide, discret (peu médiatisé) et sans discussion. Tout le contraire de la réforme qui avait été longue à mettre en place, publique, et abondamment discutée. Pas même de véritable temps de mise à l’épreuve ou d’évaluation.
Les enseignants, après bien du temps passé à imaginer  le travail collectif à faire en EPI, se voient inviter à tout abandonner et à revenir aux anciens modes de fonctionnement. Il était urgent de restaurer…

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« Le jour où ils frappèrent à nos portes », de Janine di Giovanni

"Le jour où ils frappèrent à nos portes ", de Janine di Giovanni, éditions GlobeLorsque la Syrie frappe à nos portes

Avec Le jour où ils frappèrent à notre porte, les éditions Globe proposent un témoignage direct sur les événements de Syrie, tels qu’ils se déroulèrent au début de la guerre civile.

Le jour où ils frappèrent à nos portes est un livre éprouvant, éprouvant au bon sens du terme ; il met en jeu notre capacité de lecture, notre aptitude à l’imagination, il nous interroge sur notre perception du monde face à la barbarie contemporaine.

Construit essentiellement à partir de témoignages rapportés lors de plusieurs missions sur le terrain par Janine di Giovanni, rédactrice en chef Moyen-Orient à Newsweek et reporter de guerre, il nous confronte directement à six mois de conflit en Syrie (juin-septembre 2012). On y retrouve donc le récit-type de grand reportage mais celui-ci cède la place progressivement à la chronique désespérante du naufrage d’un pays et de sa civilisation.

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« Rodin », de Jacques Doillon

On pourrait se montrer surpris de retrouver Jacques Doillon aux commandes d’une « biographie filmée » (biopic) sur Auguste Rodin. On pourrait s’en étonner, et craindre que la logorrhée foutraque d’une partie de son cinéma ne mène aux mêmes outrances que le Camille Claudel de Bruno Nuytten (1988).

Mais Doillon n’est pas Nuytten, pas plus que Vincent Lindon n’est Gérard Depardieu. L’ogresque interprétation de ce dernier cède ici la place à une prestation travaillée de l’intérieur, habitée, contenue, « rentrée » jusqu’à l’opacité. Seule la glaise que Rodin/Lindon malaxe à longueur de temps semble devoir parler à sa place. Et quand les mots lui sortent enfin de la bouche, ils semblent pétris de la même pâte tant ils sont parfois inaudibles, pris dans le gras de sa voix épaisse.

À ses côtés intermittents, Camille Claudel, astre jadis incandescent, n’est cette fois plus qu’une étoile filante, élève sage et mutine amante (Izïa Higelin n’est pas non plus Isabelle Adjani).

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« Liberté, égalité, Mathilde », de Sophie Chérer ou l’éducation à la citoyenneté

"Liberté, égalité, Mathilde", de Sophie Chérer« À toutes les maîtresses qui sont belles comme la Justice guidant le peuple à travers les ténèbres…et aux enfants qui, chaque année viennent à l’Assemblée nationale pour y prendre une leçon de démocratie, et repartent en l’ayant donnée aux adultes. »

En pleine période électorale, les esprits des candidats comme des électeurs s’échauffent et la vitesse d’information qui caractérise les médias et plus encore les réseaux sociaux, ne laisse pas toujours de place à la réflexion. L’événementiel, le sensationnel et les scandales politiques l’emportent sur les débats de fond, l’économie et la politique elle-même. L’image que reflètent les hommes politiques en est sans cesse altérée.

Sophie Chérer, dans Liberté, égalité…Mathilde (illustré par Véronique Deiss) évoque une situation de classe que de nombreux enseignants pourraient vivre. Son récit plaît aux enfants car ils se reconnaissent dans les protagonistes de l’histoire.

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Épreuves orales des écoles de commerce, l’innovation en marche

© Skema

L’entretien de personnalité, longtemps sensiblement le même dans toutes les écoles a pris un coup de vieux. Le changement que Skema avait introduit dès 2014 avec comme support un CV projectif à proposer et justifier est en passe de se généraliser.

Toulouse a déjà suivi dans la rénovation avec l’initiative laissée au candidat  de commenter la presse du jour de son choix, l’EDHEC inaugure une prise de position à partir d’un cas présenté par vidéo, l’Essec accompagne son entretien classique d’une mise en situation de décision à prendre dans le cadre de valeurs à respecter, l’Emlyon teste une nouvelle formule de questionnaire thématique: autant de signaux que les modes d’évaluation changent, que le regard sur les candidats évolue, que les jugements s’appuient sur d’autres critères.

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Georges Perec, « un contemporain capital posthume »

Partons d’une photo, en couverture de l’album de la « Bibliothèque de la Pléiade », conçu par Claude Burgelin : Georges Perec ouvre grand les yeux, esquisse un petit sourire, a l’air de cet enfant qu’il est resté.

Ses amis et ceux qui l’apprécient le soulignent, il avait conservé l’esprit d’enfance. Il aimait jouer, il aimait les calembours, les mots d’esprit, et ce qui reste de son adolescence dans le fameux Je me souviens, que l’on retrouvera dans le premier tome de la « Pléiade », ce sont les rengaines des années cinquante, les expressions que le temps fige, les mots simples qui prennent des virages imprévus.

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