« F(l)ammes », texte et mise en scène d’Ahmed Madani

"F(l)ammes", d’Ahmed Madani © François-Louis Athénas

« F(l)ammes », d’Ahmed Madani © François-Louis Athénas

Elles sont dix sur scène. Dix jeunes femmes, comédiennes amateurs, fraîches, pétillantes, revigorantes, toutes issues des quartiers sensibles. Garges-les-Gonesse, Montreuil, Mantes-la-Jolie, Boulogne-Billancourt (oui, la cité du « Pont de Sèvres »)…

Plus exactement, ce sont les histoires personnelles dont elles témoignent qui sont revigorantes, et pleines d’espoir et de joie. Et ce, malgré les douleurs, les souvenirs meurtris qui hantent parfois leurs mémoires d’enfant ou d’adolescente.

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« Le Malade imaginaire », de Molière, au théâtre Déjazet ou le plaisir du classique

Image d'Épinal : "Le Malade imaginaire" en ombres chinoises

Image d’Épinal : « Le Malade imaginaire », de Molière, en ombres chinoises

Il y a deux manières de revenir au classique : soit croire en ses facultés d’adaptation, et le réinterpréter pour mieux le réinventer ; soit croire en son « éternité » et le re-présenter pour mieux le redécouvrir.

Cette dernière orientation est celle de Michel Didym qui fait le choix de servir avec intelligence et sobriété un texte de Molière qui de lui même impose ses moments de réflexion et ses moments de comédie.

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Réforme de la voie professionnelle et enseignement général

La semaine dernière Jean-Michel Blanquer lançait une mission de transformation de la voie professionnelle scolaire ayant pour vocation de corriger son déficit d’image, et pour cela consolider les diplômes délivrés, améliorer l’adéquation entre les formations proposées et les attentes du monde économique, et enfin développer l’apprentissage et l’alternance.

En articulant cette mission sur une concertation commandée par le ministère du Travail, le message est clair : se rapprocher du monde de l’entreprise, de ses besoins, de ses profils et de ses usages.

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« Paradis », d’Andreï Konchalovski, le meilleur et le pire

Le grand cinéaste russe Andreï Konchalovski est de retour. Sa longue et brillante carrière commencée en 1965 a connu son apogée dans les années 1970-1980 avec des films comme Siberiade ou Maria’s Lovers, mais il a aussi remporté le Lion d’argent à la Mostra de Venise en 2014 pour Les Nuits blanches du facteur.

Le film qu’il y a présenté cette année est plus controversé. Il s’agit de Paradis, un drame en noir et blanc, traité comme un documentaire, sur les camps de concentration. Sujet risqué aujourd’hui, où la représentation fictionnelle de la Shoah a atteint sa maturité avec des films comme Le Fils de Saul qui en a réinventé l’approche cinématographique.

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Retour sur le 13 novembre 2015 avec une classe de collège

Place de la République, novembre 2015 © CR

Place de la République, novembre 2015 © CR

Deux ans après, les plaies des attentats du 13 novembre restent vives. Cette effroyable vague de mitrailles en plein Paris a d’évidence pour longtemps touché le cœur de la République française. Or, pour un professeur, à chaque date « anniversaire », comme celle aussi du 7 janvier 2015, jour de l’attentat contre Charlie Hebdo, une interrogation resurgit. Faut-il embrayer sur ces sujets douloureux avec les élèves ou les laisser appréhender seuls et/ou avec leurs parents la rétrospection de faits ?

Les compétences du programme de français invitent à développer la conscience personnelle des élèves « citoyens ». Des compétences liées au domaine 1 du socle comme « Exprimer ses sentiments, ses sensations » ou encore « Formuler un avis personnel » doivent être approfondies en cours. Passer par le biais d’une chanson constitue sans doute un angle d’attaque pédagogique pertinent si l’enseignant fait le choix « d’en parler ». Celle d’Alain Souchon, « Et si en plus, y’a personne », créée en 2005, sera ici le support d’une évocation indirecte de cette soirée funeste.

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« Les 100 mots du roman », d’Yves Stalloni

Yves Stalloni, "Les 100 mots du roman"Pastorale et météo

« Les romanciers aiment à s’occuper du temps qu’il fait. La pluie, la neige, le vent, le soleil sont des composantes importantes de l’atmosphère d’un roman, surtout depuis le XIXème siècle. »

Ainsi commence l’article « Météo » du petit ouvrage consacré par Yves Stalloni aux 100 mots du roman. Quant à la pastorale, genre narratif dont les héros sont des bergers peints de manière idéalisée, elle a quasiment disparu, sinon comme métaphore dans le titre choisi par Philip Roth pour l’un de ses romans les plus noirs, Pastorale américaine. Il n’y était pas vraiment question de berger, mais d’idylle, si. Détruite.

Le livre s’ouvre sur la liste des 100 mots et se clôt sur deux index, celui des auteurs, celui des œuvres citées. Comme dans bien des ouvrages de ce type, une entrée en appelle une autre et l’on aime à se perdre (ou à se retrouver) dans l’entrée « Nom propre », « Tiroir », «Rustique (roman) » ou « Courtois »… On circule et il y a à voir. Peut-être manque-t-il « Contrainte » ? Le mot « Composition » répond pour partie à la question de ces règles qui président à l’écriture du roman.

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« Montaigne », d’Arlette Jouanna

Que peut-on attendre d’une nouvelle biographie de Montaigne qui s’ajoute à bien d’autres (et qui en mentionne six, intéressantes à divers titres, parues entre 1993 et 2014), surtout quand elle concerne un auteur dont la vie est si mal connue ?

Dès son « Introduction », Arlette Jouanna signale la difficulté de l’entreprise : « les sources accessibles dans les dépôts d’archives sont maigres, si bien qu’il faut renoncer, en l’état de nos connaissances, à tout savoir de ce qu’a vécu Montaigne ».

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